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découverte
ils sont tellement hauts
ces coquelicots
qu’ils vont avaler l’enfant
au loin la maison de famille
chaperonne la promenade
les odeurs chatouillent
les narines émues
les souvenirs d’enfance
font remonter à la surface
les lentes déambulations
dans les champs
sans horloge
où rien n‘était plus important
que la suite du chemin
cachée par le virage
et sur sa peau
les goûts épicés
de la campagneTexte de Luc Fayard, inspiré par La Promenade, de Claude Monet
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enfance
j’aimerai tant retrouver
cet esprit d’enfance
pétillant d’impertinenceoù l’on peut
croire impassibleà tous les rôles
des infinis possibles
s’asseoir persuadé
que le monde guettesa parole libred’insouciance
sentir le vent
ébouriffer sa vie
poser là
son évidence
sa vérité
crue et nue
laisser passer les rêves
dans ses yeux mi-fermés
sans se lasser
en oubliant le temps
l’enfance est sans horloge
sans apparat ni togeet dans une moue sans rire
montrer qu’on existe
pour le meilleur de l’artiste
et jamais pour le pire
Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture Plume (bronze, 39x28x14cm) de Valérie Hadida. Voir mise en scène dans Galerie Amavero. -
La vague de Camille Claudel
La vague devient chair sous le ciel dénudé,
Le long de son corps embrasé se perd le temps,
L’onde enserre la lumière de vert veinée,
Oblitérant de ses doigts le jour en suspens.Lors, la vague émeraude vomit la colère
Dans la danse de ses lames effrénées,
Se pétrifie dans les coulures de l’éther
Son âme déchue où s’émiettent les trophées.Les trois belles à l’entour de l’intempérance
Éclaboussent la vague de leur nudité,
Quand leurs cœurs ceints d’onyx vibrent dans les luisances.La grâce susurre à la vague captivée :
« Sursois à briser mon âme qui bat encore
Dans la danse des corps où vacillent les ors ».Texte de Laurence Sophie inspiré par la sculpture La Vague ou les baigneuses de Camille Claudel. Voir Galerie Amavero
