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liberté de la plume
cette plume appartenait
à un geai des chênes
qui l’a déposée une nuit
devant chez moi
pour que je la trouve au matindeux centimètres de haut
j’ai failli ne pas la voir
depuis que je l’ai prise
entre mes mains
elle est entrée dans mon âme
et ma vie a changé
ma vision de la beauté
mon symbolisme
mon attention aux détails
j’ai découvert
le minusculement magnifique
porteur d’envol et de légèreté
de tournoiement aussimais il a fallu
qu’un petit animal
perde un attribut
pour que je gagne en émotionj’espère que cette plume
n’est qu’une mue
pas l’issue d’un combat
un don pas une perte
merci à l’oiseau
qui m’a offert ce cadeau
je lui promets
qu’il portera ses fruits
désormais mes mots
seront ceux de sa libertéTexte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
Voir la version illustrée. -
ode à l’oubliée
elle est l’épure
brume qui feutre l’horizon
pour y cacher la douleur
main tendue vers les soupirs
et les coins d’ombre
courbe tranquille et seule
narguant les lignes dures
où paradent
les hallebardeselle est l’oubliée des livres
des notes et des couleurs
trop occupée à battre
le tambour incessant
du jour et de la nuitelle est le chemin caché
le long des berges bruyantes
la lumière du soir
drapant de tendresse
les âmes fissurées
l’odeur primale
de la peau caressée
la bouche tant aimée
pour ses mots ses baiserselle est la frondaison
d’un gai printemps
dansant dans le vent
silhouette effacée
derrière les premiers plans
des paravents
elle est le murmure poignant
entre les cris
entre les mots
et son chant à elle
est le chant le plus beauelle est l’avant
elle est l’après
elle est le sel d’aujourd’huiet notre seul futur
…à toutes mes femmes
Texte de Luc Fayard. Voir la version illustrée. -
partir
barré par l’envol des oiseaux blancs
le trait de lumière décoiffe l’horizon
la mer désertée ne vibre plus du vent
qui tourmentait le destin des passantsil est temps
de partir
ailleurs
où la peine
serait douce
à vivreje marcherai sur les sentiers embrumés
respirant le souffle des frondaisons
l’âme pleine de tableaux de rêves
et de souvenirs aux reliefs embellismais la pluie
refroidira
mon ardeur
et le seul bruit
de la nuit
mon cœurl’aube verra palpiter la rosée
et parvenu au seuil de la maison
j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
et la refermerai sur mon ombre passéeTexte de Luc Fayard; voir la version illustrée
