Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 410 artistes • 754 auteurs
publiés dans Amavero

  • arbre araignée

    Une installation artistique avec de grandes branches d'arbre en bois placées sur une place devant des colonnes d'un bâtiment classique, entourée de passants.
    Henrique Oliveira : L’arbre araignée (installation)

    un jour l’arbre viendra en ville
    il s’accrochera aux pavés
    pour sucer le gaz
    et mieux respirer

    le poids du ciel gris
    abaissera ses branches
    qui ramperont au sol
    comme une araignée

    les bras tordus de douleur
    il continuera de grandir
    vers les marches des palais
    sous l’œil étonné des passants

    mais un jour viendra où
    ses branches durcies
    devenues glaives vengeurs
    renverseront les murs et les portes
    tailladeront les sols
    transperceront les gens

    et la douleur sans fin
    ne sera plus chez lui

    Texte de Luc Fayard, inspiré par Fitzcarraldo, d’Henrique Oliveira (place Graslin, à Nantes, été 2024)- photo Loïc Venance, AFP


  • Tison (Frédéric) : Je suis larme

    JE SUIS LARME et la plus douce
    Des larmes qui naissent du regard,
    La plus étonnée des larmes,
    La plus pure ai-je longtemps cru;
    Je perle où commencent vaux et forêts,
    Je noierais villes, collines, tertres,
    Châteaux et campagnes si j’étais amère;
    Vois : j’augmente les sources
    De toutes mes vagues, je coule
    Sous tes arbres
    Ajouteras-tu
    Là de tes yeux quelque éclat ?
    Je suis larme et la plus lente
    Qui peine sur ta joue.

    Frédéric Tison. Aphélie, suivi de Noctifer. 2018


  • Raysse, Martial : Une allégresse de vignes

    Une allégresse de vignes
    au penchant du ciel
    ciel de briques rouges de méduses bleues
    au miroir de ton dos
    caparaçonné de bois roussis

    (suite…)

  • La Frenière (Jean-Marc) : Un feu me hante

    Un feu me hante

    Si je n’ai plus de bouche, je parlerai quand même, avec mes pieds, avec mes yeux, avec mes poings, avec mes ongles sur les murs, avec mes doigts aveugles dans le braille des jours. Si les bêtes me dévorent, je parlerai par elles. Je serai l’os sonore dans la gueule du silence. Un feu me brûle et me hante. On ne peut pas tenir en laisse un cœur qui prend feu.

    (suite…)

  • Dorion (Hélène) : L'arbre

    le mur de bois
    s’est fissuré

    une pluie
    de longues tiges
    inquiète nos pas
    tombe comme on tombe
    parfois dans sa propre vie

    j’écoute cette partition
    du temps
    je déchiffre enfin
    le désordre des branches

    les forêts hurlent
    entre racines et nuages

    Hélène Dorion,  Mes forêts


Dernières publications d’art et de poésie

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

    Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

    Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

  • Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

    Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

  • Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

    Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

  • Kiyo Hasegawa – L’effervescence XII (2026)

    Kiyo Hasegawa – L’effervescence XII (2026)

  • Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

    Monde bleu pâle comme jusquiame,
    Monde bleu pâle dans le soir entré.
    Avec toi rien que celui et celle,
    Et rien que ceux qui sont fidèles.
    Crois ou ne crois pas en eux – 
    Ils vivent comme ils boivent,
    Vivent et attendent tout seuls,
    Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
    Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? – 
    Et puis – qui vas-tu devenir ? –
    C’est bien égal : philosophe
    Ou le berger d’un troupeau.
    C’est égal. Sans importance.
    Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
    Car il y a les étoiles en haut,
    Il y a le ciel entré dans le soir
    Il y a le seuil, bas comme le péché,
    Et toi, fidèle à toi seulement.

    Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)

    Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

    Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025