Forough Farrokzâd : Love Song/Chanson d’amour/

The night is painted by your dream
Your perfume fills my lungs to extreme
You are a feast for my eye!
All shapes of woe you belie
As the body of earth is washed by rain
From my soul you cleanse all stain!
In my burning body you are a turning gyre
In the shade of my eyelashes you are a blazing fire.
You are more verdant than a wheat field!
More fruit than golden boughs you yield!
To the suns you open the gate
To counteract dark doubt’s spate
With you there is nothing to fear
But the pain of joyful tear
This sad heart of mine and profuse light?
This din of life in the abyss of blight?
The glance in your eyes is my field
And with it my eyes are sealed
Before this I had no other image
Or I would not but you envisage
The pain of love is a dark pain
Going and demeaning oneself in vain
Learning against people with black sight
Defiling oneself with the filth of spite
Finding in caresses venom of wile
Finding villainy in friend’s smile
Handing gold coins to the marauding band
Getting lost in the midst of the bazaar land
With my soul united you will be
From grave you will raise me
Like a star on wings decked with gold
You come from a land untold.
You alleviate sorrow’s pang
Flooding my body with embrace’s tang
You are a stream flowing onto my dry breast
My bed of my veins with your water is blest
Within a world which on darkness does feed
With every step you take I proceed
Underneath my skin you go!
There like blood you flow
Burning my tresses with a fondling hand
Flushing my checks with an urging demand
You are a stranger to my gown
An acquaintance with my body’s lawn
You are a shining sun that never dies
A sun that rises in Southern skies
You are fresher than first light
Fresher than spring, a luster sight
This is no longer love: this is pride
A chandelier that in silence and darkness died
When love did my heart entice
I was filled with a sense of sacrifice
This is no longer me, this is no longer me
My life with my ego amounted to a null degree
My lips your kisses prize
Your lips are the temple of my eyes
In me your stir a great rhapsody
Your curves are an attire on my body
O how I crave to sprout
And my joy with sorrow shout
O how I wish to rise
And my eyes with tears baptize
This forlorn heart of mine and incense perfume?
The music of harp and lyre in a prayer room?
This void and these flights?
These songs and these silent nights?
Your glance is a wondrous lullaby
Cradling restless babes thereby
Your breath is a transcendental breeze
Washing off me tremors of unease
Finding in my morrows a place to sleep
Permeating my world deep and deep
In me the passion for poetry you inspire
Over my lays you cast instant fire
You kindled my passionate desire
Thus setting my poems afire.

La nuit est peinte par ton rêve
Ton parfum gonfle mes poumons à l’extrême
Tu es un régal pour mes yeux !
Tu crois à toutes les formes de la souffrance
Comme la pluie lave le corps de la terre
De mon âme, tu purifies toute souillure !
Dans mon corps brûlant, tu es un tourbillon
À l’ombre de mes cils, tu es un feu ardent.
Tu es plus verdoyant qu’un champ de blé !
Tu portes plus de fruits que des branches dorées !
Aux soleils, tu ouvres la porte
Pour contrer le flot du sombre doute
Avec toi, il n’y a rien à craindre
Si ce n’est la douleur des larmes de joie
Ce cœur triste qui est le mien et cette lumière abondante ?
Ce tumulte de la vie dans l’abîme du désespoir ?
Le regard dans tes yeux est mon champ
Et avec lui, mes yeux sont scellé
Avant cela, je n’avais d’autre image
Ou je n’en aurais pas eu si tu ne l’avais imaginée
La douleur de l’amour est une douleur obscure
Aller se rabaisser en vain
Apprendre à se méfier de ceux qui ont le regard noir
Se souiller de la fange de la rancune
Trouver dans les caresses le venin de la ruse
Trouver la perfidie dans le sourire ami
Donner des pièces d’or à la bande de pillards
Se perdre au cœur du bazar
Avec mon âme unie à la tienne
Tu me ressusciteras de la tombe
Telle une étoile aux ailes d’or
Tu viens d’une terre inconnue.
Tu apaises la douleur du chagrin
Tu inondes mon corps de la saveur de ton étreinte
Tu es un flux qui coule sur ma poitrine desséchée
Le lit de mes veines est béni de ton eau
Dans un monde qui se nourrit des ténèbres
À chaque pas que tu fais j’avance
Tu passes sous ma peau !
Là comme le sang tu coules
Brûlant mes tresses d’une main caressante
Illuminant mes joues d’une demande pressante
Tu es un étranger à ma robe
Une connaissance de la pelouse de mon corps
Tu es un soleil éclatant qui jamais ne s’éteint
Un soleil qui se lève dans le ciel du Sud
Tu es plus frais que l’aube
Plus frais que le printemps, un spectacle resplendissant
Ce n’est plus de l’amour : c’est de l’orgueil
Un lustre qui s’éteint dans le silence et les ténèbres
Quand l’amour a séduit mon cœur
J’étais emplie d’un sentiment de sacrifice
Ce n’est plus moi, ce n’est plus moi
Ma vie avec mon ego s’est réduite à néant
Mes lèvres chérissent tes baisers
Tes lèvres sont le temple de mes yeux
En moi, tu fais naître une grande rhapsodie
Tes courbes sont une parure sur mon corps
Oh comme je désire éclore
Et que ma joie se mêle à ma douleur
Oh comme je souhaite m’élever
Et baptiser mes yeux de larmes
Ce cœur désolé qui est le mien et ce parfum d’encens ?
La musique de la harpe et de la lyre dans une salle de prière ?
Ce vide et ces envolées ?
Ces chants et ces nuits silencieuses ?
Ton regard est une berceuse merveilleuse, Berçant ainsi les enfants agités.
Ton souffle est une brise transcendante, Dissipant mes frissons d’inquiétude
Trouvant dans mes lendemains un lieu où dormir,
Imprégnant mon monde au plus profond.
En moi la passion pour la poésie que tu inspires
Tu répands sur moi un feu instantané.
Tu as allumé mon désir ardent
Embrasant ainsi mes poèmes

Another Birth, Selected Poems Translated by Ali Salami. Publication Modern Persian Poetry

Une œuvre en résonance


Anne Schuller - Temple de L'Amour

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