Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 822 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Ce n’est pas en s’écartant du sujet qu’on va repeupler la France.(cité par Pierre Desproges…)


  • Malek Haddad : Je rêve à l'imparfait

    Je rêve à l’Imparfait
    Au restaurant la lampe
    Est toujours allumée
    Dans la ville où la pierre a choisi de vieillir
    Il n’y a plus
    Qu’une fumée
    Et l’incassable souvenir

    (suite…)

  • Ilarie Voronca : C’est vers vous, hommes de l’avenir

    C’est vers vous, hommes de l’avenir
    Que va ma pensée.
    Et je veux que vous vous exclamiez
    « Il était des nôtres », quand vous lirez mes poèmes.

    (suite…)

  • Pablo Neruda : Je ne t'aime pas telle une rose de sel

    No te amo como si fueras rosa de sal, topacio
    o flecha de claveles que propagan el fuego :
    te amo como se aman ciertas cosas oscuras,
    secretamente, entre la sombra y el alma.

    Je ne t’aime pas telle une rose de sel, topaze, oeillets en flèche et propageant le feu :
    comme on aime de certaines choses obscures,
    c’est entre l’ombre et l’âme, en secret, que je t’aime.

    (suite…)

  • sud

    rempart de la moustiquaire vitres ouvrant le cœur soudain le chant des cigales s’éteint pleine lune sa lumière efface les étoiles attente mystère absence creusée par la disparition progressive des gutturalités enfantines répétition silence la maison se referme sur elle accordéon du poumon balancelle des sentiments dehors le chaudron empêche de respirer dehors on vit toujours on avance forçats fouettés au sang on rêve du voilier si loin du temps et de la terre là-bas sur les infinis où le regard se perd retour réalité ici bloqué par les gris marrons verts propices à la méditation chênes verts et chênes blancs violemment entrelacés terrasse soleil terrasse frondaison et l’eau qui chuinte berceuse enrayée enfance murmures les murets du passé rappellent les vieux tabliers folie animale les geckos dormeurs sursautent d’un bond de crise cardiaque terre carapace rouge et dure où les doigts saignent secret transmission l’âme chante quand même

    Sophie Taeuber Arp Relief rond en trois hauteurs (détail), Composition ovale avec motifs abstraits, Tête Dada, Quatre espaces à croix brisée (de gauche à droite)

    Texte de Luc Fayard en hommage au livre de Tristan Tzara et Jean Arp, Vingt-cinq poèmes, dix gravures sur bois, Collection Dada Zürich; illustré par quatre œuvres de Sophie Taeuber Arp : Relief rond en trois hauteurs (détail), Composition ovale avec motifs abstraits, Tête DadaQuatre espaces à croix brisée (de gauche à droite et de haut en bas)

    tristan tzara vingt-cinq poèmes- h arp dix gravures sur bois

  • Anna Gréki : Par-delà les murs

    Par-delà les murs clos comme des poings fermés,
    à travers les barreaux ceinturant le soleil
    nos pensées sont verticales et nos espoirs.
    L’avenir lové au coeur monte vers le ciel
    comme des bras levés en signe d’adieu,
    des bras dressés enracinés dans la lumière
    en signe d’appel, d’amour, de reviens, ma vie!
    Je vous serre contre ma poitrine, mes soeurs,
    bâtisseuses de liberté et de tendresse,
    et je vous dis à demain car nous le savons
    L’avenir est pour demain
    L’avenir est pour bientôt


    Anna Gréki, de son vrai nom Colette Grégoire, poétesse algérienne (1933-1961)


Art et Poésie : dernières publications

  • Henry Moore : Large Upright, Internal/External Form (1981)

    Henry Moore : Large Upright, Internal/External Form (1981)

  • Henri Matisse : Femme au chapeau (1905)

    Henri Matisse : Femme au chapeau (1905)

  • Guy Tirolien : Gouaches (1961)

    Guy Tirolien : Gouaches (1961)

  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

  • Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

    Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

  • Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

    Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

  • Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

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  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

    Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

    Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025