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matin de l’ange
le matin
quand je me lave les dents
devant la fenêtre ouverte
le chêne me salue
de sa voix grave
mais je ne peux lui répondre
j’ai la bouche pleine
les marches de la terrasse me narguent
viens danser avec nous
mais je ne peux sortir
je suis en pyjama
là-bas
la ligne des frondaisons me dit
regarde comme nous sommes belles
mais je ne vois rien
je n’ai pas mes lunettes
l’avion tire un trait dans le ciel
pour m’inviter à monter a bord
mais je ne peux voler encore
je n’ai pas mis mes ailes
Luc Fayard – Vue de la fenêtre le matin (2026) – photo
Texte de Luc Fayard, la bouche pleine de dentifrice, devant sa fenêtre le matin

