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les mots que j'aime
je ferai un tapis des mots que j’aime
pour que tremblants tes pieds blancs et nus foulent
le grand désordre mué en poème
de mon âme chavirée par ta houlej’accrocherai les mots que j’aime aux arbres
pour qu’en marchant tu en cueilles les fleurs
réunies en bouquets de rose et marbre
veinés de voluptueuses couleursles mots que j’aime voleront au ciel
pour qu’en suivant leur essaim tu transformes
les nuages crémeux comme du miel
en cerfs-volants dessinant mille formesje ferai un voilier des mots que j’aime
pour qu’ils t’embarquent en mer avec eux
le soir nous réciterons des poèmes
au soleil roux se couchant dans tes yeuxet quand sonnera la fin de semer
je scellerai les mots que j’aime en moi
pour que nous rêvions ensemble à jamais
sur la voie qu’is auront créée pour toiTexte de Luc Fayard, voir la mise en scène dans Galerie Amavero
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vieux poète
deux fois trente ans
de mes mots flamme
épars au vent
me forgent l’âmela litanie
du mot qui craque
écrit ma vie
d’un cœur en vracPremier Prix du Concours MagCentre-Litt’oral 2024 dont le thème était « J’ai trente ans », à écrire en trente mots.
Texte de Luc Fayard illustré par « Paris, les bouquinistes » d’Eugène Galien Laloue: voir la mise en scène dans Galerie Amavero -
énergie
d’où vient-elle cette énergie
à diffusion lente
dans l’esprit le corpsje connais sa seule source
la beauté pure
invisible sans forme
intouchable et vibrantepour la sentir je deviens ermite
assis sur la montagne
contemplant au rythme d’un souffle lent
la vallée de mon cœurj’y vois ma vie défiler en pointillécomme les pions d’un échiquier
les passants de rencontresn’y sont que des ombresje lève la tête
et la-haut je les vois
les oiseaux libres et chanteurs
ravisseurs d’espace
dansant en cercle
faisant la farandoleils finiront par se taire
et partir au loin
planant en vol
longtemps
rétrécis à n’être plus qu’un pointalors je ferme les yeux
les bras tendus
tournant mes paumes vers le bas
avec encore dans mes oreilles
cette merveille
le chant des mésanges
noires si aiguc’est comme si
j’embrassais tout le paysage
c’est comme si
l’énergie des monts et des brumes
l’énergie du vent chaud et humide
l’énergie des plaines et des forêts
me traversait tout le corps
des pieds ancrés en terre
à la tête souriant aux angesTexte de Luc Fayard inspiré par Bords de mer , de Hélène Averous, encre de Chine sur papier de riz,; voir la mise en scène dans Galerie Amavero
