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le jeune berger
Ces drôles de gens pressés
Je les entendais depuis longtemps
Ils se sont arrêtés dans un bruit de ferraille
Avec leur vieille bagnole pourrie
C’est malin tout le troupeau a fuiPourquoi me regardent-ils comme ça ?
Étrangers, salut !
Voici ma terre ses pierres dures et noires
Voici le fleuve Indus toujours pressé
Qui court après les nuages
Voici les montagnes immenses de mon pays
Vous pouvez lever la tête
Elles seront toujours plus hautes que vous (rire)Ici, le sol est gris comme la vie
Le ciel bleu comme les rêvesLes bêtes sont loin maintenant
Il faut que j’aille les chercher
J’ai faim j’ai froid
Pour une fois j’aimerai rentrer avant la nuitLes étrangers sont remontés dans leur voiture bruyante
Ils agitaient leurs mains comme pour chasser les mouches
Ils me souriaient en partant
Comme si on se connaissait !Maman, que fais-tu en ce moment au village?
Aujourd’hui, j’aurai préféré rester là-bas
Jouer avec les cousins
Prendre la petite sœur dans mes bras
Écouter les histoires du grand-père
Au lieu d’être ici
Seul
A nouveau -
princesse
c’est drôle elle croit sans doute
qu’elle peut cacher sa beauté
derrière la main
alors que tout en elle flamboie
elle est la grâce effarouchée
ce n’est pas le hasard
qui crée son éclat
les cheveux noirs
se rassemblent savamment
les étoffes explosent
les bracelets s’imposent
qui connaîtra jamais
l’infinité de son sourirela façon sensuelle qu’elle a
de déployer son corps grand et droit
son port de princesse du Thar
la fait régner sans partage
sur le désert indien
seul un homme sensible et juste
pourra apprécier un tel don du ciel
bénie soit-elle -
voie de l'homme
homme libre et faible voici enfin ta voie
dénuée de poussière et d’ortie
écoute l’oracle guidé par l’amour
assieds-toi un instant près de moi
calme ton cœur qui bat trop fort
à courir après l’informuléviens ici
tu peux déposer larmes et désir tragique
mon ami mon frère écoute-moi
la vérité que tu cherches est là
mais tu ne la vois pas
arbre décharné
tes branches nouées
retourné en-dedans
phare à l’enversalors voici
commence par te frotter à l’homme au lieu de le fuir
nourris-toi du fond de ses regards fiers
et c’est ainsi que naîtront tes nouveaux désirs
ton âme blottie dans la chaleur des mersensuite cherche en toute chose sa beauté
mais au-delà d’elle nichée quelque part
en haut d’une montagne derrière un nuage une mare
un coin secret que tu découvriras émerveillé
et ce sera ton jardin mystérieux éternelenfin demeure en tes mots avec la chair et non l’esprit
tu es le temple de ta poésie
seule vérité possible elle est la voie
elle est la clé qui ouvre toutes les foismon ami mon frère
je ne te parle pas de bonheur ni de plénitude
je te parle simplement de vivre
et de la vraie richesse
comme un sourire de pleine lune
dans la nuit des doutesmarche respire regarde sens pleure
et dis-le
