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chevauchées et clôtures
roulement lourd de la chevauchée
plein soleil
la plaine et la poussière
la liberté et la contrainte
la fatigue et la joie
le bonheur peut-être
à bien y regarder pourtant
lourdes sont les selles
dures et longues les jambes des cavaliers
implacable le mors en bouche des chevaux
pour les tenir au carré
pas question de ruer
comme à côté d’eux les copains libres
là où le cavalier décide ils devront aller vivre
les chevaux s’ébrouent lentement tête baissée
ils savent tous que le soir advenu c’est sûr
ils seront enfermés par les mêmes clôtures
où les a mené ce brouhaha indompté -
vieille hunzukut
elle compte plus de rides sur sa peau cuivrée
que d’années dans son corps voûté
toujours elle baisse les yeux et fronce le nez
sans sourire et sans le faire exprès
le soleil distribue la lumière et l’ombre
sur un visage auréolé
ses fins cheveux gris et ambre
amplifient la force de sa stature
pour elle le temps qui passe et qu’il fait
n’a pas notre valeur hypertrophiée
elle l’a définitivement apprivoisé
derrière ses yeux plissésvoir dans Poésie de l’Art une mise en scène avec illustration IA -
j'aime la musique qui chante
j’aime la musique qui chante
sans les piaillements d’un saxo courant après les notes
j’aime l’harmonie horizontale qui raconte une histoire
sans la fureur verticale qui plaque des accords impossibles
j’aime le silence l’introduction l’espoir
au piano je n’aime pas les mains qui s’entrechoquent
j’aime la main gauche qui épaule la main droite
qui lui permet de chanter
j’aime la note qui dure un peu plus longtemps que prévu
suspendue dans cette attente où tout s’imagine
j’aime la musique qui permet de créer sa musique
comme un tableau commencé par l’artiste qu’on pourrait poursuivre
une palette de couleurs à compléter en ouvrant les mains
j’aime quand le souvenir s’incruste
quand la vibration s’accorde à l’âme
une fréquence inconnue dans les livres
j’aime la sublime guitare
quand elle offre chaque note
ciselée comme une œuvre d’art
et la mélodie qui se déploie comme une symphonie
