Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Peu importe où tu vas, peu importe le chemin que tu empruntes, l’important c’est la façon dont tu marches
Anonyme


  • Joyce Kilmer : Trees (Les Arbres)

    I think that I shall never see
    A poem lovely as a tree.

    A tree whose hungry mouth is prest
    Against the earth’s sweet flowing breast;

    A tree that looks at God all day,
    And lifts her leafy arms to pray;

    A tree that may in summer wear
    A nest of robins in her hair;

    Upon whose bosom snow has lain;
    Who intimately lives with rain.

    Poems are made by fools like me,
    But only God can make a tree.



    Je pense que je ne verrai jamais
    Un poème aussi beau qu’un arbre.

    Un arbre dont la bouche affamée est pressée
    Contre le sein doux de la terre;

    Un arbre qui regarde Dieu toute la journée,
    Et lève les bras feuillus pour prier ;

    Un arbre qui peut en été porter
    Un nid de merles dans ses cheveux ;

    À qui la neige peut donner un manteau ;
    Qui vit intimement avec la pluie.

    Les poèmes sont faits par des sots comme moi,
    Mais seul Dieu peut faire un arbre.


  • Garcia Lorca (Federico) : La fille au beau visage

    Arbolé, arbolé,
    seco y verdé.

    La niña del bello rostro
    está cogiendo aceituna.
    El viento, galán de torres,
    la prende por la cintura.

    Arbre, arbre,
    sec et vert.

    La fille au beau visage
    cueille des olives.
    Le vent, galant des tours,
    la prend par la taille.

    (suite…)

  • cadavre

    il a peut-être rêvé 
    d’un monde meilleur 
    grâce à lui
    il a peut-être aimé
    la gloire et le renom
    abattues sur lui
    puis sont venues 
    les difficultés
    les compromissions
    rien ne se terminait
    comme il le voulait
    il a senti
    le vent tourner
    et commencé
    à biaiser
    roseau pliant
    à tous les vents
    toutes les excuses 
    étaient bonnes
    pour ne pas faire
    ce qu’il fallait
    peu à peu
    il a courbé le dos
    arrondi les angles
    tourné le regard
    pour ne pas voir
    maintenant il a peur
    de ce qu’il est devenu
    mécréant lâche
    et sans force
    un être de mots
    et de théâtre
    l’âme vide
    il marche poussiéreux
    comme une ombre
    sale informe
    un cadavre
    puant le regret
    et ses pas trainants
    l’emportent malgré lui
    vers le tunnel noir

    Georges de Feure – La Source du Mal (1894) – lithographie en couleur
    IMage Dall.e créée pour illustrer le poème « cadavre » de Luc Fayard

    Texte de Luc Fayard illustré par la lithographie « La Source du mal » (1894) de Georges de Feure et par une image IA. La boucle est bouclée ! L’artiste a réalisé cette lithographie après avoir lu les textes du poète (« Les Fleurs du Mal » de Baudelaire) et cette lithographie illustre maintenant un nouveau poème (qui lui-même peut-être inspirera un artiste, par exemple ma copine la violoniste Chantal Hannes qui voudrait le mettre en musique)… Mais entretemps on est passé de la femme fatale au politicien corrompu (deux sujets qui s’accordent finalement !)…


  • Rainer-Maria Rilke : Der Dichter (Le Poète)

    Du entfernst dich von mir, du Stunde.
    Wunden schlägt mir dein Flügelschlag.
    Allein: was soll ich mit meinem Munde?
    mit meiner Nacht? mit meinem Tag?

    Ich habe keine Geliebte, kein Haus,
    keine Stelle auf der ich lebe.
    Alle Dinge, an die ich mich gebe,
    werden reich und geben mich aus.


  • les mots que j’aime

    je ferai un tapis des mots que j’aime
    pour que tremblants tes pieds blancs et nus foulent
    le grand désordre mué en poème
    de ton âme chavirée par la houle

    j’accrocherai les mots que j’aime aux arbres 
    pour qu’en marchant tu en tisses des fleurs
    réunies en bouquets de rose et marbre
    m’offrant leurs veines gorgées de couleurs

    les mots que j’aime partiront au ciel
    pour qu’en suivant leur envol tu transformes
    les nuages crémeux comme le miel
    en cerfs-volants jouant de mille formes

    je ferai un voilier des mots que j’aime
    pour qu’ils t’emportent en mer avec eux
    et le soir nous lancerons nos poèmes
    au soleil roux se couchant dans tes yeux

    et quand sonneraila fin de semer
    je cacherai les mots que j’aime en moi
    pour qu’ils soient la passerelle avec toi
    où nous rêverons ensemble à jamais

    Salvador Dali – Les Chants de Maldoror (1933) – illustration du livre de Lautréamont (1868)
    Julius Leblanc-Stewart – Reading (1884)

    Texte de Luc Fayard, illustré par Reading, de Julius LeBlanc Stewart et Les Chants de Maldoror, de Salvador Dali (illustration pour le livre de Lautréamont).



Art et Poésie : dernières publications

  • pays rêvé (Hommage à David Hockney)

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  • Henry Moore : Large Upright, Internal/External Form (1981)

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  • Henri Matisse : Femme au chapeau (1905)

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  • Guy Tirolien : Gouaches (1961)

    Guy Tirolien : Gouaches (1961)

  • Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

    Du bist die Zukunft, großes Morgenrot
    über den Ebenen der Ewigkeit.
    Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit,
    der Tau, die Morgenmette und die Maid,
    der fremde Mann, die Mutter und der Tod.

    Du bist die sich verwandelnde Gestalt,
    die immer einsam aus dem Schicksal ragt,
    die unbejubelt bleibt und unbeklagt
    und unbeschrieben wie ein wilder Wald.

    Du bist der Dinge tiefer Inbegriff,
    der seines Wesens letztes Wort verschweigt
    und sich den andern immer anders zeigt:
    dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.

    Tu es l’avenir, la grande aurore
    sur les plaines de l’éternité.
    Tu es le cri du coq après la nuit du temps,
    la rosée, la prière du matin, la jeune fille.
    l’étranger, la mère et la mort.

    Tu es la forme qui sans cesse change,
    qui, toujours solitaire, émerge du destin,
    qui demeure sans gloire ni regret
    et vierge comme une forêt sauvage.

    Tu es l’essence même des choses
    qui tait le dernier mot de son être
    et qui se montre aux autres toujours autre :
    au navire comme une côte, à la terre comme un navire

    (1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque.
    Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard

    Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir

  • Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)

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  • Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)

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  • Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine

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  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

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  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

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  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025