Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
je parle encore personne n’entend parole sans liesse comme le vent murmure indistinct magma lointain sur la foule qui se presse et m’ignore
quand les remous le secouent corps et âme personne pour partager la fièvre du marin qui rame dans une barque ébranlée par les vagues houleuses de la solitude
faudra-t-il que je hurle ma douleur d’être pour que ma voix parvienne sans filtre au cœur sensible et doux le pénètre et que l’élu se penche vers moi ému de mon émoi
si jamais j’entendais une voix comme la mienne quel baume elle poserait sur les plaies du silence
il y aurait tant à dire pour toucher de près les êtres qui doutent les chercheurs de pureté si l’on m’écoutait je parlerais sans fin de la beauté des choses dans la lumière du soir et de l’ombre qui les agrandit je raconterais les méfaits du serpent du souvenir et le bienfait d’un sourire inattendu je dirais tous les espoirs reliés les uns aux autres comme une ligne d’horizon entre vert et bleu
et avant de me taire je dirais l’amour nu cristallin de quartz blanc recelé par le sable qui sera découvert le jour du grand reflux
La Genèse de la Genèse, de Marc-Alain Ouaknin (couverture)
Le bouquin date de 2022, vous voyez comme je suis réactif. Mais il est éternel bien sûr, c’est une somme, une nouvelle Bible, un monument… Les superlatifs pleuvent sur cet ouvrage d’érudit. L’auteur est un personnage étonnant, fanatique du décryptage du moindre caractère hébraïque qui contient selon lui toute la vérité du monde, ce qui ne l’empêche pas d’être drôle et iconoclaste.
Donc l’auteur a retraduit lui-même la Genèse et, avec son éditrice Diane de Selliers, ils ont illustré chaque passage d’un tableau abstrait, en général très connu.
On reste évidemment confondu de tant d’érudition religieuse, littéraire et artistique.
Mais comme l’auteur le dit lui-même en citant Marcel Duchamp, il faut voir la vie en « ose », alors j’ose.
Je ne parlerai pas de sa traduction de la Genèse , je n’ai aucun avis là-dessus. Tout au plus ça m’amuse qu’on puisse passer autant de temps à décoder des contes de fées mais je respecte ce travail monumental.
Je ne parlerai que des illustrations et, là, je suis très déçu par le choix des 117 oeuvres qui sont magnifiques bien entendu, irréprochables, de grande renommée… Mais enfin c’est très scolaire tout çà, très premier degré. On dirait le devoir d’un élève de Terminale, aidé par ses parents fiévreusement plongés dans les catalogues d’art (ou de l’IA?). On aurait aimé un peu plus de risque dans le choix de ces illustrations, qu’elles soient plus décalées, plus allusives. Non, ici, on y va au grand canon de la ressemblance, au marteau-pilon de l’analogie. En gros le texte parle de circularité? Hop, je te propose un tableau avec un cercle (devinez qui c’est? Fabienne Verdier évidemment, qui tourne en rond depuis des années, la pauvre).
Et ça commence dès le premier verset de la création : boum, un cercle noir ! (Malevitch). La Tour de Babel ? Si, si, c’est une tour (Vasarely). La sortie de l’arche ? Les mignons petits bouts de couleurs éparpillés de Hantaï (que l’artiste a appelé « Blanc » évidemment, comme c’est drôle). Mais pour la pomme, je vous rassure, ce n’est pas Magritte. Et d’ailleurs, d’après l’auteur, il n’y a pas de pomme. On tombe quand même sur de belles trouvailles, ne boudons pas notre plaisir, comme le cercle (encore un, il y en a beaucoup!) de Giacoma N-Bella pour « Et vous fructifiez-vous… ».. Mais celui-là, au moins, il est traversé de désirs.
D’ailleurs, entendons-nous bien, j’aime toutes les œuvres, elles sont belles, de qualité mais quel dommage quand même que tant d’intelligence pétillante n’ai pu être mise davantage en valeur par une finesse artistique du même acabit, la fusion aurait pu donné un livre merveilleux.
Celui-ci, sur le plan artistique, est juste éminemment (pour ne pas dire pompeusement) respectable.
La Genèse de la Genèse, de Marc-Alain Ouaknin (extrait 1)La Genèse de la Genèse, de Marc-Alain Ouaknin (extrait 3)
La Genèse de la Genèse, de Marc-Alain Ouaknin (extrait 2)La Genèse de la Genèse, de Marc-Alain Ouaknin (extrait 4)
Mais, c’est vrai, nous sommes très fiers des nouveaux voyages que nous vous proposons entre le mot, le texte et l’œuvre d’art. Des voyages sans fin, remplis de surprises et de découvertes…
Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)
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🎯 le Mot (environ 3 000 signifiants uniques dans les poèmes),
🎯 le Mot-clé (environ 2 000 distincts dans les images),
🎯 l’Art (1 500 œuvres)
🎯 et la Poésie (500 poèmes)…
Vous partez de n’importe lequel de ces ports pour vous embarquer vers n’importe lequel des autres puis vous repartez et la traversée peut durer éternellement…
Avec les mots, vous aviez déjà les outils suivants 👉
Aujourd’hui, la boucle est bouclée, de la poésie à l’art et inversement, sans page nouvelle, uniquement avec un enrichissement des pages existantes :
👉 quand vous lisez un poème seul (non illustré à l’origine), voici maintenant un petit bloc qui s’affiche en-dessous et vous propose une œuvre d’art en résonance : allez tester sur un poème au hasardpour voir le résultat…
👉 quand vous affichez une œuvre d’art (sans texte à l’origine), voici maintenant une petite ligne en-dessous qui vous propose un titre de poème en résonance que vous pouvez allez visiter si vous voulez : allez tester sur une œuvre d’art au hasard et vous serez conquis(e).
Et ainsi de suite… Les étapes changent à chaque traversée; nous vous proposons jusqu’à trois images par poème qui vous permettent de faire varier votre parcours.
Bon voyage sur la mer de l’art et de la poésie avec les nouveaux bateaux Amavero !
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PS: faites-nous part de vos commentaires et suggestions 📬 Contact
Annexe technique : nos « inventions » ne résultent ni d’une prouesse ni d’un miracle, elles sont la conclusion d’un travail d’archiviste et de curateur poursuivi dans l’ombre depuis des mois pour associer chaque image d’art à 10 mots-clés les plus représentatifs de l’œuvre, 5 contextuels et 5 dans le registre du sensible et de l’émotion. Quant aux poèmes, il a fallu en extraire les mots les plus signifiants en imposant une fusion de mots selon des proximités sémantiques et le bon sens. Ensuite, les algorithmes ont fait le reste, dirigés par nous d’une main de fer !L’IA nous a bien aidés dans ce travail mais on peut dire qu’on l’a formé en profondeur à l’analyse d’œuvres d’art et de poèmes.Au début, sur une nature morte, elle prenait une tablette de mur de cuisine avec des bouteilles pour l’horizon sur la mer avec des bateaux ! Il a fallu des centaines d’échanges pour en faire un bon analyste d’art sur les critères de base. Pour le texte, nous sommes passés par des étapes invraisemblables comme de lui expliquer comment on fait un tri sérieux sur des noms de famille, ce que l’IA ne sait pas faire en standard !C’est ainsi que vous trouvez des sites soi-disant culturels qui affichent leurs listes d’auteurs ou d’artistes soigneusement triées… sur le prénom (comme le fait WordPress.com, notre hébergeur) ! Rassurez-vous, pas dans Amavero !…Voir les Index des Auteur(e)s et des Artistes.
cette plume appartenait à un geai des chênes qui l’a déposée une nuit devant chez moi pour que je la trouve au matin
deux centimètres de haut j’ai failli ne pas la voir depuis que je l’ai prise entre mes mains elle est entrée dans mon âme et ma vie a changé ma vision de la beauté mon symbolisme mon attention aux détails j’ai découvert le minusculement magnifique porteur d’envol et de légèreté de tournoiement aussi
mais il a fallu qu’un petit animal perde un attribut pour que je gagne en émotion
j’espère que cette plume n’est qu’une mue pas l’issue d’un combat un don pas une perte merci à l’oiseau qui m’a offert ce cadeau je lui promets qu’il portera ses fruits désormais mes mots seront ceux de sa liberté
Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z. Voir la version illustrée.
barré par l’envol des oiseaux blancs le trait de lumière décoiffe l’horizon la mer désertée ne vibre plus du vent qui tourmentait le destin des passants
il est temps de partir ailleurs où la peine serait douce à vivre
je marcherai sur les sentiers embrumés respirant le souffle des frondaisons l’âme pleine de tableaux de rêves et de souvenirs aux reliefs embellis
mais la pluie refroidira mon ardeur et le seul bruit de la nuit mon cœur
l’aube verra palpiter la rosée et parvenu au seuil de la maison j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond et la refermerai sur mon ombre passée
Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée
partir
Lucas Arruda : Untitled – Deserte Modelo (2021) – (montage)
Lucas Arruda : Untitled Deserte Modelo (2021) – accrochage original Carmignac 2023
Romain Greco : La Maison de Gabrielle, rue Saint-Vincent (1962)
Françoise Gilot : Portrait in Black (Myself at Work) (1943)
Lix : Ilustration de L’Antiquaire, de Walter Scott (1888)
Jules Perahim : Vendeur de lune (1979)
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