8. La loi a pour première initiation (21) la coutume de la purification par l’eau, ou du baptême, qui nettoie, embellit le corps, et dépouille l’âme de toutes ses souillures. Le sceau employé dans le nouveau pacte a été le signe (*) de la croix qui s’étend vers les quatre points lumineux, comme la fleur Ssé-tchao (22) , pour réunir toutes les créatures dans la même foi, sans les contraindre. L’appel frappé sur la tablette de bois est le son qui fait surgir dans les cœurs la compassion et la charité (23). En se tournant vers l’Orient pour accomplir leur mission religieuse (les ministres de la foi nouvelle) ont eu en vue le chemin de la gloire, qui donne la vie.
9. Ils conservent toute leur barbe, montrant par là qu’à l’extérieur ils suivent l’usage du monde. Ils se rasent le sommet de la tète, indiquant par là qu’à l’intérieur ils se sont dépouillés de toutes les passions. Ils n’ont point d’esclaves à leur service; les hommes de condition noble, comme ceux de conditiou vile, sont placés par eux au même niveau. Ils n’amassent point de richesses; ils enseignent, au contraire, que nous devons donner aux pauvres notre superflu. Ils observent le jeûne, afin de soumettre
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(*) Le signe ou caractère en question est effacé dans le fac-similé de l’inscription conservé à la Bibliothèque impériale de Paris. Dans l’édition de Wang-tchang, accompagnée de commentaires (dont nous donnons ci-après la traduction), le caractère en question est remplacé par le signe habituel chez les Chinois pour indiquer dans leur typographie les signes effacés, illisibles ou inconnus des textes qu’ils reproduisent . Le sens de la phrase indique suffisamment que ce devait être le signe de la Croix, représente plusieurs fois dans l’inscription par le caractère chinois + chi, dix, qui lui ressemble, mais qui, à celle place, était probablement figurée comme en tète de cette inscription, pour mieux représenter la fleur Ssé-tchao.
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leur intelligence, la chair et l’esprit, et d’arriver ainsi à la perfection. Ils s’imposent une surveillance extrême sur eux-mêmes, dans la retraite, afin d’être fermes et persévérants dans leurs principes. Sept fois le jour, ils pratiquent le rite des oraisons laudatoires, au grand avantage des vivants et des morts. Le premier d’entre les sept jours (*), ils offrent un sacrifice sans victimes (24), qui purifie le cœur et le fait retourner à son innocence primitive.
10. La loi de la pérennité et de la vérité est merveilleuse et difficile à nommer (25) . Les œuvres méritoires, les actes qu’elle produit, se manifestant de toutes parts, l’ont fait appeler la « Religion resplendissante comme la lumière du – soleil (King-kiao) (26) . » La doctrine seule, sans la participation de ceux qui sont placés à la tète des sociétés pour les gouverner (27) , ne peut exercer un grand empire; les souverains, sans la doctrine, ne peuvent être grands. La loi et le souverain étant unis, comme le sceau l’est à l’édit, le monde, par cela même, est civilisé et éclairé.
11. A l’époque de l’Empereur accompli Thai-tsoûng, dont le règne fut si brillant et si florissant (627-650), et qui étendit au loin l’empire des Thâng; de ce saint Empereur si éclairé, qui s’occupait avec tant de sollicitude du bonheur des hommes (28) , il y en eut un d’une vertu éminente, du royaume de Syrie, nommé Olopen, qui, consultant les nuages azurés du Ciel, et portant avec lui les véritables Écritures sacrées (29) , observa avec attention la règle des vents pour fuir les périls auxquels il était exposé (dans
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(*) Chez les chrétiens orientaux le dimanche forme le premier jour de la semaine, au lieu d’être le septième.On le nomme en syriaque chad beshabo, « le premier jour de la semaine », primus hebdomadis dies, dies Solis. La locution est absolument la même en syriaque qu’en chinois : unus , vel primus septem dierum.
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