Auteur : Luc Fayard

  • Partition de poésique : temps de pluie

    Partition de poésique « temps de pluie » (violon et texte)

    temps de pluie © 2024 by Luc Fayard, Chantal Hannes, Éditions Amavero
    is licensed under CC BY-NC-SA

    Licence CC BY NC SA

    Voir autres partitions de poésique

  • lézard

    si j’étais philosophe
    serein sur mon muret
    j’égrènerais les strophes
    par les ans tempérées

    je vivrais reposé
    dans les effluves d’herbe
    et les fleurs arrangées
    en de subtiles gerbes

    étendu sur mon lit
    de galets et de mousse
    les heures sans folie
    me feraient l’âme douce

    enfin libre d’envies
    ni joyeux ni peiné
    je jouirais de ma vie
    pour des milliards d’année

    Texte de Luc Fayard; voir la mise en scène, inspiré par la sculpture Lézard des murailles, d’Alain Courtaigne dans Galerie Amavero

  • mythe

    la nostalgie de l’enfance
    est le mythe du paradis
    on s’imagine avoir vécu
    l’innocence du monde
    alors qu’on n’était que jouet
    griffé par le hasard
    bateau de papier
    secoué par la brise du lac
    cerf-volant échappé de son fil

    l’inconscience angélique
    suffisait à transcender
    les silences et les sourires
    les caresses et les comptines

    l’infinie douceur de la peau
    nous tenait lieu de cocon
    son odeur tiède nous abritait
    des miasmes du monde

    quand avec le temps
    qui martèle et rouvre
    les cicatrices
    on se rend compte
    de la supercherie
    qui nous a suggérée
    un bonheur flou
    l’odieuse découverte
    nous fait un trou à l’âme

    alors on ne sait plus
    quelle fut l’enfance vécue
    perdant l’équilibre
    on marche en crabe ahuri
    de la difficulté d’être adulte

    et dans les mensonges
    du souvenir
    on ne garde en soi
    que l’absence hurlante de réponse
    à la seule question existentielle

    la réalité de l’amour

    parents chérissez vos enfants
    et surtout montrez-leur
    comment vous les aimez

    Texte de Luc Fayard ; voir la mise en scène illustrée par des œuvres d’art contemporain dans Galerie Amavero

  • mythe (illustré par 15 œuvres d’art contemporain)

    Chaé
    James-Edward-Actes
    Joan Heardley
    Brigitte Spinelli
    Romualdas Petrauskas
    Berit Hildre
    Kenne Gregoire

    mythe

    la nostalgie de l’enfance
    est le mythe du paradis
    on s’imagine avoir vécu
    l’innocence du monde
    alors qu’on n’était que jouet
    griffé par le hasard
    bateau de papier
    secoué par la brise du lac
    cerf-volant échappé de son fil

    l’inconscience angélique
    suffisait à transcender
    les silences et les sourires
    les caresses et les comptines

    l’infinie douceur de la peau
    nous tenait lieu de cocon
    son odeur tiède nous abritait
    des miasmes du monde

    quand avec le temps
    qui martèle et rouvre
    les cicatrices
    on se rend compte
    de la supercherie
    qui nous a suggérée
    un bonheur flou
    l’odieuse découverte
    nous fait un trou à l’âme

    alors on ne sait plus
    quelle fut l’enfance vécue
    perdant l’équilibre
    on marche en crabe ahuri
    de la difficulté d’être adulte

    et dans les mensonges
    du souvenir
    on ne garde en soi
    que l’absence hurlante de réponse
    à la seule question existentielle

    la réalité de l’amour

    parents chérissez vos enfants
    et surtout montrez-leur
    comment vous les aimez

    Anne Gorouben
    Dephine Caraz
    Albert-Samuel Anker
    Abdalla Al-Omari
    Anonyme Burkina
    Pavel Pavel
    Jan Šplíchal
    Catherine Franck
  • inutiles mains

    quatre milliards d’années
    à construire la vie
    quelques décennies 
    pour la détruire
    il est trop tard
    les mains ont beau
    surgir de l’eau
    magnifiques
    pour crier au secours
    et tenter de soutenir 
    les murs branlants
    de notre aveuglement
    il est trop tard
    rentrez sous l’eau
    membres de l’espoir inutile
    cachez-vous
    laissez crouler le monde 
    devenu fou 
    Venise aussi mourra
    campagnes et villes
    se noieront 
    ne faisant plus dans l’eau
    que de petits ronds
    s’amenuisant
    et nos enfants pleureront

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture « Support » de Lorenzo Quinn, à Venise (2017)

  • inutiles mains

    Sculpture représentant deux énormes mains émergeant de l'eau, situées près d'un bâtiment à Venise, symbolisant un appel à l'aide ou une lutte contre la montée des eaux.
    Lorenzo Quinn – Support (2017) – sculpture à Venise

    quatre milliards d’années
    à construire la vie
    quelques décennies
    pour la détruire
    il est trop tard
    les mains ont beau
    surgir de l’eau
    magnifiques
    pour crier au secours
    et tenter de soutenir
    les murs branlants
    de notre aveuglement
    il est trop tard
    rentrez sous l’eau
    membres de l’espoir inutile
    cachez-vous
    laissez crouler le monde
    devenu fou
    Venise aussi mourra
    campagnes et villes
    se noieront
    ne faisant plus dans l’eau
    que de petits ronds
    s’amenuisant
    et nos enfants pleureront

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture « Support » de Lorenzo Quinn, à Venise (2017)

  • la lune pleure

    je n’irai pas décrocher la lune
    je la laisse où elle est
    pour que perdurent mes rêves
    les soirs de grise mine
    quand je lève la tête
    et m’imagine
    un monde moins dur
    aux vallons embrumés

    bleutée au loin
    dans mes nuits d’insomnie
    elle m’envoie de son coin
    des mots d’amour attendris

    depuis des siècles
    ni astre ni matière
    la lune n’est que prières
    supplications espoirs
    larmes et joies
    sphère aspirant
    les émotions du monde
    qui montent vers elle

    surtout
    ne pas la prendre
    dans ses bras
    qu’elle reste là-haut
    au chaud
    à nous regarder
    la tête penchée

    quel plaisir alors
    de suivre sa courbe
    dans le ciel rose
    pour que la nuit durant
    respirant autre chose
    que le fardeau de l’âge
    mon âme légère
    s’élève jusqu’à elle
    comme une feuille d’or
    libérée de la gravité

    vous ne le saviez pas
    la lune parfois
    verse une larme
    mais ça ne se voit pas
    ces nuits-là elle se cache
    au fond des nuages

    aujourd’hui la lune est triste
    elle chante lasse
    pour que les cœurs tendres
    entendent son sélène soupir

    il dit
    pauvres humains
    je vous aimais bien
    mais vous avez cassé votre jouet
    plus rien ne sera comme avant
    aujourd’hui je ne peux retenir
    ni les vents de l’enfer ni les raz de marée
    vous mourrez par l’eau et par le feu
    que vous n’avez pas su contenir

    la lune c’est affreux
    une nuit bientôt
    va nous dire adieu
    couchée pour de bon
    loin du regard des hommes
    implosant de mille cratères
    aplatie comme une serpillère

    alors sur la terre ronde
    la mer en furie
    pourra lâcher
    ses vagues titanesques
    et les vents tourbillonner
    en arabesques
    siphons libérant les tsunamis
    de la fin du monde

    regardez bien
    la lune pleure
    en son recoin
    sur le malheur


    Texte de Luc Fayard illustré par 32 œuvres d’art contemporain.
    Voir la version illustrée

  • la lune pleure (illustré par 32 œuvres d'art contemporain)



    la lune pleure

    je n’irai pas décrocher la lune
    je la laisse où elle est
    pour que perdurent mes rêves
    les soirs de grise mine
    quand je lève la tête
    et m’imagine
    un monde moins dur
    aux vallons embrumés

    bleutée au loin
    dans mes nuits d’insomnie
    elle m’envoie de son coin
    des mots d’amour attendris

    depuis des siècles
    ni astre ni matière
    la lune n’est que prières
    supplications espoirs
    larmes et joies
    sphère aspirant
    les émotions du monde
    qui montent vers elle

    surtout
    ne pas la prendre
    dans ses bras
    qu’elle reste là-haut
    au chaud
    à nous regarder
    la tête penchée

    quel plaisir alors
    de suivre sa courbe
    dans le ciel rose
    pour que la nuit durant
    respirant autre chose
    que le fardeau de l’âge
    mon âme légère
    s’élève jusqu’à elle
    comme une feuille d’or
    libérée de la gravité

    vous ne le saviez pas
    la lune parfois
    verse une larme
    mais ça ne se voit pas
    ces nuits-là elle se cache
    au fond des nuages

    aujourd’hui la lune est triste
    elle chante lasse
    pour que les cœurs tendres
    entendent son sélène soupir

    il dit
    pauvres humains
    je vous aimais bien
    mais vous avez cassé votre jouet
    plus rien ne sera comme avant
    aujourd’hui je ne peux retenir
    ni les vents de l’enfer ni les raz de marée
    vous mourrez par l’eau et par le feu
    que vous n’avez pas su contenir

    la lune c’est affreux
    une nuit bientôt
    va nous dire adieu
    couchée pour de bon
    loin du regard des hommes
    implosant de mille cratères
    aplatie comme une serpillère

    alors sur la terre ronde
    la mer en furie
    pourra lâcher
    ses vagues titanesques
    et les vents tourbillonner
    en arabesques
    siphons libérant les tsunamis
    de la fin du monde

    regardez bien
    la lune pleure
    en son recoin
    sur le malheur

    Domenico Amato

    Texte de Luc Fayard illustré par 32 œuvres d’art contemporain

    Cette fois-ci je me suis contenté de chercher dans la base d’œuvres d’art contemporain Nicole’s Museum celles qui avaient une lune : aussi bête que cela ! Où l’on voit que la lune libère les imaginations !…

    Auteurs des oeuvres (de haut en bas, de gauche à droite, autour du texte, puis en dessous) :
    Gani Kistauov, Whelan, Paul Lancaster, Federico Garcia-Lorca, Yuri Laptev, Phyllis Jackson, André Masson, Adrian Borda, Annie Stegg-Gerard, Hector Acevedo, Arseniy Lapin, Juan-F. Beja, Kashinath Chawan
    , Mils Bertho, Josep Guinovart, Domenico Amato, Richard Chalmers, Rithika Merchant, Dominika Morariu, Barbara Allaert, Alice Assouline, Peter Doig, Carson Ellis, Olivier de Rivaz, Joanne Delomba, Bronu Novelli, Yui Sakamoto, John-Henry Toney, Katsushika Hokusai, Michel Naze, Peter Harskamp, Linda Vachon

    Lire également le le poème en version texte seul.

  • lumière du soir

    Claire Gruson – Lumière du soir

    on entend craquer
    la vieille charpente
    et les poutres lasses
    la lumière appose
    son filtre d’or tamisé
    sur la pièce alanguie
    le canapé attend
    son visiteur du soir
    venu d’un pas lent
    il franchira la porte
    se penchera pour saisir
    l’ouvrage hier délaissé
    et s’assiéra encore
    pour lire lentement
    le bras sur l’accoudoir
    quelque part
    dans la maison
    une horloge fatiguée
    décompte le temps

    Texte de Luc Fayard inspiré par Lumière du soir, de Claire Gruson

  • lézard

    Alain Courtaigne – Lézard des murailles (2020)

    si j’étais philosophe
    serein sur mon muret
    j’égrènerais des strophes
    par les ans tempérées

    je vivrais reposé
    dans les effluves d’herbe
    et des fleurs arrangées
    en de subtiles gerbes

    étendu sur mon lit
    de galets et de mousse
    les heures sans folie
    me rendraient l’âme douce

    ainsi libre d’envies
    ni joyeux ni peiné
    je jouirais de ma vie
    pour des milliards d’année

    Texte de Luc Fayard, inspiré par la sculpture Lézard des murailles, d’Alain Courtaigne. 2020, taille directe de grès, longueur 150 cm