Antonio Machado : Au milieu de la place (1907)

Au milieu de la place, sur la pierre grossière
l’eau coule et s’écoule. Dans le jardin voisin
un grand cyprès, par-delà le mur que le lierre entoure,
dresse ses branches noires et glacées.

Le jour va s’achever, face aux lourdes maisons
de la vaste place, en songes. Les échos mornes du soleil
font briller les vitres. Il y a aux fenêtres
des formes qui semblent des squelettes brumeux.

Le calme est infini sur la place déserte
où l’âme laisse errer sa forme d’âme en peine.
Sur la vasque de marbre l’eau s’écoule toujours.
Dans l’ombre qui grandit rien que le bruit de l’eau.

Varia. XCIV. Champs de Castille (1907-1917). nrf Poésie /Gallimard (1973)

Une œuvre en résonance


Balthus — Petit Paysage Du Morvan (1953)

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