Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 410 artistes • 754 auteurs
publiés dans Amavero

  • La vague de Camille Claudel

    Camille Claudel – La Vague ou Les Baigneuses (1897) – sculpture plâtre puis onyx

    La vague devient chair sous le ciel dénudé,
    Le long de son corps embrasé se perd le temps,
    L’onde enserre la lumière de vert veinée,
    Oblitérant de ses doigts le jour en suspens.

    Lors, la vague émeraude vomit la colère
    Dans la danse de ses lames effrénées,
    Se pétrifie dans les coulures de l’éther
    Son âme déchue où s’émiettent les trophées.

    Les trois belles à l’entour de l’intempérance
    Éclaboussent la vague de leur nudité,
    Quand leurs cœurs ceints d’onyx vibrent dans les luisances.

    La grâce susurre à la vague captivée :
    « Sursois à briser mon âme qui bat encore
    Dans la danse des corps où vacillent les ors ».

    Texte de Laurence Sophie inspiré par la sculpture La Vague ou Les Baigneuses de Camille Claudel


  • énergie

    Hélène Averous – Bords de mer (2019)

    d’où vient-elle 
    cette énergie
    à diffusion lente
    dans l’esprit le corps

    je connais
    sa seule source 
    la beauté pure
    invisible sans forme
    intouchable et vibrante

    pour la sentir
    je deviens ermite
    assis sur la montagne
    contemplant au rythme 
    d’un souffle lent
    la vallée de mon cœur

    j’y vois ma vie défiler
    en pointillé
    les passants des rencontres
    n’y sont que des ombres

    et enfin je les vois
    les oiseaux libres et chanteurs
    ravisseurs d’espace
    dansant en cercle 
    faisant la farandole
    peu à peu ils se taisent
    et s’en vont
    au loin
    planer en vol
    longtemps
    rétrécis à n’être plus qu’un point

    alors je ferme les yeux
    les bras tendus
    tournant mes paumes
    vers le bas
    avec encore dans mes oreilles 
    cette merveille
    le chant des mésanges 
    noires si aigu

    c’est comme si 
    j’embrassais
    tout le paysage
    c’est comme si 
    l’énergie des monts
    et des brumes
    l’énergie du vent chaud
    et humide
    l’énergie des plaines
    et des forêts
    me traversait tout le corps
    des pieds ancrés en terre
    à la tête souriant aux anges


    Texte de Luc Fayard inspiré par Bords de mer , de Hélène Averous, encre de Chine sur papier de riz


  • vieux poète

    deux fois trente ans
    que mes mots flamme
    épars au vent
    me forgent l’âme

    la litanie
    du mot qui craque
    écrit ma vie
    le cœur en vrac

    Eugène Galien-Laloue – Paris, les bouquinistes (1910)


    Premier Prix du Concours MagCentre – Litt’oral 2024 dont le thème était « J’ai trente ans », à écrire en 30 mots.
    Texte de Luc Fayard illustré par Paris, Les bouquinistes d’Eugène Galien Laloue


  • Borges (Jorge Luis): La classification des animaux

    Ces catégories ambiguës, superfétatoires, déficientes rappellent celles que le docteur Franz Kuhn attribue à certaine encyclopédie chinoise intitulée Le marché céleste des connaissances bénévoles. Dans les pages lointaines de ce livre, il est écrit que les animaux se divisent en a) appartenant à l’Empereur, b) embaumés, c) apprivoisés, d) cochons de lait, e) sirènes, f) fabuleux, g) chiens en liberté, h) inclus dans la présente classification, i) qui s’agitent comme des fous, j) innombrables, k) dessinés avec un très fin pinceau de poils de chameau, l) et caetera, m) qui viennent de casser la cruche, n) qui de loin semblent des mouches.

    Jorge Luis Borges, « La langue analytique de John Wilkins », in: Autres inquisitions, 1952.
    Traduction Paul Bénichou, Sylvia Bénichou-Roubaud, Jean-Pierre Bernès et Roger Caillois, 1957.
    Paris, Gallimard, La Pléiade, Oeuvres complètes, I, p. 749.


  • Hölderlin (Friedrich) : Das Angenehme dieser Welt

    Das Angenehme dieser Welt hab ich genossen,
    Die Jugendstunden sind, wie lang! wie lang! verflossen,
    April und Mai und Julius sind ferne,
    Ich bin nichts mehr, ich lebe nicht mehr gerne! 

    L’agrément de ce monde, je l’ai apprécié,
    Les heures de ma jeunesse sont passées,  il y a si longtemps ! si longtemps!
    Avril et mai et juillet sont loin,
    Je ne suis plus rien, je n’aime plus vivre !


Dernières publications d’art et de poésie

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

    Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

    Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

  • Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

    Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

  • Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

    Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

  • Kiyo Hasegawa – L’effervescence XII (2026)

    Kiyo Hasegawa – L’effervescence XII (2026)

  • Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

    Monde bleu pâle comme jusquiame,
    Monde bleu pâle dans le soir entré.
    Avec toi rien que celui et celle,
    Et rien que ceux qui sont fidèles.
    Crois ou ne crois pas en eux – 
    Ils vivent comme ils boivent,
    Vivent et attendent tout seuls,
    Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
    Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? – 
    Et puis – qui vas-tu devenir ? –
    C’est bien égal : philosophe
    Ou le berger d’un troupeau.
    C’est égal. Sans importance.
    Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
    Car il y a les étoiles en haut,
    Il y a le ciel entré dans le soir
    Il y a le seuil, bas comme le péché,
    Et toi, fidèle à toi seulement.

    Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)

    Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

    Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025