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Novalis : Hymnes à la nuit (extrait)
Vers le bas je me tourne, vers la sainte, l’ineffable, la mystérieuse Nuit. Le monde est loin – sombré en un profond tombeau – déserte et solitaire est sa place. Dans les fibres de mon coeur souffle une profonde nostalgie. Je veux tomber en gouttes de rosée et me mêler à la cendre. – Lointains du souvenir, souhaits de la jeunesse, rêves de l’enfance, courtes joies et vains espoirs de toute une longue vie viennent en vêtements gris, comme des brouillards du soir après le coucher du soleil. La Lumière a planté ailleurs les pavillons de la joie. Ne doit-elle jamais revenir vers ses enfants qui l’attendent avec la foi de l’innocence ?
Novalis, Hymnes à la nuit -
O'Hara (Frank) : Ode To Joy
(suite…)We shall have everything we want and there’ll be no more dying
on the pretty plains or in the supper clubs
for our symbol we’ll acknowledge vulgar materialistic laughter
over an insatiable sexual appetiteNous aurons tout ce que nous voulons et il n’y aura plus de mort
sur les jolies plaines ou dans les clubs de souper
pour notre symbole nous reconnaîtrons le rire vulgaire et matérialiste
sur un appétit sexuel insatiable -
Dupin (Jacques) : La ligne de rupture
Il s’en faut d’un effondrement, d’une dérive souveraine
(suite…)
la surface du jeu, l’alternance et l’altération
c’est la peau du dehors qui se retourne et nous absorbe
analphabètes pour les feuilles, détachés de tout arriéré scintillant
qu’on expulse de soi avec la tourbe, les viscères
et les choses attisées, la nuit, et les hardes de couleurs
la loupe asphyxie son maître, la fenêtre donne sur le talion -
Dupin (Jacques) : Proximité du murmure (extrait)
…
Sorbes de la nuit d’été
étoiles enfantines
syllabes muettes du futur amour
quand les flammes progressent de poutre en poutre sous nos toits
exiguë
la définition du ciel
…
Jacques Dupin: extrait de Proximité du murmure utilisé par Joan Mitchell dans son tableau « Sorbes de la nuit d’été« -
Stevens (Wallace) : Domination of Black (Domination du Noir)
(suite…)At night, by the fire,
The colors of the bushes
And of the fallen leaves,
Repeating themselves,
Turned in the room,
Like the leaves themselves
Turning in the wind.La nuit, au coin du feu,
Les couleurs des buissons
Et des feuilles tombées,
Se répétant elles-mêmes,
Tournaient dans la chambre
Comme les feuilles mêmes
Tournent dans le vent.
