ANABASIS
Dieses
schmal zwischen Mauern geschriebne
unwegsam-wahre
Hinauf und Zurück
in die herzhelle Zukunft.
ANABASE
Cet
aller en haut et retour dans
l’avenir clair-cœur,
mal praticable et vrai,
écrit étroit entre des murs.
Dort.
Silben-
mole, meer-
farben, weit
ins Unbefahrne hinaus.
Dann :
Bojen-,
Kummerbojen-Spalier
mit den
sekundenschön hüpfenden
Atemreflexen – : Leucht-
glockentöne (dum-,
dun-, un-,
unde suspirat
cor),
aus-
gelöst, ein-
gelöst, unser.
Sichtbares, Hörbares, das
frei-werdende Zeltwort :
Mitsammen.
Là-bas.
Môle
de syllabes, couleur
de mer, loin
parti dans le large non-navigué.
Puis :
bouées,
double rangée de bouées-chagrin
avec les
réflexes respiratoires,
tressaillantes beautés de secondes — : sons des balises lumineuses(doum-
doun-, oun-
unde suspirat
cor),
dé-
clenchées, ren-
dues, nôtres.
À voir, À entendre : le
mot-tente qui devient
libre :
ensemble.
Texte exrait de : Choix de poèmes , de Paul Celan (nrf, Poésie/Gallimard)
NDLR : L’habitude est de ne pas commenter les textes présentés dans cette rubrique pour laisser le lecteur libre de sa lecture. Mais l’histoire de Paul Celan est tellement particulière (et douloureuse) qu’on ne peut pas ne pas vous conseiller de la lire, pour enrichir votre vision de ses textes. Pour résumer on a dit de lui que c’était le symbole de la « poésie après Auschwitz » et son poème le plus célèbre s’appelle « Todesfuge » (Fugue de la mort)

