À pas lents et suivis du chien de la maison, Nous refaisons la route à présent trop connue. Un pâle automne saigne au fond de l’avenue, Et des femmes en deuil passent à l’horizon. Comme dans un préau d’hospice ou de prison, L’air est calme et d’une tristesse contenue ; Et chaque feuille d’or tombe, l’heure venue, Ainsi qu’un souvenir, lente, sur le gazon. Le Silence entre nous marche… Cœurs de mensonges, Chacun, las du voyage, et mûr pour d’autres songes, Rêve égoïstement de retourner au port. Mais les bois ont, ce soir, tant de mélancolie Que notre cœur s’émeut à son tour et s’oublie À parler du passé, sous le ciel qui s’endort, Doucement, à mi-voix, comme d’un enfant mort… Au jardin de l’infante, Mercure de France, 1921 source du texte : Wikisource
Albert Samain : Automne (1893)
art-ancien-classiqueAnonyme (-1400) : Statue d’un Dieu du temps, Méditerranée, Levant, fin de l’âge du bronze (-1400)
art-contemporainPhilip Guston : Late April II (1961)
Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye, Et s’est vestu de brouderie, De soleil luyant, cler et beau. Il n’y a beste, ne oyseau, Qu’en son jargon ne chante ou crie : Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye. Riviere, fontaine et ruisseau Portent, en livrée jolie, Gouttes d’argent d’orfavrerie, Chascun s’abille de nouveau : Le temps a laissié son manteau. Poésies complètes, Ernest Flammarion, 1915 source du texte : Wikisource
Charles d’Orléans : Le temps a laissié son manteau (1440)
art-modernePeder-Severin Krøyer : Garçons se baignant à Skagen, soirée d’été (1899)
art-ancien-classiqueAnonyme (-725) : Déesse Menhit (-725)

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