Autres Textes et Poèmes choisis

  • Raysse, Martial : Une allégresse de vignes

    Une allégresse de vignes
    au penchant du ciel
    ciel de briques rouges de méduses bleues
    au miroir de ton dos
    caparaçonné de bois roussis

    (suite…)
  • La Frenière (Jean-Marc) : Un feu me hante

    Un feu me hante

    Si je n’ai plus de bouche, je parlerai quand même, avec mes pieds, avec mes yeux, avec mes poings, avec mes ongles sur les murs, avec mes doigts aveugles dans le braille des jours. Si les bêtes me dévorent, je parlerai par elles. Je serai l’os sonore dans la gueule du silence. Un feu me brûle et me hante. On ne peut pas tenir en laisse un cœur qui prend feu.

    (suite…)
  • Dorion (Hélène) : L'arbre

    le mur de bois
    s’est fissuré

    une pluie
    de longues tiges
    inquiète nos pas
    tombe comme on tombe
    parfois dans sa propre vie

    j’écoute cette partition
    du temps
    je déchiffre enfin
    le désordre des branches

    les forêts hurlent
    entre racines et nuages

    Hélène Dorion,  Mes forêts

  • Blake (William) : Voir un monde dans un grain de sable

    To see a World in a Grain of Sand
    And a Heaven in a Wild Flower,
    Hold Infinity in the palm of your hand
    And Eternity in an hour.

    Voir un monde dans un grain de sable
    Et un paradis dans une fleur des champs,
    Tenir l’infini dans la paume de ta main
    Et l’éternité dans l’heure présente

    William Blake. Auguries of Innocence (Augures de l’innocence) écrit en 1803 mais publié posthume en 1863

  • Blake (William) : Celui qui lie la joie à lui-même

    Celui qui lie la joie à lui-même
    Ne fait que détruire la vie ailée;
    Mais celui qui embrasse la joie au vol
    Vit dans le soleil levant de l’éternité.

    He who binds to himself a joy
    Does the winged life destroy;
    But he who kisses the joy as it flies
    Lives in eternity’s sunrise.

    William Blake. The Marriage of Heaven and Hell (Le Mariage du Ciel et de l’Enfer), 1793