au vent fripon de l’émotion les mots ne sont que poussière de terre labyrinthes inachevés sans traces limbes égarés dans l'impasse
en plein tourbillon de l’orage quelques uns parmi eux clignent des yeux ils nous disent les mots offerts au soleil ne sont jamais les plus beaux des cimetières
pour émouvoir un cœur en flammes et toucher ses sens Il faut aux mots dans la nuit profonde et noire un murmure d’âme bravant le silence au plus haut des interdits
alors viendra le temps de la révolte et de la grande ronde les mots tourneront comme des derviches claqueront comme des étendards voleront comme des lucioles dans un monde devenu enfin plus humain
Notre site d’art et de poésie amavero.fr offre à ses 7 000 visiteurs mensuels une fonction extraordinaire et inédite sur les sites culturels : la « résonance » entre un texte et une œuvre d’art.
Cette correspondance unique s’appuie sur la richesse de nos collections : 1 900 œuvres d’art et 850 poèmes à ce jour. Des chiffres qui évoluent constamment puisque notre rédaction publie quotidiennement.
Une expérience interactive qui marche dans les deux sens
L’immersion est totale et se renouvelle à chaque instant :
Du poème vers l’art : Lorsqu’un poème s’affiche en pleine page, une œuvre d’art surgit en dessous du texte pour enrichir la lecture.
De l’art vers la poésie : À l’inverse, la contemplation d’une œuvre d’art dévoile un titre de poème à découvrir.
Pour prolonger la surprise, le choix change à chaque rafraîchissement de page, offrant jusqu’à trois propositions différentes par contenu.
Exemple de résonance poésie => art
poème
questions
là-bas les cloches sonnent le glas d’un air las les entendrais-je à mon enterrement quel chemin sinueux suivra ce paysage dans mon cœur vibrant au gong du trépas…
(lire la suite…)
œuvre affichée
Joel-Peter Witkin — La Belle et La Bête (2017)
Exemple de résonance art => poésie
œuvre affichée
Edvard Munch — Morning, nude at the window (1902)
poème proposé
écho
elle est partie ne laissant dans la maison vide que l’écho de ses pas pressés un sillage invisible ses cheveux ondulants les molécules d’un parfum chaud sa peau le souvenir d’un murmure rauque sa voix chantante elle est partie et tout s’est arrêté
(lire la suite)
Des chemins différents : au-delà de l’illustration
Comment s’est créée cette résonance ? Il ne s’agit évidemment pas d’une application au premier degré comme on en voit trop souvent sur le web : j’écris un poème sur un arbre, donc je vous montre un arbre. Bien que louable, cette démarche purement illustrative manque d’évocation, n’est-ce pas!
Le choix d’Amavero est plus audacieux : afficher en parallèle des œuvres et des textes qui provoquent des sensations similaires, mais à travers des chemins différents. Tantôt évidents, tantôt surprenants, ces affichages dessinent un nouveau parcours artistique, où l’émerveillement littéraire et l’émotion visuelle se répondent. C’est la création de cette nouvelle sensation qui est l’ADN d’Amavero ! Nous croyons participer à une expérience artistique ou un plus un font un … mais un autre!
La potion magique : quand l’humain guide l’IA
Alors, comment a-t-on fabriqué cette correspondance ? Elle ne résulte d’aucun algorithme aléatoire. C’est le fruit d’un travail humain de curateur, de longues heures de recherche et d’un dialogue nourri avec l’Intelligence Artificielle.
L’aboutissement ? La création rigoureuse de 10 mots-clés par œuvre :
4 mots-clés contextuels (le sujet pur).
6 mots-clés sensibles (les atmosphères, les évocations, les émotions).
Nous avons passé des dizaines d’heures à former l’IA (plusieurs IA !) à notre processus de vision à travers des centaines de tests. Au début, l’exercice était périlleux. Sur un tableau figuratif, ChatGPT partait trop vite sur de fausses hypothèses liées aux formes et aux couleurs.
En fait, l’IA a cru voir tout de suite un ciel et un paysage avant de se poser d’autres questions ! Pour corriger le tir, nous lui avons appris à formaliser d’abord une opinion stricte sur le sujet réel d’un tableau (par exemple : est-ce une scène d’intérieur ou d’extérieur ?) avant d’imaginer les mots-clés sensibles les plus appropriés. Depuis, nous avons délaissé ChatGPT pour Gemini, que nous avons patiemment formé à nos consignes en essayant d’utiliser au maximum sa mémoire permanente, ce qui n’est pas un exercice simple ! Un choix que nous pouvons vous expliquer, si vous le souhaitez : contactez-nous
Une charte linguistique et sémantique en constante évolution
Pour que ce travail porte ses fruits, nous avons instauré une charte linguistique et sémantique extrêmement détaillée. Nous privilégions des mots simples et courts — ceux qu’un visiteur exprime naturellement face à une toile — tout en bannissant les concepts trop généraux (forme, ligne, espace, présence…). Nous essayons de regrouper les mots aux sens proches, etc.
Aujourd’hui, notre base sémantique témoigne de cette richesse :
450 mots-clés distincts.
19 055 associations image-mot.
316 mots-clés à forte occurrence (≥ 9).
Ce lexique est vivant. Nous analysons actuellement 134 mots rares pour les fusionner intelligemment et offrir des résonances toujours plus fertiles.
Trois fonctionnalités artistiques à tester dès maintenant
Amavero — Mosaïque de 9 œuvres d’art composée sur les mots « rêve » et « enfance »
Grâce à ce maillage de mots-clés, Amavero vous propose d’aller plus loin et de vous approprier la collection à travers trois fonctions que nous avons déjà publiées et que nous rappelons ici :
Devenez Commissaire de votre propre exposition : En combinant deux mots-clés de votre choix, le site génère instantanément une galerie sur mesure. (Découvrir par exemple notre sélection de 32 pages autour de Femme & Mystère.
Créez votre Mot-saïque : Générez une mosaïque exclusive de neuf œuvres d’art basée sur vos inspirations, prête à être sauvegardée ou imprimée. (Regardez la mosaïque composée sur Rêve et Enfance)
Trouvez un tableau en deux clics : Explorez la collection en toute liberté. (Pour faire grincer les algorithmes de la censure, testez le mot-clé [Nu (lien hypertexte vers la recherche)] et ses 44 œuvres disponibles).
là-bas les cloches sonnent le glas d’un air las les entendrais-je à mon enterrement quel chemin sinueux suivra ce paysage dans mon cœur vibrant au gong du trépas ira-t-il suinter jusqu’à l’âme
comment l’amour inconsistant par essence peut-il durer si longtemps à ne plus savoir qui il est ni pourquoi il t’incite encore à baiser fiévreusement ces lèvres amies peut-on mourir béat de passion après avoir vécu benêt de dévotion
l’infini des questions irrépétibles crée une montagne raide grimpant au ciel j’y marche perdu dans la brume des possibles la vie est un jet de dés un coup tu souris un coup tu meurs tu n’y peux rien c’est écrit mais où par qui
revenu de tout peut-on s’évanouir sans souffrir quand après la fournaise on espère un vent frais signe de renaissance et que vient à sa place le vent lourd de l’irrévocable délivrance
pour qu’enfin je comprenne l’incomplétude des destins humains il me faudra atteindre le haut de la montagne là je verrai tous les chemins converger vers elle après mille détours tous les cris tous les chants s’unir dans la même plainte qui deviendra silence tout finit ici où il n’y a plus de détours plus de cris plus de chants et surtout plus jamais de questions
Retour sur un joyeux événement artistique total (le 14 juin 2026) qui maria musique, poésie, dessins et peinture sur le thème « Le souffle de la forêt », du nom d’une des dernières compositions d’Anne de Boysson qui l’interpréta au piano, en clôture de concert. On joua, on dessina, on lut.
Un événement organisé par trois associations partenaires: L’Art en partage (Chaville), Amavero art et poésie (Jouy-en-Josas), Accords Majeurs (Conservatoire de Chaville).
Une semaine avant, une séance de dessins et peinture se déroula en forêt, au son du luth joué par Benoît Petitjean et avec un modèle vivant qui effectuait des gestes très lents.
Si vous voulez participer à ces événements gratuits, contactez nous.
Quelques œuvres réalisées en live dans la forêt
Nathalie-Claire Fournier — Sans titre 2 , Le souffle de la forêt (2026) graphite et aquarelle
Maya Roux – Sans titre – Le souffle de la forêt (2026
Bénédicte Ducrocq — Sans titre 3, Le Souffle de la forêt (2026)
Valérie Sizaret — Leporello Le Souffle de la forêt (2026) – peint à deux mains en écoutant un Schumann à quatre mains
Extraits du concert
Le souffle de la forêt
(piano)
composée et interprété au piano par Anne de Boysson
L’oiseau prophète
(flûte et piano)
de Robert Schumann, transcription de Leopold Auer pour flûte et piano, par Florence Mulertt et Véronique Baron
Scènes de la forêt
(flûte, clarinette, piano)
de Mel Bonis. Nocture invocation, pour Artemis; pour flûte, cor (joué à la clarinette) et piano, par Florence Mulertt, Pascal Fuchs et Véronique Baron
La forêt dans la poésie, avec quelques exemples (choisis dans Amavero)
Chez les poètes d’hier, la forêt commence très fleur bleue, voire gnangnan :
Ô Forêt, tu fus bonne, en laissant le désir Fleurir, ardente fleur, au sein de ta verdure. L’ombre devint plus fraîche: un frisson de plaisir Enchanta les deux cœurs et toute la nature.
Rémy de Gourmont (1858-1915) – on ne lui en veut pas car il était aussi journaliste et critique d’art.
Puis rapidement , heureusement, elle devient rêveuse :
Un long bras timbré d’or glisse du haut des arbres Et commence à descendre et tinte dans les branches. Les feuilles et les fleurs se pressent et s’entendent. J’ai vu l’orvet glisser dans la douceur du soir.
Léon-Paul Fargue (1876-1947) et son « Nocturne » qui est peut-être un de mes Top 10, surtout quand il dit à la fin et, là, vous pouvez pleurer
Les barques de la nuit sont prêtes à partir
et il finit par
Tout sera consommé, tout sera pardonné, La peine sera fraîche et la forêt nouvelle, Et peut-être qu’un jour, pour de nouveaux amis, Dieu tiendra ce bonheur qu’il nous avait promis.
Débarrassée de ses miasmes, la forêt peut alors s’envoler avec des ailes surréalistes et si vous ne comprenez pas c’est normal, il faut une explication de texte (que je ne vous donnerai pas) :
Les forêts ont leurs feuillures secrètes leurs nids de miel de hiboux du bal et leurs anneaux de chiffon d’émail de lumière pour habiller les fées
Edmond Jabès (1912-1991)
Elle devient même fusion avec l’homme :
Avec ma seule raison, avec mes doigts, avec de lentes eaux lentes inondées, je tombe au royaume des myosotis, à une tenace atmosphère de deuil, à une salle oubliée, déchue, à une grappe de trèfles amers.
c’est bien sûr l’inégalable chilien Pablo Neruda (1904-1973) qui sera mon regret éternel de ne pas lire l’espagnol. Vous connaissez son vrai nom ? Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto, c’est sûr qu’il ne pouvait pas signer avec ce nom !
Mais la forêt est aussi inquiétante :
une pluie de longues tiges inquiète nos pas tombe comme on tombe parfois dans sa propre vie
Hélène Dorion, née en 1958, la poétesse québécoise au programme du bac, premier poète vivant à connaître cette distinction. Bon, sur la poésie d’Hélène Dorion, chacun son opinion…
Elle peut aussi être froide et sans envie :
Il y a des morceaux de bois Qui n’ont pas l’air d’accord Pour être de la terre,
Qui n’ont pas l’air d’accord Pour être de la vie,
Qui sont froids, Qui s’ennuient,
le breton Guillevic (1907-1997) dans son recueil de 1942 Terraqué (qui est un vieil adjectif de français : composé de terre et d’eau)
Alors la forêt grimpe en fureur elle devient détestable :
C’est le chaudron de la plante Tout est démesuré Les arbres sont des cathédrales de bois de fer Ou des herbes folles plus hautes que des clochers On n’y voit pas à deux pas Et l’on étouffe sous les moustiquaires
C’est évidemment Blaise Cendrars. dans Feuilles de route, 1924, à propos de son voyage au Brésil.
Et enfin, peut-être , remise de toutes ses fureurs, la forêt finit apaisée, et c’est sans doute celle qu’on aime :
je me promenais sous les couleurs voûtées des frondaisons les arbres s’inclinaient pour abriter mes pensées je marchais sur les tapis teints de l’orient doux comme le tamis des souvenirs anciens la journée s’étirait en petits carrés d’infini
tu te souviens d’elle mais ce n’est pas elle ni son fantôme juste l’image fardée de tes préjugés
le souvenir en émoi te fait rentrer en toi comme l'ours dans sa caverne qui se terre et hiberne
il est poison mensonge tueur de couleurs passées voileur de songe sur paysage dispersé courbe impossible filtre d’humeur créant l'incrédible d'un monde d'ailleurs
le seul espoir est devant toi
allume un feu de lumières bleues va cherche des chemins à embrasser sans mirage sans impasse sans trace à effacer qui te clouerait sur place
ta vie est ce chemin qui avance où tu ris où tu danses
Un pommier chargé de pommes vertes se dresse au bord d’une rivière, sa ramure éclatante se détachant sur un ciel gribouillé de courtes touches blanches et bleues. David Hockney compose le paysage en aplats de vert vif et de jaune, où l’herbe et l’eau semblent vibrer sous une lumière presque électrique.
je voudrais un ciel en labyrinthe de petits boudins bleus une rivière en ruban d’un bleu presque vert un pommier malingre en pieuvre aux longs bras une pomme parfaite en disque auréolé une ombre liquide en trace d’encre une herbe de poils jaunes en tapis de mousse dense une haie de plantes serrées en long muret tenace et le tout serait mon pays idéal rempli de traits verts jaunes et bleus
Re-publication d’un poème de Luc Fayard écrit inspiré par Apple Tree de David Hockney
Bronzino (Agnolo di Cosimo) — Une allégorie avec Vénus et Cupidon (1545) – huile sur bois
Les chairs d'albâtre de Vénus et de Cupidon s'entrelacent au premier plan d'une scène maniériste peuplée de figures allégoriques aux postures serpentines. Bronzino déploie une touche d'huile sur bois d'une virtuosité froide et émaillée, suspendant le jeu de la séduction et de la tromperie dans un théâtre précieux et cruel.
Dans les 800 poèmes publiés par Amavero, nous avons sélectionné trente poèmes d’amour et nous les avons classés en trois courants : 1. L’Élan : la promesse , la métamorphose du monde par l’amour, l’embrasement
2. L’Absence : la distance, le manque, la nostalgie créatrice, la mémoire des corps, la fragilité des séparations
3. L’Intime : le huis-clos amoureux, les rituels, la douceur complice…
Aucune prétention académique dans nos choix, juste nos coups de cœur habituels, sur lesquels, pour une fois, nous avons calqué une structure dont le seul but est de vous aider à mieux rêver à l’amour !…
Pour cela, nous avons aussi activé notre fonction de « résonance » : pour chaque poème, Amavero affiche une œuvre d’art de sa collection qui entre en résonance avec lui.
PS: et pour le clin d’œil, Amavero se sent légitime à publier sa petite anthologie des poèmes d’amour puisqu’en latin son nom est le futur antérieur du verbe amo : j’aurai aimé !…
N’hésitez pas à nous proposer vos poèmes d’amour préférés. S’ils sont validés par le Conseil artistique de l’assocation, nous les publions dans l’Anthologie des poèmes d’amour. Contactez-nous
1. L’ÉLAN
L’amour et la mort intimement liés, dans un drôle de futur.
quand tu m’aimeras
Luc Fayard
quand tu m’aimeras j’ouvrirai la fenêtre sur un nouveau pays à la clarté profonde comme tes yeux la musique des arbres jouera tes partitions le vent frissonnera de ton murmure tes longues mains habilleront l’horizon mon cœur s’envolera en tourbillonnant et devant la croisée de lumière bleue éclairant ma vie je ne sais pas si je respirerai car je pourrai mourir quand tu m’aimeras