art-ancien-classiquePiero della Francesca : Madonna del parto (1459)
art-modernePaul Signac – Saint-Tropez. La bouée rouge (1895)
Les petits ploc de la pluie dans nos flaques noires rappelleront toujours la nuit des temps. Cette nuit, personne ne la connaît. C’est trop haut c’est trop loin, mais on sait que la pluie a traversé depuis toujours un tambour et un alphabet. […] Il faudra bien finir un jour. Un jour, on ne cherchera plus. On sera des funambules sans un fil, dans les bourrasques du Bon Dieu. Ou dans l’orage de son absence ; ou n’importe où, là où on nous aura trouvés. source : Le Carnet et les Instants Opus 26 suivi de Je cherche mes mots, Le Taillis Pré, 2026 Une tasse d’étonnement : anthologie (1985–2023), Le Taillis Pré, 2026 Lucien Noullez (1957-2023), poète, diariste et critique littéraire belge, grand amateur de musique Mon dieu, tirez de moi ce sang d’encre cette âme poulpe qui me plombe devant le malheur et si vous n’existez pas, faites un effort, trouvez le nuage la plume blanche ou le rire qui vous donne à vivre. Je n’ai plus de demeure en moi, mon dieu, venez dans ce trou qui m’écorche dans cette gorge qui m’écroue, dans la musique qui s’absente, ou bien ne venez pas mais laissez votre solitude verser ma solitude devant vous. […] Qui tracerait la route? Assieds-toi. Même dans cette ville les martinets remuent. Tu entends des clameurs par la fenêtre car il fait assez chaud pour vivre. C’est la nuit. Tu n’es pas seul ou alors tu es tellement seul que tu te penches sur la branche toi, qui ne portes même pas un nom d’oiseau. Qui parlerait, dans ces rumeurs? Un train vieux? Une vieille enfance? Assieds-toi. Pour apprendre à voler il te manque une trace. Assieds-toi. Sur la table commune, il reste une chanson. Prends une chaise, mon ami. source : Des mots et de des notes
Lucien Noullez : Poèmes, extraits (2026)
art-ancien-classiqueMarguerite Gérard et Jean-Honoré Fragonard – Le Chat Angora (1783-1785)
Cosa aspetti sull’uscio della mia casa? È l’alba sono sola e ho paura Cosa cerchi nel vuoto delle mie stanze? Sono sola e gli specchi ho rivoltato. Qu’attends-tu sur le seuil de ma maison ? C’est l’aube je suis seule et j’ai peur Que cherches-tu dans le vide des pièces que j’habite ? Je suis seule et j’ai retourné les miroirs. […] Non ricordo l’inizio del discorso ricordo che improvviso il temporale confuse le tue ciglia i miei pensieri Je ne me souviens pas de ce que nous disions je me souviens que brusquement l’orage a confondu tes yeux et mes pensées […] La sera ripensa il giorno assomma le ore di luce. Cerca di ordibare l’insensato cadere dei colori la chiave d’una vita che dura solo dodici ore. Le soir revient sur le jour rassemble les heures de lumière. Cherche à ordonner la chute insensée des couleurs la clef d’une vie qui dure rien de plus que douze heures. […] Ancestrale, poèmes ; traduits par Nathalie Castagné, éditions du Tripode, 2021 Goliarda Sapienza (1924-1996) source : onarretetout dans main tenant
Goliarda Sapienza : Ancestrale (2021) – extraits
art-moderneKároly Ferenczy – Gitane endormie (1915)
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