Auteur : Luc Fayard

  • filtres de vie

    au tamis
    des chênes verts
    la lumière
    dessine
    une scène
    pointilliste
    âme troublée
    entre douleur
    et amour
    mais toujours
    y domine
    l’ombre
    au filtre
    de l’eau
    qui court
    le galet s’use
    et roule
    en boule
    cœur flottant
    entre joie
    et peine
    mais toujours
    s’y tapisse
    l’espoir

    Texte de Luc Fayard

  • poussière

    au vent fripon
    de l’émotion
    les mots ne sont 
    que poussière 
    de terre
    labyrinthes inachevés
    sans traces
    limbes égarés
    dans l'impasse

    en plein tourbillon
    de l’orage
    quelques uns
    parmi eux 
    clignent des yeux
    ils nous disent
    les mots offerts
    au soleil
    ne sont jamais 
    les plus beaux
    des cimetières

    pour émouvoir  
    un cœur en flammes
    et toucher ses sens 
    Il faut aux mots
    dans la nuit 
    profonde et noire
    un murmure d’âme 
    bravant le silence
    au plus haut
    des interdits

    alors viendra
    le temps de la révolte
    et de la grande ronde
    les mots
    tourneront
    comme des derviches
    claqueront
    comme des étendards
    voleront
    comme des lucioles
    dans un monde
    devenu enfin
    plus humain

    Texte de Luc Fayard

  • renaissance

    albâtre l’âme fuit
    barbare l’esprit luit
    ce qui se cache est beau
    ce qui s’expose est laid
    la parole est de trop
    place au silence

    ni jour ni nuit tu viens
    d’un drôle d’amalgame
    envies inavouées
    gestes inassumés
    la chimie sans la flamme
    le cœur éteint

    la vie n’est que hasard
    cheminement brumeux
    carillon de chaos
    molécules fragiles
    paraboles frappées
    par le grand gong

    toute rencontre est vaine
    l’un n’est jamais l’autre
    les destins parallèles
    n’ont qu’un point commun
    tout au bout du chemin
    il n’y a rien

    mais avant le passage
    humain inachevé
    j’aurai vu la clarté
    des couleurs et des mots
    dessinant le plus beau
    des paysages

    où mes pensées suivront
    ls flux de confluence
    reliant au fond de moi
    les courbes et les ronds
    de mon ultime émoi
    la renaissance

    Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée par des artistes contemporains

  • renaissance

    albâtre l’âme fuit
    barbare l’esprit luit
    ce qui se cache est beau
    ce qui s’expose est laid
    la parole est de trop
    place au silence
    ni jour ni nuit tu viens
    d’un drôle d’amalgame
    envies inavouées
    gestes inassumés
    la chimie sans la flamme
    le cœur éteint
    la vie n’est que hasard
    cheminement brumeux
    carillon de chaos
    molécules fragiles
    paraboles frappées
    par le grand gong
    toute rencontre est vaine
    l’un n’est jamais l’autre
    les destins parallèles
    n’ont qu’un point commun
    tout au bout du chemin
    il n’y a rien
    mais avant le passage
    humain inachevé
    j’aurai vu la clarté
    des couleurs et des mots
    dessinant le plus beau
    des paysages
    où mes pensées suivront
    ls flux de confluence
    reliant au fond de moi
    les courbes et les ronds
    de mon ultime émoi
    la renaissance

    Texte de Luc Fayard illustré et inspiré par trois œuvres d’art d’artistes contemporains : Olivier de Coux — Formatage 341, Jardin des Arts (2007) – extrait ; Véronique de Guitarre — Paysage sur carte marine 1 (2001) – gravure aquatinte et eau-forte sur carte marine – extrait ; Jerôme Barreau — Sculpture (2026) – © Jérôme Barreau

  • Derrière les coulisses d’Amavero : comment nous faisons résonner l’Art et la Poésie (avec l’aide de l’IA)

    Notre site d’art et de poésie amavero.fr offre à ses 7 000 visiteurs mensuels une fonction extraordinaire et inédite sur les sites culturels : la « résonance » entre un texte et une œuvre d’art.

    Cette correspondance unique s’appuie sur la richesse de nos collections : 1 900 œuvres d’art et 850 poèmes à ce jour. Des chiffres qui évoluent constamment puisque notre rédaction publie quotidiennement.

    Une expérience interactive qui marche dans les deux sens

    L’immersion est totale et se renouvelle à chaque instant :

    • Du poème vers l’art : Lorsqu’un poème s’affiche en pleine page, une œuvre d’art surgit en dessous du texte pour enrichir la lecture.
    • De l’art vers la poésie : À l’inverse, la contemplation d’une œuvre d’art dévoile un titre de poème à découvrir.

    Pour prolonger la surprise, le choix change à chaque rafraîchissement de page, offrant jusqu’à trois propositions différentes par contenu.

    Exemple de résonance poésie => art

    poème

    questions

    là-bas
    les cloches sonnent le glas
    d’un air las
    les entendrais-je
    à mon enterrement
    quel chemin sinueux
    suivra ce paysage
    dans mon cœur vibrant
    au gong du trépas…


    (lire la suite…)

    œuvre affichée

    Joel-Peter Witkin — La Belle et La Bête (2017)
    Joel-Peter Witkin — La Belle et La Bête (2017)

    Exemple de résonance art => poésie

    œuvre affichée

    Edvard Munch — Morning, nude at the window (1902)
    Edvard Munch — Morning, nude at the window (1902)

    poème proposé

    écho

    elle est partie
    ne laissant dans la maison vide
    que l’écho de ses pas pressés
    un sillage invisible
    ses cheveux ondulants
    les molécules d’un parfum chaud
    sa peau
    le souvenir d’un murmure rauque
    sa voix chantante
    elle est partie
    et tout s’est arrêté


    (lire la suite)

    Des chemins différents : au-delà de l’illustration

    Comment s’est créée cette résonance ? Il ne s’agit évidemment pas d’une application au premier degré comme on en voit trop souvent sur le web : j’écris un poème sur un arbre, donc je vous montre un arbre. Bien que louable, cette démarche purement illustrative manque d’évocation, n’est-ce pas!

    Le choix d’Amavero est plus audacieux : afficher en parallèle des œuvres et des textes qui provoquent des sensations similaires, mais à travers des chemins différents. Tantôt évidents, tantôt surprenants, ces affichages dessinent un nouveau parcours artistique, où l’émerveillement littéraire et l’émotion visuelle se répondent. C’est la création de cette nouvelle sensation qui est l’ADN d’Amavero ! Nous croyons participer à une expérience artistique ou un plus un font un … mais un autre!

    La potion magique : quand l’humain guide l’IA

    Alors, comment a-t-on fabriqué cette correspondance ? Elle ne résulte d’aucun algorithme aléatoire. C’est le fruit d’un travail humain de curateur, de longues heures de recherche et d’un dialogue nourri avec l’Intelligence Artificielle.

    L’aboutissement ? La création rigoureuse de 10 mots-clés par œuvre :

    • 4 mots-clés contextuels (le sujet pur).
    • 6 mots-clés sensibles (les atmosphères, les évocations, les émotions).

    Nous avons passé des dizaines d’heures à former l’IA (plusieurs IA !) à notre processus de vision à travers des centaines de tests. Au début, l’exercice était périlleux. Sur un tableau figuratif, ChatGPT partait trop vite sur de fausses hypothèses liées aux formes et aux couleurs.

    Exemple de plantage de ChatGPT….

    Rémy Aron – Nature morte (2020)
    Rémy Aron – Nature morte (2020)

    Voici sa première version de mots-clés sortis :

    paysage, extérieur, village, maison, ciel, arbre, lumière, colline, campagne, atmosphère, réalisme, calme

    En fait, l’IA a cru voir tout de suite un ciel et un paysage avant de se poser d’autres questions ! Pour corriger le tir, nous lui avons appris à formaliser d’abord une opinion stricte sur le sujet réel d’un tableau (par exemple : est-ce une scène d’intérieur ou d’extérieur ?) avant d’imaginer les mots-clés sensibles les plus appropriés. Depuis, nous avons délaissé ChatGPT pour Gemini, que nous avons patiemment formé à nos consignes en essayant d’utiliser au maximum sa mémoire permanente, ce qui n’est pas un exercice simple ! Un choix que nous pouvons vous expliquer, si vous le souhaitez : contactez-nous

    Une charte linguistique et sémantique en constante évolution

    Pour que ce travail porte ses fruits, nous avons instauré une charte linguistique et sémantique extrêmement détaillée. Nous privilégions des mots simples et courts — ceux qu’un visiteur exprime naturellement face à une toile — tout en bannissant les concepts trop généraux (forme, ligne, espace, présence…). Nous essayons de regrouper les mots aux sens proches, etc.

    Aujourd’hui, notre base sémantique témoigne de cette richesse :

    • 450 mots-clés distincts.
    • 19 055 associations image-mot.
    • 316 mots-clés à forte occurrence (≥ 9).

    Ce lexique est vivant. Nous analysons actuellement 134 mots rares pour les fusionner intelligemment et offrir des résonances toujours plus fertiles.

    Trois fonctionnalités artistiques à tester dès maintenant

    Amavero — Mosaïque de 9 œuvres d'art composée sur les mots "rêve" et "enfance"
    Amavero — Mosaïque de 9 œuvres d’art composée sur les mots « rêve » et « enfance »

    Grâce à ce maillage de mots-clés, Amavero vous propose d’aller plus loin et de vous approprier la collection à travers trois fonctions que nous avons déjà publiées et que nous rappelons ici :

    1. Devenez Commissaire de votre propre exposition : En combinant deux mots-clés de votre choix, le site génère instantanément une galerie sur mesure. (Découvrir par exemple notre sélection de 32 pages autour de Femme & Mystère .
    2. Créez votre Mot-saïque : Générez une mosaïque exclusive de neuf œuvres d’art basée sur vos inspirations, prête à être sauvegardée ou imprimée. (Regardez la mosaïque composée sur Rêve et Enfance)
    3. Trouvez un tableau en deux clics : Explorez la collection en toute liberté. (Pour faire grincer les algorithmes de la censure, testez le mot-clé [Nu (lien hypertexte vers la recherche)] et ses 44 œuvres disponibles).

  • questions

    là-bas
    les cloches sonnent le glas
    d’un air las
    les entendrais-je
    à mon enterrement
    quel chemin sinueux
    suivra ce paysage
    dans mon cœur vibrant
    au gong du trépas
    ira-t-il suinter
    jusqu’à l’âme

    comment l’amour
    inconsistant par essence
    peut-il durer
    si longtemps
    à ne plus savoir
    qui il est
    ni pourquoi
    il t’incite encore
    à baiser fiévreusement
    ces lèvres amies
    peut-on mourir
    béat de passion
    après avoir vécu
    benêt de dévotion

    l’infini des questions irrépétibles
    crée une montagne raide
    grimpant au ciel
    j’y marche perdu
    dans la brume des possibles
    la vie est un jet de dés
    un coup tu souris
    un coup tu meurs
    tu n’y peux rien
    c’est écrit
    mais où
    par qui

    revenu de tout
    peut-on s’évanouir
    sans souffrir
    quand après la fournaise
    on espère un vent frais
    signe de renaissance
    et que vient à sa place
    le vent lourd
    de l’irrévocable délivrance

    pour qu’enfin je comprenne
    l’incomplétude des destins humains
    il me faudra atteindre
    le haut de la montagne
    là je verrai
    tous les chemins
    converger vers elle
    après mille détours
    tous les cris tous les chants
    s’unir dans la même plainte
    qui deviendra silence
    tout finit ici
    où il n’y a plus de détours
    plus de cris plus de chants
    et surtout
    plus jamais de questions

    Texte de Luc Fayard

  • Le souffle de la forêt (événement multi-art)

    Affiche du programme 'Souffle de la Forêt' présentant une exposition d'œuvres de Martine Durou et Maya Roux, ainsi que des poèmes de Luc Fayard. Détails sur la date et l'événement.
    Affiche du concert avec un programme détaillant des pièces musicales de Mel Bonis, Robert Schumann, Antonin Dvorak et Anne de Boysson, ainsi que des lectures poétiques.

    Retour sur un joyeux événement artistique total (le 14 juin 2026) qui maria musique, poésie, dessins et peinture sur le thème « Le souffle de la forêt », du nom d’une des dernières compositions d’Anne de Boysson qui l’interpréta au piano, en clôture de concert. On joua, on dessina, on lut.

    Un événement organisé par trois associations partenaires: L’Art en partage (Chaville), Amavero art et poésie (Jouy-en-Josas), Accords Majeurs (Conservatoire de Chaville).

    Une semaine avant, une séance de dessins et peinture se déroula en forêt, au son du luth joué par Benoît Petitjean et avec un modèle vivant qui effectuait des gestes très lents.

    Si vous voulez participer à ces événements gratuits, contactez nous.

    Quelques œuvres réalisées en live dans la forêt

    Nathalie-Claire Fournier — Sans titre 2 , Le souffle de la forêt (2026) graphite et aquarelle
    Maya Roux – Sans titre – Le souffle de la forêt (2026
    Bénédicte Ducrocq — Sans titre 3, Le Souffle de la forêt (2026)
    Valérie Sizaret — Leporello Le Souffle de la forêt (2026) - peint à deux mains en écoutant un Schumann à quatre mains
    Valérie Sizaret — Leporello Le Souffle de la forêt (2026) – peint à deux mains en écoutant un Schumann à quatre mains

    Extraits du concert

    Le souffle de la forêt

    (piano)

    composée et interprété au piano par Anne de Boysson

    L’oiseau prophète

    (flûte et piano)

    de Robert Schumann, transcription de Leopold Auer pour flûte et piano, par Florence Mulertt et Véronique Baron

    Scènes de la forêt

    (flûte, clarinette, piano)

    de Mel Bonis. Nocture invocation, pour Artemis; pour flûte, cor (joué à la clarinette) et piano, par Florence Mulertt, Pascal Fuchs et Véronique Baron

    Ecouter d’autres morceaux du concert

    La forêt dans la poésie, avec quelques exemples (choisis dans Amavero)

    Chez les poètes d’hier, la forêt commence très fleur bleue, voire gnangnan :

    Ô Forêt, tu fus bonne, en laissant le désir
    Fleurir, ardente fleur, au sein de ta verdure.
    L’ombre devint plus fraîche: un frisson de plaisir
    Enchanta les deux cœurs et toute la nature.

    Rémy de Gourmont (1858-1915) – on ne lui en veut pas car il était aussi journaliste et critique d’art.

    Puis rapidement , heureusement, elle devient rêveuse :

    Un long bras timbré d’or glisse du haut des arbres
    Et commence à descendre et tinte dans les branches.
    Les feuilles et les fleurs se pressent et s’entendent.
    J’ai vu l’orvet glisser dans la douceur du soir.

    Léon-Paul Fargue (1876-1947) et son « Nocturne » qui est peut-être un de mes Top 10, surtout quand il dit à la fin et, là, vous pouvez pleurer

    Les barques de la nuit sont prêtes à partir

    et il finit par

    Tout sera consommé, tout sera pardonné,
    La peine sera fraîche et la forêt nouvelle,
    Et peut-être qu’un jour, pour de nouveaux amis,
    Dieu tiendra ce bonheur qu’il nous avait promis.

    Débarrassée de ses miasmes, la forêt peut alors s’envoler avec des ailes surréalistes et si vous ne comprenez pas c’est normal, il faut une explication de texte (que je ne vous donnerai pas) :

    Les forêts ont leurs feuillures secrètes
    leurs nids de miel de hiboux du bal
    et leurs anneaux de chiffon d’émail de lumière
    pour habiller les fées

    Edmond Jabès (1912-1991)

    Elle devient même fusion avec l’homme :

    Avec ma seule raison, avec mes doigts,
    avec de lentes eaux lentes inondées,
    je tombe au royaume des myosotis,
    à une tenace atmosphère de deuil,
    à une salle oubliée, déchue,
    à une grappe de trèfles amers.

    c’est bien sûr l’inégalable chilien Pablo Neruda (1904-1973) qui sera mon regret éternel de ne pas lire l’espagnol. Vous connaissez son vrai nom ? Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto, c’est sûr qu’il ne pouvait pas signer avec ce nom !

    Mais la forêt est aussi inquiétante :

    une pluie
    de longues tiges
    inquiète nos pas
    tombe comme on tombe
    parfois dans sa propre vie

    Hélène Dorion, née en 1958, la poétesse québécoise au programme du bac, premier poète vivant à connaître cette distinction. Bon, sur la poésie d’Hélène Dorion, chacun son opinion…

    Elle peut aussi être froide et sans envie :

    Il y a des morceaux de bois
    Qui n’ont pas l’air d’accord
    Pour être de la terre,

    Qui n’ont pas l’air d’accord
    Pour être de la vie,

    Qui sont froids,
    Qui s’ennuient,

    le breton Guillevic (1907-1997) dans son recueil de 1942 Terraqué (qui est un vieil adjectif de français : composé de terre et d’eau)

    Alors la forêt grimpe en fureur elle devient détestable :

    C’est le chaudron de la plante
    Tout est démesuré
    Les arbres sont des cathédrales de bois de fer
    Ou des herbes folles plus hautes que des clochers
    On n’y voit pas à deux pas
    Et l’on étouffe sous les moustiquaires

    C’est évidemment Blaise Cendrars. dans Feuilles de route, 1924, à propos de son voyage au Brésil.

    Et enfin, peut-être , remise de toutes ses fureurs, la forêt finit apaisée, et c’est sans doute celle qu’on aime :

    je me promenais
    sous les couleurs
    voûtées
    des frondaisons
    les arbres s’inclinaient
    pour abriter mes pensées
    je marchais sur les tapis
    teints de l’orient
    doux comme le tamis
    des souvenirs anciens
    la journée s’étirait
    en petits carrés d’infini

    Luc Fayard. Texte inspiré par le tableau Reste avec nous, d’Anne Schuller

  • souvenir

    tu te souviens d’elle
    mais ce n’est pas elle
    ni son fantôme
    juste l’image fardée
    de tes préjugés
    le souvenir en émoi
    te fait rentrer en toi
    comme l'ours dans sa caverne
    qui se terre et hiberne
    il est poison mensonge
    tueur de couleurs passées
    voileur de songe
    sur paysage dispersé
    courbe impossible
    filtre d’humeur
    créant l'incrédible
    d'un monde d'ailleurs
    le seul espoir 
    est devant toi
    allume un feu
    de lumières bleues
    va cherche des chemins à embrasser
    sans mirage sans impasse
    sans trace à effacer
    qui te clouerait sur place
    ta vie est ce chemin qui avance
    où tu ris où tu danses
    Texte de Luc Fayard
  • pays rêvé (Hommage à David Hockney)

    David Hockney – Apple Tree (2019)

    Un pommier chargé de pommes vertes se dresse au bord d’une rivière, sa ramure éclatante se détachant sur un ciel gribouillé de courtes touches blanches et bleues. David Hockney compose le paysage en aplats de vert vif et de jaune, où l’herbe et l’eau semblent vibrer sous une lumière presque électrique.

    je voudrais
    un ciel en labyrinthe
    de petits boudins bleus
    une rivière en ruban
    d’un bleu presque vert
    un pommier malingre
    en pieuvre aux longs bras
    une pomme parfaite
    en disque auréolé
    une ombre liquide
    en trace d’encre
    une herbe de poils jaunes
    en tapis de mousse dense
    une haie de plantes serrées
    en long muret tenace
    et le tout serait
    mon pays idéal
    rempli de traits
    verts jaunes et bleus

    Re-publication d’un poème de Luc Fayard écrit inspiré par Apple Tree de David Hockney

  • Anthologie Amavero des poèmes d’amour

    Bronzino (Agnolo di Cosimo) — Une allégorie avec Vénus et Cupidon (1545) – huile sur bois

    Les chairs d'albâtre de Vénus et de Cupidon s'entrelacent au premier plan d'une scène maniériste peuplée de figures allégoriques aux postures serpentines. Bronzino déploie une touche d'huile sur bois d'une virtuosité froide et émaillée, suspendant le jeu de la séduction et de la tromperie dans un théâtre précieux et cruel.

    Dans les 800 poèmes publiés par Amavero, nous avons sélectionné trente poèmes d’amour et nous les avons classés en trois courants :
    1. L’Élan : la promesse , la métamorphose du monde par l’amour, l’embrasement

    2. L’Absence : la distance, le manque, la nostalgie créatrice, la mémoire des corps, la fragilité des séparations

    3. L’Intime : le huis-clos amoureux, les rituels, la douceur complice…

    Aucune prétention académique dans nos choix, juste nos coups de cœur habituels, sur lesquels, pour une fois, nous avons calqué une structure dont le seul but est de vous aider à mieux rêver à l’amour !…

    Pour cela, nous avons aussi activé notre fonction de « résonance » : pour chaque poème, Amavero affiche une œuvre d’art de sa collection qui entre en résonance avec lui.

    PS: et pour le clin d’œil, Amavero se sent légitime à publier sa petite anthologie des poèmes d’amour puisqu’en latin son nom est le futur antérieur du verbe amo : j’aurai aimé !…

    N’hésitez pas à nous proposer vos poèmes d’amour préférés. S’ils sont validés par le Conseil artistique de l’assocation, nous les publions dans l’Anthologie des poèmes d’amour.
    Contactez-nous

    1. L’ÉLAN

    L’amour et la mort intimement liés, dans un drôle de futur.

    quand tu m’aimeras

    Luc Fayard

    quand tu m’aimeras
    j’ouvrirai la fenêtre
    sur un nouveau pays
    à la clarté profonde
    comme tes yeux
    la musique des arbres
    jouera tes partitions
    le vent frissonnera
    de ton murmure
    tes longues mains
    habilleront l’horizon
    mon cœur s’envolera
    en tourbillonnant
    et devant la croisée
    de lumière bleue
    éclairant ma vie
    je ne sais pas
    si je respirerai
    car je pourrai mourir
    quand tu m’aimeras

    mots-clés : promesse, envol, musique, fenêtre, horizon, émoi, trouble, vertige, ardeur, absolu, mort

    autres poèmes de Luc Fayard (dans Amavero)

    Une œuvre en résonance

    Richard Claremont — Sunshine and Skyline (2024) - acrylique sur panneau de lin

    Richard Claremont — Sunshine and Skyline (2024) – acrylique sur panneau de lin


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