Adam (Jingjing en chinois) : Stèle nestorienne, texte de l’inscription

et des lois du gouvernement surpasse celle des trois dynasties (58). Ses talents s’étendent au plus haut degré du savoir humain (59). Il commença par être attaché au palais impérial, mais son nom fut ensuite inscrit sur les étendards militaires du commandement. Quand le Duc Kouo Tseu-i, principal secrétaire d’Etat, Prince-Roi de Fén-yâng (60) , fit sa première guerre dans la province du nord, l’Empereur lui adjoignit I-ssé, pour accompagner le général sexagénaire dans son expédition. Quoique I-ssé ne fût considéré que comme un proche, pouvant s’abandonner à tous ses loisirs d’intérieur, il ne s’éloigna jamais de l’expédition pour se livrer au repos. Il fut les on­ gles et les dents (le bras droit) (61) du Duc qui en fit l’œil et l’oreille de l’armée. Il lui fut permis de distribuer ses émoluments et les dons qui lui étaient faits, ne conservant rien pour sa famille. Il fit des offrandes d’objets de cristal de fabrique occidentale(*) qu’il tenait de la faveur impériale, et il refusa des tapis brochés d’or qui lui avaient été présentés. Tantôt il favorisait, comme auparavant, ses anciens temples ; tantôt il embellissait ou faisait agrandir les chapelles de (notre) Loi (62), augmentant leurs ornements pour les rendre plus honorables, et y faisant ajouter des habitations pour les desservants, lesquelles habitations ressemblaient

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(*) Le Phõ-lī, selon le dictionnaire chinois Tching-tséu-thoûng (sub voce 玻phō ,cumradice96), est un nom donné à l’espèce de pierre précieuse formée par l’eau et qui ressemble à  de l’eau condensée ou à de la glace… Quelques personnes écrivent phō- lī (comme dans notre Inscription) à cause que phō- lī, écrit ainsi, est le nom du royaume qui la produit. Le Tchoúng-ki rapporte que dans le royaume de Tâ-thsin, il y a du phō- lī, ou cristal de cinq couleurs, etc. Sous les Liang 1502-556), des hommes du Fou-non (le Pégu) vinrent pour vendre un miroir en phō- lī, transparent, large d’un pied et demi.
A l’intérieur et à l’extérieur, c’était une substance également pure et brillante. On y voyait la lumière s’y réfléchir. On ne pouvait en reconnaître le principe. Il pesait quarante kin (ou vingt-cinq kilogrammes). »
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au faisan, de couleurs variées, qui prend sou vol, les ailes déployées (62) . Bien plus, imitant la pratique des disciples de la (Religion) resplendissante, et se conformant à ses préceptes de charité, il distribuait des aumônes à ceux qui étaient dans le besoin. Chaque année, il convoquait en assemblée générale les religieux des quatre Églises (différentes) pour les exercer aux actes de purification et à la persévérance dans la pratique du bien, fournissant religieuse­ment à leur entretien pendant les cinquante jours que durait la retraite. A ceux qui se présentaient à lui ayant faim , il donnait à manger; à ceux qui avaient froid, il donnait des vêtements; ceux qui étaient malades, il les soignait et leur rendait la santé; les morts, il les ensevelissait et leur procurait le repos de la tombe. Parmi les plus purs et les meilleurs des sectateurs de Bouddha (64) on n’a jamais entendu parler d’une pareille bienfaisance.

Les Docteurs de la (Religion) illustre, aux vêtements blancs, en considérant tous ces hommes d’élite, ont désiré faire graver une inscription sur pierre, aussi durable que les rochers battus par les flots, et destinée à proclamer tant de bienfaits et de mérites éclatants. En voici les paroles :

VERS LAUDATIFS (*).

1. Le vrai maitre est sans origine ;
C’est la solitude immense et silencieuse, l’être existant par lui-même,
Le grand principe caché des choses, l’auteur de la Création,
Qui a fait surgir la terre, et posé le ciel sur ses fondements.

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(*) On remarquera, dans le texte chinois ci-contre la rime qui termine chaque vers de deux hémistiches, chacun de quatre mots ou syllabes.
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2. Divisant sa personne, il s’est produit dans le monde.
En établissant une mesure de salut sans limites.
Le soleil se lève, et les ténèbres sont anéanties;
Tous portent témoignage de sa véritable et insondable puissance64.

3. Le lettré, glorieux et éminent Empereur (Thaï-tsoûng),
A surpassé tous les rois ses prédécesseurs dans la droite voie66 .
Saisissant habilement les circonstances , il fit cesser les troubles ;
La vertu bienfaisante du ciel s’augmenta et celle de la terre fut agrandie.

4. Quand la Religion resplendissante, brillant d’un grand éclat,
Vint régénérer par sa parole notre empire des Thàng,
Cet empereur fit traduire les livres sacrés de cette religion, et construire des églises.
Il fut, pour les vivants et les morts, comme un navire de salut.
Toutes les félicités se produisirent alors de toutes parts.
Tous les royaumes jouirent de la paix et de la tranquillité.

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