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homme d’ombre et d’onde (avant après)
avant
j’étais un homme d’ombre et d’onde
pleurant seul
ballot d’aube
et me voici lumière active
chassant l’inutile
fuyant les prémices obscures de la mort
long fut le temps où je cherchais l’indicible
au-delà de la poussière des jours
aujourd’hui je cours
hâté par les battements du coeur
peuplant le présent d’un corail de pacotille
futile barrière anti-futur anti-noir anti-tout
j’étais larve du soir fantôme d’attirance
et me voici prévisible espérance
fallait-il hier se fondre
dans les couleurs neutres
du feutre automnal
ou faut-il maintenant
vibrer bêtement
sur des fréquences arc-en-ciel
entre douleur et fureur
par mon incomplétude structurelle
plus je suis imparfait plus je m’ancre
quand je crie mon impuissance
l’écho de la terre se pare d’infini
ma solitude est multiple
mon désespoir infime
mon avenir sans surprise
mes mains fabriquent ma tour d’ivoire
tandis que sèche mon coeur
je vois une vie sereine
avec des yeux de comptable
quand je vivais l’errance
avec une âme de poète
la marque du bonheur
imprime mon sourire
ma peau est lisse
comme un bébé
j’ai perdu mes crevasses
en même temps que mes cheveux
je marche droit vers la fin
avec une force joyeuse et contrôlée
la route monte de plus en plus
le soleil me frotte le dos
il me dessine une ombre gigantesque
je reste coi
les oreilles bouchées de certitude
un jour peut-être
se marieront mes deux destins
mon passé d’abondance et d’ébauches
et mon présent de fer apparent
ce jour-là gare je serai le roi de la terre
je n’aurai plus qu’à mourir et comparaître
alors je dirai à Dieu
Seigneur, me voici
pêcheur à occurence multiple
(vous seriez jaloux d’un saint)
j’ai cherché et suivi toutes les voies
qui mènent à vous
j’ai rêvé et j’ai agi
j’ai aimé et j’ai créé
j’ai pleuré et combattu
j’ai écouté et j’ai dirigé
j’ai donné et entrainé
mes rêves me rapprochaient de vous
mais dans une forme d’inutilité
mes actes me rendaient insouciant
mais je perdais le sens du bien
l’amour m’a comblé
dans un quotidien douteux
mes pleurs étaient des gouttes d’insuffisance
mes combats une vaine agitation
et quand j’ai voulu emporter d’autres derrière moi
j’ai souvent quitté les routes de la théorie
pour un chemin ou tout est discutable
Seigneur me voici
que fallait-il faire
et Dieu de sa voix caverneuse et douce
me donnerait enfin cette réponse
que je ne connais pas
et qu’il faut que j’attende encore
esclave combattant avec ses deux vies
homme fatal de la dichotomie
imparable amant du futur antérieur
funambule de l’inestimable impossible
gratteur de racines incomestibles
chercheur d’ailleurs successifs
vasectomisé génétique
du chromosome bonheur -
belzébuth
tut tut tut
la cahutte
sur la butte
belzébuth
prend son luth
ou sa flûtetut tut tut
belzébuth
persécute
mi sol ut
ça chahute
c’est son buton l’bizute
mais la brute
belzébuth
bête en rut
a dit zut
à la putebelzébuth
tout hirsute
sous sa huttea l’scorbuton dit chut
plus de flute
ni de luth
c’est la chute
la culbute
plus de lutte
belzébuth
sans volute
parachute
azimut -
à petits pas
elle s’avance à petits pas
levant vers moi son regard clair
impératif et fier
je ne sais ce qui me trouble le plus
sa rousseur ou ses yeux verts
quand elle s’étend lentement sur le lit
elle s’en empare sans lutte
se lovant d’une manière incroyablement ronde
prise de possession totale capture
je ne suis plus que son prisonnier fataldès qu’elle surgit
tout l’espace lui appartient
quand elle frotte sa tête contre la mienne
j’entends son cœur qui ne bat que pour moielle est la grâce et le mystère
jamais elle ne crie
toujours ses yeux parlent pour ellequand elle me quitte
d’une démarche souple et altière
le temps se fige
je ne respire plus
je n’existe plus pour elle
je ne survis que pour son retour
m’occupant sans âme à des tâches incertaines
la vie n’est qu’une lutte entre désir et spleenelle me rend plus aimable et souriant
telle est sa marque sur le sceau du temps
partout où elle vit hautaine
elle se déplace en reine
sans hâte
ma chatte
