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Hölderlin (Friedrich) : Das Angenehme dieser Welt
Das Angenehme dieser Welt hab ich genossen,
Die Jugendstunden sind, wie lang! wie lang! verflossen,
April und Mai und Julius sind ferne,
Ich bin nichts mehr, ich lebe nicht mehr gerne!L’agrément de ce monde, je l’ai apprécié,
Les heures de ma jeunesse sont passées, il y a si longtemps ! si longtemps!
Avril et mai et juillet sont loin,
Je ne suis plus rien, je n’aime plus vivre ! -
Kilmer (Joyce) : Trees (Les Arbres)
I think that I shall never see
A poem lovely as a tree.A tree whose hungry mouth is prest
Against the earth’s sweet flowing breast;A tree that looks at God all day,
And lifts her leafy arms to pray;A tree that may in summer wear
A nest of robins in her hair;Upon whose bosom snow has lain;
Who intimately lives with rain.Poems are made by fools like me,
But only God can make a tree.Je pense que je ne verrai jamais
Un poème aussi beau qu’un arbre.Un arbre dont la bouche affamée est pressée
Contre le sein doux de la terre;Un arbre qui regarde Dieu toute la journée,
Et lève les bras feuillus pour prier ;Un arbre qui peut en été porter
Un nid de merles dans ses cheveux ;À qui la neige peut donner un manteau ;
Qui vit intimement avec la pluie.Les poèmes sont faits par des sots comme moi,
Mais seul Dieu peut faire un arbre. -
Garcia Lorca (Federico) : La fille au beau visage
(suite…)Arbolé, arbolé,
seco y verdé.La niña del bello rostro
está cogiendo aceituna.
El viento, galán de torres,
la prende por la cintura.Arbre, arbre,
sec et vert.La fille au beau visage
cueille des olives.
Le vent, galant des tours,
la prend par la taille. -
Rilke (Rainer Maria) : Der Dichter (Le Poète)
Du entfernst dich von mir, du Stunde.
Wunden schlägt mir dein Flügelschlag.
Allein: was soll ich mit meinem Munde?
mit meiner Nacht? mit meinem Tag?Ich habe keine Geliebte, kein Haus,
keine Stelle auf der ich lebe.
Alle Dinge, an die ich mich gebe,
werden reich und geben mich aus.
