Alejandra Pizarnik : La Chute (1958)

Musique jamais entendue, 
aimée en d’anciennes fêtes.
N’étreindrai-je plus jamais 
celui qui viendra après la fin.

Mais cette innocente nécessité de voyager
entre prières et hurlements.
Je ne sais pas. Je ne sais que le visage 
aux cent yeux de pierre 
qui pleure près du silence
et qui m’attend

Jardin parcouru en larmes, 
habitants que j’ai embrassés 
quand ma mort n’était pas encore née.
Dans le vent sacré 
ils tissaient mon destin.

Les Aventures perdues (1958). Œuvres, Ypsilon éditeur, 2005. Traduction de l’espagnol (Argentine) : Jacques Ancet.

Poétesse argentine qui se suicide à 36 ans en 1972. Considérée comme l’une des figures les plus marquantes de la littérature latino-américaine du XXe siècle.

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