
Deux mains monumentales jaillissent des eaux de la lagune pour soutenir la façade d'un palais vénitien menacé par la marée. Lorenzo Quinn érige cette sculpture pour souligner la fragilité patrimoniale face aux éléments, conjurant l'engloutissement par une étreinte protectrice.
quatre milliards d’années
à construire la vie
quelques décennies
pour la détruire
il est trop tard
les mains ont beau
surgir de l’eau
magnifiques
pour crier au secours
et tenter de soutenir
les murs branlants
de notre aveuglement
il est trop tard
rentrez sous l’eau
membres de l’espoir inutile
cachez-vous
laissez crouler le monde
devenu fou
Venise aussi mourra
campagnes et villes
se noieront
ne faisant plus dans l’eau
que de petits ronds
s’amenuisant
et nos enfants pleureront
Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture « Support » de Lorenzo Quinn, à Venise (2017)

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