Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
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Citation Amavero du jour
Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair obscur surgissent les monstres.
…, cité par Laetitia K. dans… Lire
je ne savais rien de ce paysage giflant était-il beau ou laid pourtant au premier coup d’œil je stoppais ma marche subjugué les odeurs l’éclairage les froufrous tout submergeait mes sens en éveil
ensorcelé par ce lieu j’y reviendrai souvent mes promenades avaient un but désormais
bien plus tard j’apprendrai à le connaître à reconnaître
chaque détail l’inclinaison des frondaisons sensible aux saisons les couleurs insolentes des lumières tamisées les courbes fruitées des petites sentes et plus je le connaitrai plus je conforterai mon besoin de lui
mais il ne changera pas son impact sur moi pas plus que je ne corrigerai mon regard sur lui dès le début il fit partie de moi
sur un bleu frissonnant de murmures figurines ridées penchées vers l’avant cheminant côte à côte lentement les vieilles femmes longent les murs les reptiles s’interrogent et s’évadent de la pierre rose mal taillée
les frondaisons épaulées se dressent contre l’histoire les caresses anciennes restent vives qui peut les oublier
les lignes de fuite se croisent comme des destins griffant des ronds incertains de lumière d’ombre et d’ardoise
le décor s’est fendu il faut tendre la main vers l’invisible le nu le silence
la vie est un tamis sans pépites ni archanges rien que des grésillements creuset mêlant des visages qu’on n’oublie pas d‘hier des palmiers de nostalgie plein le cœur la cloche égrenant un air dur et fier le décalage en harmonie couleurs
animal maladroit on saute de pierre en pierre jusqu’à l’horizon alors qu’on se voudrait poisson fluide et optimiste plongeant dans les cercles infinis de la mousse à l’abîme
on susurre de tout petits mots fragiles mal choisis alors qu’on désire l’embrassade les cris la folie l’accolade
sur la table jaune et lisse la dame du flamenco prend la pose là-bas le bois attend d’être coupé là-haut le vieux nid se défait en bribes
le temps ne s’arrête pas il se démultiplie en d’interminables pauses à chaque moment son sujet
dans la cour le vieux banc rouillé parle avec le vieux banc de pierre des moments de marbre et de fer chacun se souvient du passé chaque tache conte une histoire pleine d’orage et de tendresse
on sent l’amour et la tristesse flotter sous la surface noire sous celle de mon cœur aussi
Quel meilleur support que infotekart pour évoquer la génèse d’un ouvrage qui donne à voir des oeuvres photographiques singulières, résultat de la capture d’un rai de lumière au travers d’un infiniment petit cristal incolore.
Non, Alain Spriet n’est pas un savant huluberlu qui bricole des molécules dans un sombre laboratoire mais un scientifique émérite, grand voyageur et poète.
Son univers professionnel est fait de formules, il parle substrat, excipient, dosage, et jongle avec les nomenclatures, les réglementations, et les normes. Mais, il a une passion, depuis son plus jeune âge, le minuscule, le petit, l’infiniment petit même….
De la loupe, il est passé au microscope sous lequel se révèle un monde insoupçonné de couleurs et formes. Le grain de sable ordinaire se transforme alors en pierre précieuse !
Non content d’ausculter ce qu’il trouve de plus petit, il se met à le « cultiver ». A partir des produits du quotidien, il concentre, assèche, évapore et fait naître des cristaux. Son jardin est constitué de dizaines puis centaines de lames de verres sur lesquelles des choses informes, à peine visibles, blanches, grisâtres, sans intérêt visible dorment tranquillement.
Enfin, elles dorment jusqu’à ce que le photographe les place sous son objectif ! et là, se révèle un trésor de couleurs en fonction de l’orientation de la lumière et des conditions d’éclairage. Mais le tableau n’est pas toujours à la hauteur des ambitions de l’artiste !
Alors le peintre de la lumière cristalline se donne les moyens de passer des heures à orienter le faisceau pour que chaque cristal soit sublimé par un jeu de filtres, une intensité lumineuse et une orientation qui donne, enfin, à voir un tableau, construit, où l’oeil du photographe trouve l’aboutissement de sa recherche.
Alain Spriet a conçu le dispositif qui lui permet de faire de la cristographie une réalité. La fusion de la cristallisation et de la photographie ne consiste pas à photographier un cristal mais bien à explorer les cristaux et les transformer en passeur de couleurs sur l’objectif du photographe.
Durant des années, de l’aspirine au vinaigre en passant par l’albumine ou l’hydroxylamine, il cristallise puis part en exploration dans son univers de l’ultra petit. Il revient de ses voyages chargé de clichés dont il extrait des évocations de masques, de végétaux imaginaires, de ciels improbables, d’animaux fantastiques. Il construit une œuvre, son œuvre.
Il était une fois un faiseur de livres
Un autre photographe voyageur croise un jour le parcours d’Alain Spriet. Philippe Fouchard a su capter la réalité du regard humain, du bout du monde et du bout de la rue.
Mais ce photographe là sait faire des livres, des beaux livres, avec des morceaux de vie dedans, des artisans autour et des belles matières pour donner une consistance à tout ça. L’éditeur et l’artiste nous embarquent dans l’aventure pour que l’oeuvre de l’un nourrisse la créativité de l’autre.
Il n’y a plus d’aspirine ou de vinaigre, il n’y a plus de technologie, il n’y a plus que la lumière, la couleur, la proposition de l’artiste et un objet sensuel qui nous laissent pensifs ou inspirés selon nos humeurs.
On peut les aider à concrétiser ce projet en participant à la campagne sur kickstarter. Alors, embarquez pour l’ultra monde de l’ultra petit !
Du bist die Zukunft, großes Morgenrot über den Ebenen der Ewigkeit. Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit, der Tau, die Morgenmette und die Maid, der fremde Mann, die Mutter und der Tod.
Du bist die sich verwandelnde Gestalt, die immer einsam aus dem Schicksal ragt, die unbejubelt bleibt und unbeklagt und unbeschrieben wie ein wilder Wald.
Du bist der Dinge tiefer Inbegriff, der seines Wesens letztes Wort verschweigt und sich den andern immer anders zeigt: dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.
Tu es l’avenir, la grande aurore sur les plaines de l’éternité. Tu es le cri du coq après la nuit du temps, la rosée, la prière du matin, la jeune fille. l’étranger, la mère et la mort.
Tu es la forme qui sans cesse change, qui, toujours solitaire, émerge du destin, qui demeure sans gloire ni regret et vierge comme une forêt sauvage.
Tu es l’essence même des choses qui tait le dernier mot de son être et qui se montre aux autres toujours autre : au navire comme une côte, à la terre comme un navire
(1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque. Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard
Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir
Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)
Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)
Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine
Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)
Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)
LEAR Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow! You cataracts and hurricanoes, spout Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks! You sulphurous and thought-executing fires, Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts, Singe my white head! And thou, all-shaking thunder, Smite flat the thick rotundity o’ the world! Crack nature’s moulds, all germens spill at once That make ingrateful man!
LEAR Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez, Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes ! Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée, Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne, Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle, Aplatis l’épaisse rotondité du monde, Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes Qui font l’homme ingrat !
Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats
William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)
Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)
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