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Skif (Hamid) : Me voici
Me voici étrange et revenu
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aux sources du cuivre et des versets
je m’habille de ronces, d’éclairs, d’une froide lumière
jaillie de l’épée -
Aragon (Louis) : Chanson noire
Mon sombre amour d’orange amère
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Ma chanson d’écluse et de vent
Mon quartier d’ombre où vient rêvant
Mourir la mer -
Artaud (Antonin) : L'Ombilic des Limbes
Avec moi dieu-le-chien, et sa langue
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qui comme un trait perce la croûte
de la double calotte en voûte
de la terre qui le démange. -
Saint-John Perse : Chanté pour celle qui fut là
Amour, ô mon amour, immense fut la nuit, immense notre veille où fut tant d’être consumé. Femme vous suis-je, et de grand sens, dans les ténèbres du coeur d’homme. La nuit d’été s’éclaire à nos persiennes closes; le raisin noir bleuit dans les campagnes; le câprier des bords de route montre le rose de sa chair; et la senteur du jour s’éveille dans vos arbres à résine.
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Saint-John Perse : Et vous, Mers…
Et vous, Mers, qui lisiez dans de plus vastes songes, nous laisserez-vous un soir aux rostres de la Ville, parmi la pierre publique et les pampres de bronze ?
Plus large, ô foule, notre audience sur ce versant d’un âge sans déclin : la Mer, immense et verte comme une aube à l’orient des hommes,
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