• Le souffle de la forêt

    Affiche du programme 'Souffle de la Forêt' présentant une exposition d'œuvres de Martine Durou et Maya Roux, ainsi que des poèmes de Luc Fayard. Détails sur la date et l'événement.
    Affiche du concert avec un programme détaillant des pièces musicales de Mel Bonis, Robert Schumann, Antonin Dvorak et Anne de Boysson, ainsi que des lectures poétiques.

    Retour sur un joyeux événement artistique total (le 14 juin 2026) qui maria musique, poésie, dessins et peinture sur le thème « Le souffle de la forêt », du nom d’une des dernières compositions d’Anne de Boysson qui l’interpréta au piano, en clôture de concert. On joua, on dessina, on lut.

    Un événement organisé par trois associations partenaires: L’Art en partage (Chaville), Amavero art et poésie (Jouy-en-Josas), Accords Majeurs (Conservatoire de Chaville).

    Une semaine avant, une séance de dessins et peinture se déroula en forêt, au son du luth joué par Benoît Petitjean et avec un modèle vivant qui effectuait des gestes très lents.

    Si vous voulez participer à ces événements gratuits, contactez nous.

    Quelques œuvres réalisées en live dans la forêt

    Nathalie-Claire Fournier — Sans titre 2 , Le souffle de la forêt (2026) graphite et aquarelle
    Maya Roux – Sans titre – Le souffle de la forêt (2026
    Bénédicte Ducrocq — Sans titre 3, Le Souffle de la forêt (2026)

    Extraits du concert

    Le souffle de la forêt

    (piano)

    composée et interprété au piano par Anne de Boysson

    L’oiseau prophète

    (flûte et piano)

    de Robert Schumann, transcription de Leopold Auer pour flûte et piano, par Florence Mulertt et Véronique Baron

    Scènes de la forêt

    (flûte, clarinette, piano)

    de Mel Bonis. Nocture invocation, pour Artemis; pour flûte, cor (joué à la clarinette) et piano, par Florence Mulertt, Pascal Fuchs et Véronique Baron

    La forêt dans la poésie, avec quelques exemples (choisis dans Amavero)

    Chez les poètes d’hier, la forêt commence très fleur bleue, voire gnangnan :

    Ô Forêt, tu fus bonne, en laissant le désir
    Fleurir, ardente fleur, au sein de ta verdure.
    L’ombre devint plus fraîche: un frisson de plaisir
    Enchanta les deux cœurs et toute la nature.

    Rémy de Gourmont (1858-1915) – on ne lui en veut pas car il était aussi journaliste et critique d’art.

    Puis rapidement , heureusement, elle devient rêveuse :

    Un long bras timbré d’or glisse du haut des arbres
    Et commence à descendre et tinte dans les branches.
    Les feuilles et les fleurs se pressent et s’entendent.
    J’ai vu l’orvet glisser dans la douceur du soir.

    Léon-Paul Fargue (1876-1947) et son « Nocturne » qui est peut-être un de mes Top 10, surtout quand il dit à la fin et, là, vous pouvez pleurer

    Les barques de la nuit sont prêtes à partir

    et il finit par

    Tout sera consommé, tout sera pardonné,
    La peine sera fraîche et la forêt nouvelle,
    Et peut-être qu’un jour, pour de nouveaux amis,
    Dieu tiendra ce bonheur qu’il nous avait promis.

    Débarrassée de ses miasmes, la forêt peut alors s’envoler avec des ailes surréalistes et si vous ne comprenez pas c’est normal, il faut une explication de texte (que je ne vous donnerai pas) :

    Les forêts ont leurs feuillures secrètes
    leurs nids de miel de hiboux du bal
    et leurs anneaux de chiffon d’émail de lumière
    pour habiller les fées

    Edmond Jabès (1912-1991)

    Elle devient même fusion avec l’homme :

    Avec ma seule raison, avec mes doigts,
    avec de lentes eaux lentes inondées,
    je tombe au royaume des myosotis,
    à une tenace atmosphère de deuil,
    à une salle oubliée, déchue,
    à une grappe de trèfles amers.

    c’est bien sûr l’inégalable chilien Pablo Neruda (1904-1973) qui sera mon regret éternel de ne pas lire l’espagnol. Vous connaissez son vrai nom ? Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto, c’est sûr qu’il ne pouvait pas signer avec ce nom !

    Mais la forêt est aussi inquiétante :

    une pluie
    de longues tiges
    inquiète nos pas
    tombe comme on tombe
    parfois dans sa propre vie

    Hélène Dorion, née en 1958, la poétesse québécoise au programme du bac, premier poète vivant à connaître cette distinction. Bon, sur la poésie d’Hélène Dorion, chacun son opinion…

    Elle peut aussi être froide et sans envie :

    Il y a des morceaux de bois
    Qui n’ont pas l’air d’accord
    Pour être de la terre,

    Qui n’ont pas l’air d’accord
    Pour être de la vie,

    Qui sont froids,
    Qui s’ennuient,

    le breton Guillevic (1907-1997) dans son recueil de 1942 Terraqué (qui est un vieil adjectif de français : composé de terre et d’eau)

    Alors la forêt grimpe en fureur elle devient détestable :

    C’est le chaudron de la plante
    Tout est démesuré
    Les arbres sont des cathédrales de bois de fer
    Ou des herbes folles plus hautes que des clochers
    On n’y voit pas à deux pas
    Et l’on étouffe sous les moustiquaires

    C’est évidemment Blaise Cendrars. dans Feuilles de route, 1924, à propos de son voyage au Brésil.

    Et enfin, peut-être , remise de toutes ses fureurs, la forêt finit apaisée, et c’est sans doute celle qu’on aime :

    je me promenais
    sous les couleurs
    voûtées
    des frondaisons
    les arbres s’inclinaient
    pour abriter mes pensées
    je marchais sur les tapis
    teints de l’orient
    doux comme le tamis
    des souvenirs anciens
    la journée s’étirait
    en petits carrés d’infini

    Luc Fayard. Texte inspiré par le tableau Reste avec nous, d’Anne Schuller

un duo poème-œuvre au hasard