Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 821 auteurs
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Citation Amavero du jour
De même que le feu n’éteint pas le feu et qu’il est impossible de sécher l’eau avec de l’eau, on ne peut éliminer la violence par la… Lire


  • petits riens de bonheur

    Ivan Kramskoy – Portrait of a woman (1883)

    apparition
    cœur en surchauffe
    sa peau de louve
    ses yeux de brume
    long nez fier
    cheveux cachés
    envie de les lisser
    ah la belle oracle
    tête inclinée
    elle écoute
    réfléchit
    quand elle marche
    fragile
    son corps agile
    crée sa bulle
    le vent s’écarte
    sur la silhouette
    dansante
    statue vivante
    art en mouvement
    le temps perplexe
    contemple l’instant
    à peindre sur site
    quand tout se fige
    les lignes fuient
    l’ombre s’agrandit
    et puis voila
    elle est partie
    sur un soupir
    un sourire
    le monde s’enroue
    et dans la brèche
    créée par elle
    dans l’éternelle ronde
    il ne reste à peine
    qu’un souvenir de parfum
    la gracilité des mains
    l’image floue
    de sa moue
    rien que des petits riens
    de bonheur

    Texte de Luc Fayard inspiré par L’Inconnue, d’Ivan Kramskoy
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    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art, Volume 2 : Art moderne et contemporain' par Luc Fayard, comprenant des illustrations d'œuvres d'art.
    Couverture du livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 2 : Art moderne et contemporain » – Textes de Luc Fayard – Éditions Amavero – 2024

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Vol. 2 :
    Art moderne et contemporain
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2024
    COMMANDER LE LIVRE


  • inanité (version poésique)

    mon âme est le vent
    mon corps la terre boueuse
    ma vie une plante
    entre ciel et terre

    nu l’arbre est un arbre
    feuillu aussi mais alors
    que se passe-t-il
    entre deux saisons

    la feuille tombe sur le sol
    et s’y installe
    qu’y recouvre-t-elle
    qui vit sous elle

    formes sons odeurs
    je vais tout oublier
    et rester arbre
    repliant mes branches

    et quand je serai vide
    nu de toute frondaison
    je ricanerai
    d’inanité


     

    Texte de Luc Fayard, mis en musique et interprété par Chantal Hannes (violon)


  • Un brin

    Aline Kurth – La Jeune fille du bain

    Un brin de soleil
    Dans les cheveux du matin
    C’est ton âme qui murmure
    Quand tu vogues dans les rêves
    De la grande vague du monde

    Texte d’Emmanuelle de Dardel, inspirée par la photo La Jeune fille du bain d’Aline Kurth


  • rouille

    Benoit de Senneville – Accroche-toi (2022)

    couleur de la vie
    d’âme dolente
    teinte graduelle
    voleuse d’heures
    poussière de larmes
    et d’espoirs rancis
    palette enrichie
    de strates sensibles
    lente alchimie
    de la destruction
    destinée inexorable 
    des abandons fatals
    comme si par avance
    la trace fardée du temps
    vouait tout à disparaître
    mais parfois 
    de cette carnation 
    rubigineuse
    de cette liane 
    ensorcelée
    surgit le rouge sang
    d’un cœur qui bat
    comme une fleur 
    plus belle qu’elle

    Texte de Luc Fayard inspiré du tableau Accroche-toi  de Benoît de Senneville – techniques mixtes, acrylique, collage, crayon


  • réceptacle

    Sylvie Verkos – Sous-bois à Berville

    il faut marcher
    sous ces arbres
    sentir les parfums voler
    voir les couleurs s’épauler
    vibrer de cette vie 
    multiple
    cette énergie pure
    faire le silence en soi
    ne plus être
    qu’un réceptacle calme
    des sons de la forêt
    ses bruissements légers
    comme du feutre à l’âme 

    Texte de Luc Fayard inspiré par le tableau Sous Bois à Berville de Sylvie Verkos .



Art et Poésie : dernières publications

  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

  • Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

    Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

  • Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

    Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

  • Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

    Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

    Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

    Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

  • Francis Ponge : Le Chêne (1942)

    Francis Ponge : Le Chêne (1942)

  • Octavio Paz : Source

    Parle laisse tomber une parole
    Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille
    Parle
    Une pirogue glisse vers la lumière
    Une parole légère avance à pleines voiles
    Le jour a la forme d’un fleuve
    Sur ses rives brillent les plumes de tes chants
    Douceur de l’eau dans l’herbe endormie
    Eau claire voyelles à boire
    Voyelles parures du front des chevilles
    Parle
    Touche la cime d’un silence heureux
    Et puis ouvre les ailes parle sans cesse
    Un visage oublié passe
    Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs
    L’enfance avec ses flèches son idole son figuier
    Romps les amarres passe avec la tour et le jardin
    Passent futur et passé
    L’heure déjà morte et l’heure à tuer
    Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant
    Volées de comètes qui se perdent dans mon front
    Parle
    Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable
    Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Source

  • Camillo Innocenti : Nuit (1913)

    Camillo Innocenti : Nuit (1913)

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025