Sur la roue de la nuit tressés
dorment les perdus
dans les couloirs tonitruants en bas,
mais où nous sommes est la lumière.
Nous avons les bras chargés de fleurs,
mimosas de tant d’années ;
de l’or tombe de pont en pont
sans un souffle dans la rivière.
Froide est la lumière,
encore plus froide la pierre devant le porche,
et les conques des fontaines
sont déjà à demi vidées.
Qu’adviendra-t-il si, pris de nostalgie
jusqu’aux cheveux fuyants,
nous demeurons ici et demandons: qu’adviendra-t-il
si nous soutenons l’épreuve de la beauté ?
Sur les chars glorieux de la lumière,
même veillant, nous sommes perdus,
sur les champs des génies en haut,
mais où nous ne sommes pas est la nuit.
Toute personne qui tombe a des ailes. Poèmes 1942-1967. nrf/Poésie/Gallimard, 2015
source
1926-1973. Autrichienne
