Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) de Marseille ayant malheureusement hérité de milliers d’objets du Musée d’Ethnographie, du Musée de l’Homme et du Musée des Arts et Traditions Populaires, a essayé d’en faire une exposition d’art. C’est raté ! Le résultat n’est pas de l’art, c’est autre chose, de pas forcément inintéressant, un fourre-tout, un bazar, où, certes, l’on peut se promener en prenant ses aises (l’aménagement intérieur du musée est très bien fait) mais, à être autant assailli de milliers d’objets mélangés, on finit par en perdre la tête. Le seul atout du Mucem, finalement, ce sont les vieux murs impeccablement restaurés du Fort Saint-Jean et ses jardins, qui trônent sur un emplacement incroyable avec une vue exceptionnelle vers la mer, Notre-Dame de la Garde et le Vieux Port. Les expositions, elles, ne sont pas à la hauteur du lieu, qu’elles soient permanentes ou temporaires. Voir une vraie guillotine à côté d’une affiche publicitaire de boucher (qui vaut le coup d’œil regardez bien les détails de l’habillement du boucher et de la charcutière), si c’était fait exprès, ce serait drôle. Mais je ne le crois pas… D’ailleurs, le musée non plus n’est pas sûr de lui : il a mis un point d’interrogation dans le titre de son expo : « Populaire? »…











Article publié en avril 2025 mis à jour aujourd’hui avec deux œuvres supplémentaires : Bleu derrière le bleu, d’Aligne Gagnaire et Feux de broussaille, de Simone Sauzereau-Guérin – Galerie Les Atamanes








je veux de l’amour dans les yeux
et des gestes pleins de tendresse
pour que sans larme sans ivresse
on puisse espérer sans les dieux
je veux des dessins qui dansent
remplis d’ailes et de fusées
où les anges de l’enfance
viendront nous faire rêver
dans la plaine je veux du vent
qui secoue l’orge et le blé graciles
pour que leur odeur de champs
imprègne les murs des villes
dans les frondaisons de la terre
je veux toutes les couleurs du vert
pour que droits vers leurs cimes
nos arbres reprennent racines
je veux la fin des pensées mortifères
l’exil de la nostalgie triste et fière
je veux des lendemains de passion
de sourire et de déraison
je veux que la pluie légère
quand elle coulera sur nos visages
nous murmure qu’à tout âge
les pleurs sont nécessaires
quand la nuit redeviendra claire
je veux un noir plein de lumière
pour que l’âme en résilience
renaisse aux limbes du silence
phénix je veux que nos ailes
s’agitent oubliant le passé
pour voler vers le ciel
que nous aurons tracé
je veux mille envies
sur le fil de la vie
où le cœur emballé
ne cesse de cogner
tous les jours
je veux de l’amour
qui batte tambour
pour toujours


Artistes cités (de haut en bas) : Kevin Lucbert, Marie-Laure Vareilles, Alice Auboiron, Valentin Guillon, Julie Legrand, Aline Gagnaire, Petrit Halilaj, Simone Sauzereau-Guérin, Bruno Raharinosy, Pascale-Martine Tayou, Marion Jdanoff, Alexandra Valenti, Julien Colombier, Marine de Soos, Lise Stoufflet, Dalel Ouasli






Texte de Luc Fayard illustré par 16 artistes contemporain
Le potentiel de raison réside dans la base même de la parole humaine, dans l’acte de s’entendre avec autrui. […] L’espace public est le lieu où s’exerce la force sans violence du meilleur argument.
Théorie de l’agir communicationnel, Tome 1 : Pour une critique de la raison fonctionnaliste, Fayard, 1981.
Pour que la délibération démocratique soit possible, les citoyens doivent pouvoir se référer à un monde de faits qu’ils tiennent pour communs. La communication numérique actuelle menace ce socle en enfermant les individus dans des sphères de perception fragmentées, où l’émotion supplante la validité de l’argument
Espace public et démocratie délibérative : un tournant, Gallimard, coll. « NRF Essais », 2023.
L’intelligence artificielle peut simuler le langage, mais elle n’est pas un « auteur » au sens moral. Elle ne peut répondre de ses propos. Dans une démocratie, la légitimité repose sur la responsabilité de sujets qui se reconnaissent mutuellement comme capables de justifier leurs décisions. Déléguer la délibération à l’algorithme, c’est vider la politique de sa substance humaine.
Synthèse des interventions récentes (2023-2024), notamment dans Die Zeit et Philosophie Magazine, sur le nouveau changement de structure de l’espace public.
Le patriotisme constitutionnel n’est pas un attachement à une terre ou à une ethnie, mais une loyauté envers des procédures et des principes qui garantissent à chacun la liberté de n’être soumis qu’à des lois dont il a pu discuter la validité.
Écrits politiques, Flammarion, coll. « Champs », 1990.
Creux, voûté. Il te dira : je suis. Cette courbe était où je suis. Les yeux courbés et cette ligne, c’est lui (lac), et sans le voir encore (et cette ligne). Tenu comme une de ses branches. Le second, comme un arc. Ou l’un de ses doubles.
Ou bien : creusé en avant du regard, creusé comme (un lac). C’est lui, ou l’un de ses doubles, celui qui se courbe, celui qui se creuse, où maintenant je suis.
« Est-ce qui, donné, n’est plus. »
Et cette ligne est creusée sous les yeux. La courbe des ciels, l’étirement des ciels.
Je tiens une de ses branches.
Le récit, en marche, est le récit de ces courbes, ou de ces veines, tiré longuement comme un arc, et creusé, proche :
(il n’y a plus que le mouvement des veines, et je vois maintenant sur sa peau le dessin). La forme creuse et voûtée d’un lac. La couleur creuse et voûtée d’un lac. Il tombe, il ouvre la bouche. A l’endroit où : la poussière d’un lac. Je dis : un récit commence, et cette phrase est vraie où je suis. Présent : à la couleur creuse et voûtée, à cette forme, à l’indistinction des ciels.
Tu es tout entière dans ma bouche.
Ici s’achevait la lecture.
Il y avait encore ces mots : « couché, bientôt couché où je marche ».
Jean-Marie Gleize. Léman. Seuil. 1990 (extrait)

Il est là monstrueux démesuré
debout par miracle
Dans un maelström de particules
Raide et impassible
dans ce magma coloré
Poursuivi par ce spectre grimaçant
qui se cache à lui et veux l’engloutir
Inconscient, il marche
et va vers son destin
Dans un tourbillon d’électrons dorés
dont la beauté adoucira la fin
Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

J’aimerais que mes pensées se libèrent
J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.
Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
Texte écrit en Atelier de poésie
Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
La blancheur lactique de tes bras
Tes bras qui faisaient
Comme des branches
Me rendaient extatique, enfant soudain,
Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
Quand nous dansions
Et que tu m’entrainais
De tes bras pratiques,
Des branches lactiques, extatiques
Cette mémoire me fait défaut désormais
Seul cet océan nouveau me fait peur
Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
Cent et onze années ont passé
Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
Est la preuve même de ton existence
Car tout recto a son verso
Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

Une première fois, elle saute
Par la fenêtre ouverte
Elle tombe et se relève
Elle remonte aussitôt
Et se jette à nouveau
Cette fois, elle tombe plus fort
Et se relève en sang
Pourtant, elle y retourne
Avec une obstination morbide
Elle se jette dans le vide
Heurte durement le sol
La tête la première
Un silence angoissant puis
Elle se relève
Part en courant
On dirait une possédée, une folle
Mais elle est bien vivante
Cette métaphore est violente
Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

