5. C’est de là que naquirent les trois cent soixante-cinq sectes qui se succédèrent, comme une foule tumultueuse se heurtant dans les mêmes ornières, en tramant mille embûches l’une contre l’autre, pour faire prévaloir leurs doctrines respectives. Les unes désignaient les êtres matériels, les éléments, comme devant être l’objet de notre culte, le principe et le but de nos croyances; les autres posaient le vide comme l’abime où s’engloutissaient les deux principes (8) ; les autres offraient des sacrifices et adressaient des prières aux esprits pour en obtenir des richesses; les autres vantaient leurs vertus pour tromper les hommes. Ces conceptions de la sagesse humaine sans cesse en activité; les préférences des supérieurs; les passions des autres toujours en mouvement, produisirent une confusion telle, qu’il devint impossible d’en rien obtenir. Ces doctrines, ainsi réduites à l’extrémité, se consumèrent elles-mêmes daus un travail impuissant (9) , en accumulant les obscurités et en perdant toute voie pour en sortir. Cet état de confusion dura longtemps avant que l’on pût retourner au bien (*).
6. Ce fut alors que notre unité-trine divisa sa per sonne (10) dans le resplendissant et vénérable Messie (Mîchi-hô **), en voilant sa véritable majesté. Il apparut dans le monde comme un simple mortel .
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(*) Ce paragraphe (de même que le précédent) est extrêmement vague et obscur ; il doit être généralement pris au figuré. Nous ne sommes pas certain d’en avoir toujours saisi le véritable sens. (**) Ces mots sont la transcription exacte du nom syriaque : Michisha , Messie, que l’on prononce aussi Michiho. L’expression du texte chinois 分身 fén chin, « diviser sa personne », correspond au dogme nes torien des deux personnes en J. C. l’une substantielle : knuma, et l’autre modale ou apparente, parsopa. Voir la Note 10.
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Les Esprits dans le ciel annoncèrent la bonne nouvelle (12) : « Une Vierge a enfanté le Saint dans la Syrie (13) ! Une constellation resplendissante a proclamé l’heureux événement; les Perses ayant aperçu sa clarté, sont venus apporter leur tribut (*). »
7. Ainsi s’est trouvé accompli ce que les vingt-quatre saints avaient annoncé dans l’ancienne loi (14) : « Le gouvernement des familles et des États par une grande et suprème doctrine (15) » Il établit la doctrine pure de I’unité-trine , sans l’appeler une nouvelle religion (16) . Il fortifia les bonnes habitudes par l’usage de la vraie foi. Il posa les lois des huit limites morales que l’on ne doit point franchir. La poussière de la terre, purifiée comme le métal dans la fournaise, devint la vérité parfaite. Il enseigna au monde les trois grandes vertus cardinales (17) ; il lui ouvrit les sources de la vie, et anéantit la mort. Il suspendit au ciel le brillant soleil de la vérité pour dissiper les habitations des ténèbres; les ruses mensongères du démon (18) furent dès lors pénétrées et déjouées. Il mit en mouvement le navire de la miséricorde pour s’élever aux brillantes demeures (**) les âmes qu’il renfermait purent dès lors, en traversant le fleuve de la vie, obtenir cette fin glorieuse. A l’heure de midi, il s’éleva au séjour de la vérité (19). Des saints livres ont été laissés au nombre de vingt-sept, qui ont étendu les conversions originelles en libérant les âmes (20) .
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(*) Par l’ô-ssé ou Perses, l’auteur dee l’inscription a voulu évidemment désigner les Mages de la Perse, auxquels la tradition a donné le nom de Trois Mages, et qui, d’après l’Evangile selon saint Matthieu, se rendirent à Jé rusalem pour adorer l’Enfant Jésus. « Jésus étant donc né à Béth-lechem de Jehuda, au temps du roi Hérode, des Mages (Magushio) vinrent de l’est à Urishlem (Jérusalem). Et ils dirent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile dans l’Orient, et nous sommes venus » pour l’adorer. » » (Evangile «le saint Matthieu en syriaque.) (**) Quoique le dogme de la Résurrection ne soit pas exprimé ici en propres termes, on ne peut cependant le méconnaître dans cette dernière phrase. Il en est de même de celui de l’Ascension. Mais le langage employé par les auteurs de l’inscription chinoise est plus poétique que dogmatique. En outre, la nécessité pour eux de renfermer tant de choses dans un si petit espace, tout en créant une plus grande difficulté d’interprétation, a rendu l’exposé de leurs dogmes, déjà suffisamment vagues par eux-mêmes, plus vagues encore dans l’inscription.
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