Adam (Jingjing en chinois) : Stèle nestorienne, texte de l’inscription

son voyage). La neuvième année tching-kouàn (635 de notre ère), il arriva dans la ville de Tchang-ngan. L’empereur prescrivit à son premier ministre, du titre de Duc (Koûng) Fàng-Hioûen ling (30), de prendre avec lui une es­corte militaire, et de se rendre au faubourg occidental, à la rencontre de son hôte, pour l’introduire ainsi escorté dans l’intérieur. Les livres sacrés qu’il apportait avec lui ayant été traduits (31) dans une salle du palais impérial, des ques­tions nombreuses furent faites concernant la Loi dans le ca­binet de l’Empereur, interdit au public. Cette loi, après avoir été profondément étudiée, fut trouvée droite et vraie. Il fut ordonné seulement de la répandre et de l’enseigner en public (32)  .

12. Dans la douzième année tching-kouan (638), en automne, à la septième lune, un Edit impérial fut publié; il disait:
«  La loi qui doit régler les actions des hommes n’a pas un nom immuable ; la sainteté n’a pas non plus un corps, » une manière d’être immuable. Les religions ont été établies selon les temps et les lieux, pour servir en silence au soulagement de la multitude. Olopen (*), homme de « grande vertu, du Royaume de Ta-thsin, venu de loin, « apportant avec lui des livres sacrés et des images, est « arrivé dans la capitale pour nous les offrir en présent, en expliquant le sens, le but de sa doctrine religieuse. – Cette doctrine a été trouvée profonde, merveilleuse, pleine de renoncements aux œuvres du siècle (33) . En considérant son principe fondamental, on trouve qu’elle

 ============================
(*) Ce nom est syriaque; il s’écrit Alopeno et signifie retour de Dieu ; la première partie du nom étant formée des deux premières syllabes du nom de Dieu, Aloho : Eloha. I.a prononciation O-lo-pen étant plus suivie, elle a été conservée dans la traduction française.
================================

s’est posé pour but d’arriver à la perfection. Ses écritures sont rédigées dans un langage simple et sans superfluités. Les principes en subsisteront encore lorsque – les filets qui auront servi à la pèche seront oubliés (34). Elle est d’un bon secours à toutes les créatures et profitable au genre humain. Il convient de la propager dans tout l’Empire. Que l’autorité compétente fasse immédiatement construire sur la Place de la paix et de la justice (*) de notre capitale une église syrienne, et y réunisse vingt et un prêtres desservants. Quand la puissance de la grande dynastie des Tchéou s’éteignit, le char attélé de bœufs de couleur azurée (35) (Lao-tseu) monta dans i’Occident. Les lois de la puissante dynastie des Thâng ayant jeté un grand éclat, un vent brillant est revenu souffler à l’Orient.

13. Les magistrats reçurent l’ordre de faire exécuter le portrait de l’Empereur, et de le placer dans l’Eglise récemment construite. Le visage impérial rayonnait d’une beauté majestueuse. Le héros rehaussait de son éclat les sectateurs de la religion illustre (36). Ces saints vestiges répandirent la félicité, et une gloire éternelle en rejaillira partout où la Loi étendra son empire.

14. Selon la Relation avec cartes et figures des contrées occidentales, et les écrits des Historiens des Weï et des Han,

 ======================================
(*) I ning fáng. Selon le Liàng King Sin ki, « Nouvelle Description des deux capitales (Si-ngan-fou et Lo-yang}, » ouvrage qui fut composé sous les Thang par Wei-chou, et publié en cinq volumes, dont il ne reste qu’une partie, on lit que, « dans la troisiéme rue occidentale de la cité impériale (Si-ngan-fou), le troisième fáng ou la troisième place, à partir de  l’extrémité nord, est appelé I ning fáng, « la place de la paix et de la justice, » comme il est dit dans l’inscription. (Voir A. Wyiie, On the nestorian Table of  Si-ngan-fu, dans le Journal of the American oriental Society, vol. V, p. 302.) On y trouvera aussi beaucoup d’autres renseignements importants tirés des écrivains chinois.
===================================

le royaume de Syrie est borné, au midi, par la mer de Co­ rail ; au nord il atteint les monts aux pierres précieuses ; à l’ouest il s’étend vers la forêt de fleurs et la contrée des anachorètes (37) ; à l’est, il confine à la mer Morte, et à la région des grands vents. Cette terre produit une étoffe à l’épreuve du feu ; des parfums qui raniment la vie ; des perles blanches comme la lune ; des pierres précieuses qui brillent dans l’ombre. D’habitude, on n’y cherche point querelle à ses voisins ; le vol y est inconnu. Les habitants y jouissent d’un bonheur tranquille. On n’y pratique que la Loi illustre, la loi chrétienne. Aucun souverain, s’il n’est vertueux, n’y est élevé au pouvoir. Le territoire est vaste et étendu , et les productions littéraires y sont florissantes (*). –

15. Le Grand-Empereur Kao-tsoung (650-683) sut continuer ce que ses ancêtres avaient commencé; il féconda moralement les bonnes semences de son père, et dans toutes les provinces de l’Empire (38) il détermina la construction de temples de la religion illustre. Il éleva encore à de plus grands honneurs qu’auparavant Olopen, qu’il créa « Maître de la grande Loi (ta-fa-tchü), protecteur du Royaume (tchin-kouë). » Pendant que la Loi se

Pages : 1 2 3 4 5 6 7 8