Le soleil couche sous la porte.
De toute évidence quelque chose s’achève mais comment savoir quoi? si c’était le jour ce serait simple, mais d’une simplicité extérieure, n’impliquant que des gestes : la lampe, la fermeture des portes, le lit.
Ce ne peut pas être cela.
Je cherche un indice dans le soleil, dans la flaque de soleil couché devant la porte, qui déjà se remue, se retire.
Mourir? je ne crois pas. mourir d’ailleurs ne serait pas un achèvement, du moins par pour moi.
Quelque chose qui est à sa fin, toute proche, au soleil couché sous la porte, je ne parviendrai pas à savoir quoi.
Je n’essayerai pas de le savoir. le soleil effacé, la nuit avertie de sa fin, je me lèverai, je fermerai les portes, les lampes, le lit.
Il y eut un temps où je n’aurais laissé se perdre le sens d’aucune fin intérieure. je serais resté dans la nuit, les mains dans la nuit, les mots.
Maintenant, vient une fin, je renonce.
II.(1986) in Quelque chose noir, nrf/Poésie/Gallimard, 2025
