Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 556 artistes • 821 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent.…, cité sur LinkedIn par Pierre L


  • quand je serai bien mort (illustré par 12 artistes contemporains)

    dans un frôlement nocturne
    quand je serai bien mort
    je viendrai te chatouiller
    le gros orteil droit
    telle une plume

    sur l’étang de ta maison
    plus léger qu’un souffle
    je marcherai sans une ride
    étonnés les poissons ouvriront
    plus grand la bouche

    ectoplasme translucide
    je m’effacerai doucement
    de ton souvenir étiolé
    nuage grisonnant dans le ciel
    de ton passé

    quand j’aurai bien profité
    de mes farces je serai las
    assailli de nouveaux regrets
    du fond de la mort il faudra
    que je t’appelle

    longtemps tu résisteras
    le sourcil en épi clamant
    pourquoi me déranger ainsi
    on ne peut partir et revenir
    reste enfoui

    mais je finirai par te manquer
    personne pour te faire rire
    te faire partir en éclats
    et ta vie coulant triste sans moi
    oui tu viendras

    alors âme dans l’âme nous aurons
    la mort entière pour l’amour
    et nos évanescences enserrées
    habilleront d’une joie de velours
    l’éternité

    Vincent Lignereux
    Paul Liggins

    Texte de Luc Fayard illustré par 12 artistes contemporains , extraits de Nicole’s Museum (*)

    (*) nicolemuseum.fr

    Artistes cités (de gauche à droite, de haut en bas) : Bruce Kurland, Isabelle Beaupré, Lionel Saint-Eloi, Jalliot Karte, Félix Lafortune, Paul Liggins, Bruce Connor, Lars Henkel, Guillaume Couffignal, Carole Bonaventure, Gennady Shlykov, Vincent Lignereux


  • Paul Celan : Fugue de la mort (Todesfuge)

    Lait noir du petit jour nous le buvons le soir
    nous le buvons midi et matin nous le buvons la nuit
    nous buvons et buvons
    nous creusons une tombe dans les airs on y couche à son aise

    Schwarze Milch der Frühe wir trinken sie abends
    wir trinken sie mittags und morgens wir trinken sie nachts
    wir trinken und trinken
    wir schaufeln ein Grab in den Lüften da liegt man nicht eng

    (suite…)

  • Sans P

    ‌Un ‘eu de ‘oésie, dans ce monde de brutes,
    ‘our les ‘etits en lutte, et ‘our les grands en rut.
    Oui, mais en su »rimant la lettre à ‘ostillons,
    gouttelettes à virus, ‘artout en ‘a’illons

    (suite…)

  • Malika

    Keltoum Delfouss – Malika (détail)

    À mes mamas algériennes.
    Deux mamas qui ne se connaissent pas, sont pourtant tatouées dans mon cœur.
    L’une est ma belle mama de la poésie et l’autre est ma mama Malika.
    Même le prénom MALIKA comporte le nom de Ali BELKAHLA.
    On ne récolte ce que l’on s’aime, j’ai été baptisée Yacuta par Linda.
    Encore une autre mama, à laquelle je tatoue le signe de l’amour,
    Ave Maria, si tu me reconnais, je suis ta tata.
    Cette toile figurative est le caméléonisme du culturisme.
    Je développe ma masse musculaire pour faire de l’esthétisme.
    À plusieurs, les mamas deviennent QUEEN
    À l’image de Malika.
    Des femmes fortes qui ont enfantées les plus beaux insignes.
    SAL’ÂME ALI BOOM, KELTOUM !
    Ils sont DEFFOUS ces Algériens !

    Texte d’Angélique Leroy, inspiré par Malika, de Keltoum Deffous


  • Paul Celan : Anabase

    ANABASIS

    Dieses
    schmal zwischen Mauern geschriebne
    unwegsam-wahre
    Hinauf und Zurück
    in die herzhelle Zukunft.

    ANABASE

    Cet
    aller en haut et retour dans
    l’avenir clair-cœur,
    mal praticable et vrai,
    écrit étroit entre des murs.

    (suite…)


Art et Poésie : dernières publications

  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

  • Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

    Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

  • Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

    Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

  • Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

    Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

    Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

    Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

  • Francis Ponge : Le Chêne (1942)

    Francis Ponge : Le Chêne (1942)

  • Octavio Paz : Source

    Parle laisse tomber une parole
    Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille
    Parle
    Une pirogue glisse vers la lumière
    Une parole légère avance à pleines voiles
    Le jour a la forme d’un fleuve
    Sur ses rives brillent les plumes de tes chants
    Douceur de l’eau dans l’herbe endormie
    Eau claire voyelles à boire
    Voyelles parures du front des chevilles
    Parle
    Touche la cime d’un silence heureux
    Et puis ouvre les ailes parle sans cesse
    Un visage oublié passe
    Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs
    L’enfance avec ses flèches son idole son figuier
    Romps les amarres passe avec la tour et le jardin
    Passent futur et passé
    L’heure déjà morte et l’heure à tuer
    Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant
    Volées de comètes qui se perdent dans mon front
    Parle
    Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable
    Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Source

  • Camillo Innocenti : Nuit (1913)

    Camillo Innocenti : Nuit (1913)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025