Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 430 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • fusion ici et là (ici et là)

    le bateau et la mer
    ici coins et recoins
    à portée de main
    là le plein le lointain
    ici le fixe le solide
    le rassurant
    métal bois filin
    là le fluide le mouvant
    la métamorphose
    ici la multitude des petits objets
    utiles à la vie à la survie
    là le désert de l’unicité

    jamais il n’y eut pareille antinomie
    et pourtant tout concorde
    tout s’accorde
    l’esquif et la houle
    la voile et le vent
    l’homme et la mer
    fusion


  • en mer (horizon sans toi)

    la mer est mon horizon
    le ciel mon toit ma loi
    la houle rythme mon cœur
    le bateau trace ma route
    son sillage est ma lumière
    ses voiles mon espoir
    son carré ma maison
    alors apaisé par cet univers
    de la longue attente
    au creux des heures
    de veille et de merveilles
    je dis à la lune
    à la croix du sud
    aux dorades perdues
    au cormoran fidèle
    je dis au monde ébahi
    que pour être parfait
    il ne manque que toi


  • sursis (états d’âme de dame ou d’homme)

    état d’âmes de dame ou d’homme
    dans ton voilier sur la mer ancre flottante
    tu n’es qu’un sursis une vie latente
    un passager de l’ombre buveur de rhum

    tant d’autres ont vu ce que tu vois
    passé et avenir sillage et cap mêlés
    tant d’autres ont souffert et aimé
    les mêmes moments sensations émois

    infime grain imberbe rond
    dans l’infinie répétition
    que cherches-tu étranger
    te demande l’océan
    avec tes rêves ton fil des ans
    et ton âme dérangée

    je cherche la beauté la vérité
    la pureté 
    l’éternité
    que toi seul peux me donner

    bah répond l’océan
    tu pourras sillonner tous les flots 
    braver tous les ouragans
    ton cœur est tout ce qu’il te faut


  • mer et désert (désert apparent)

    la mer est un désert apparent
    qui ne tient pas aux hommes
    mais à l’histoire à l’éternité
    la vague est un mouvement
    une flamme
    sans début ni fin
    elle n’a qu’une vie de parcours
    sans état
    le vent n’existe pas
    et pourtant il emporte tout
    la mer est chinoise
    une fois yin une fois yang
    tout est changement

    alors contemple et remercie
    tu ne peux étreindre
    ni le vent des ouragans
    ni l’eau des océans
    tout passe par tes mains
    mais rien ne demeure
    seul resteront dans ton âme
    le goût de sel 
    la pureté du vent du large
    la brulure de l’aube

    tu es né de cette eau
    fluide et immatérielle
    tu es né de ce vent
    souffle et nomade

    souviens-t’en


  • pendule

    nuées nues qui oscillent au bout d’un pendule
    pendant que le tic-tac las du temps remplit l’air
    de douleurs de murmures et de corpuscules
    qui s’enfoncent avec précaution dans la terre

    petite fille qui roule au bord d’un abîme
    pendant que l’écume mousseuse se retire
    des rochers et que des arbres à haute cime
    se balancent au vent comme un immense rire

    souffle rauque des marées qui bat la mesure
    pendant que l’air purifié nettoie les nuages 
    désertés par les mouettes aux frêles allures
    qui se jouent en riant d’un ciel bas sans images


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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025