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sans frontière
nulle ligne assurée
entre terre et eau
entre bas et hautdans le palude
pourtant
à chacun sa substance
sa texture sa couleur
qui se relaient
dans le passage invisible
du fluide au solide
dans la prégnance humide
d’un paysage à part
ici vibrent les sens
en large palette
du musqué au salé
du sec au mouillédu silence au bruissementdu gris noir au gris blanc
le nez devant le pied
l’odeur nous guide
on la hume
perdu dans la nassed’un monde sans barrières
seule la pluie pourrait
réunir les matières
dans la même brume
soyeuse et mystérieuse
ainsi va la vie
brouillard tenace
sans frontière
entre jour et nuitTexte : Luc Fayard, inspiré de Palude, de Marie Deloume
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éloge de l'ombre
bien sûr il a fallu
que naisse la lumière
pour ensuite l’oublier
définitivement
ne garder que les demi-teintes
et surtout les jeux les renvois
les bégaiements
avancer sur le côté
balbutiantlaisser l’âme s’émouvoir de l’obscur
le cœur frissonner du soupçon d’un remous
le sourire s’embellir de l’énigmatiquecontempler les aspérités
pour ne pas s’en blesser
suivre les perspectives en flèches
vers les frondaisons dansantesne rien croire d’abord
tout imaginerécouter le vent quand il trouble la pluie
profiter de la fraîcheur entre jour et nuit
quand la vie prend le goût
d’un petit grain de selglissant sur une peau tannéede l’amour
ne retenir que ses frôlements
débuts bruissements
les senteurs de jeunesse
silences rapprochés
la brutale attente de la rencontre
instants figésdans la nature et dans l’homme
étudier sans cesse le plus fort contraste
la ligne de fuite évasive et décidée
qui dessinera l’arrière-plandans les replis brumeux
déformer la silhouette du temps
suivre les fantômes blancsdans les traces des passantset quand tu graveras
ton propre sillonsentir comme l’iodela liberté t’envahir
à pas de géantHommage à Junichiro Tanizaki
Finaliste du Diplôme d’Honneur – Concours Europoésie-Unicef 2023
illustré par Nocturne in Black and Gold – the Falling Rocket, de James Abbott McNeill Whistler ou bien par Mystère et mélancolie d’une rue, de Giorgio di Chirico
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ronde des si
si le cercle est brisé
vais-je retourner sur mes pas
ou bien bâtir une passerellesi les bouts scindés se relient
atteindrai-je mon départ
ou bien les traces d’un nouvel envolsi je franchis les traits de couleurs
verrai-je le ciel s’éclaircir
ou bien la terre sombrersi la foule se presse en chemin
se tiendra-t-on vraiment la main
ou bien marcherai-je isolési trois notes franchissent la mer
entendrai-je une symphonie
ou bien le solo du désespoirsi je respire longtemps
sentirai-je une forme d’énergie
ou bien l’impermanencedans l’infini du vide
le cercle ne dit rien me dit tout
je ne suis rien je suis toutFinaliste du Diplôme d’Honneur – Concours Europoésie-Unicef 2023
Texte : Luc Fayard
inspiré par Cercle – Ascèse VIII, 2007 – Série: « Silencieuse Coïncidence, de Fabienne Verdier, à qui j’ai demandé une autorisation de reproduction; alors en attendant, je l’illustre avec « Disques de Newton« , de Frantisek Kupka (que j’aime beaucoup aussi !)
Voir et entendre récitation musicale de poésique dans Galerie Amavero
