Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
1 556 artistes • 821 auteurs publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Les spécialistes savent de plus en plus de choses dans des domaines de plus en plus restreints : à la limite, ils savent tout sur rien.…… Lire
Notes techniques de l’auteure : « Pour le texte de la chanson, Chat m’a permis de créer de magnifiques métaphores. La chanson a ensuite été composée avec @sunomusic. Les images ont été créées à partir des paroles, qui m’ont servi de point de départ. L’animation a été réalisée avec #VEO3. »
Jeremy Mann – Cityscape No+621 (2025)E.C. Baugh – Figure II (2025) – cendres et charbon de bois sur linZaria Forman – Greenland #52 (2020) – pastelErin Hanson – Parc Monceau (2024)Tibor Nagy – The Gray Illusions (2024)
j’aime le destin hésitant d’une trace de pas sur le sable mouillé la poussée invisible du vent dans les frondaisons le vent de pleine mer qui me ride la peau l’écume grondeuse dans le sillage du voilier le mouvement perpétuel des vagues sur la mer comme dans ma vie chercher à deviner où elles commencent et se terminent
j’aime l’infini du vert dans la forêt d’été l’ombre d’un mur qui dévoile son histoire fatiguée le chien immobile qui dort comme si rien ne pouvait lui arriver rêver quand perdu dans une ville étrangère je survole invulnérable les toits et les arbres l’évolution des paradigmes pour les gens qui volent comme moi hier ce vol était sexuel aujourd’hui il est liberté
j’aime la possibilité d’un sourire les limbes le flou la demi-teinte l’incertitude le non-dit les arrière-cours le silence qui parle de lui-même les livres que j’ai lus même si je ne lis plus les artistes libres qui sauveront peut-être l’humanité de ses tyrans me perdre dans les couleurs et les plans d’un tableau puis imaginer où pourrait aller le trait du pinceau quand il sort du cadre
j’aime la vie parce qu’elle est le plus grand des paradoxes c’est le moins qu’elle puisse être ne pas comprendre la musique et l’aimer quand même idem pour la philosophie l’idée de pouvoir vivre assez vieux pour embrasser un enfant d’un enfant de mes enfants et me dire alors que je peux mourir sans regret avoir compris que l’amour est enfant de hasard et de grâce ne plus croire en Dieu mais lui parler de temps en temps quand ça va mal
j’aime le rose du soir dans le ciel du sud la bruine uniquement en bord de mer les branches hivernales des arbres poussant les plaintes de leurs bras nus vers le ciel les soirs qui durent longtemps dans le noir les matins indécis à se désembrumer
j’aime l’orgueil qui me sauve de la paresse le souvenir mensonger de ma jeunesse belle et arrogante tous les mots qui n’ont pas encore été prononcés
j’aime les gueules pas banales les gens qui me font rire les autres m’ennuient les voix rauques surtout chez les femmes les yeux d’un visage quand ils parlent d’abord la grâce d’un mouvement de tête entraperçu au moment précis où elle se détourne
j’aime les sentiers qui montent vers l’air pur et le silence léger les chemins qui tournent en suivant les bords de mer sentir que j’ai une âme forte quand elle frémit et pleure m’endormir le plus tard possible j’ai peur de mourir dans mon sommeil
j’aime la promesse d’écrire chaque jour jusqu’à ma mort pour dire ce que j’aime
(à suivre…)
Daniel Keys – Abondance (2017)
Texte de Luc Fayard illustré par 7 artistes contemporains (de haut en bas) : Jeremy Mann, E.C. Baugh, Zaria Forman, Erin Hanson, Tibor Nagy, Eva Nielsen, Daniel Keys
John Atkinson-Grimshaw – Nightfall Down the Thames (1880)Harald Sohlberg – Nuit d’hiver dans les montagnes (1914)Elihu Vedder – The Cup of Death (1885)
quand les voiles de la nuit quitteront les quais déserts pour m’embarquer de force vers le trou du grand large
avant de partir j’entasserai dans ma besace les trésors qui m’ont rajeuni l’âme tout au long du chemin
je cueillerai des morceaux de nature et de tableaux ayant capté le vrai dans l’invisible et le souffle dans la création
j’accrocherai quelques notes l’une derrière l’autre tourbillon de contrastes grimpant vers le ciel
de mes rêves j’emporterai les baisers non donnés gorgés d’étranges frissons à la douceur inconnue
de ma vie les soleils rouges ayant illuminé mon cœur des horizons non gagnés pour m’avoir ébloui
je changerai l’un de tes sourires en un souple trait d’infini pour que le vent des soupirs m’effleure sans remords
je volerai un rayon de tes yeux pour que sa lumière m’éclaire dans ma traversée solitaire vers l’ombre et le silence
puis je laisserai le temps voleur transmutant ravir l’éclat des autres pour l’exiler dans l’oubli
j’oublierai tout le reste et dans l’ultime geste solennel théâtral de comédie humaine
je me draperai dans la soie de nos silences profonds pour que l’odeur de ta peau devienne mon dernier parfum
Nicholas Roerich – Étoile du Héros (1936)Valerius De Saedeleer – Verger en hiver (1907)Romaine Brooks – Le Trajet (1911)
Texte de Luc Fayard illustré par six oeuvres d’artistes modernes : John Atkinson-Grimshaw – Nightfall Down the Thames(1880) ; Harald Sohlberg – Nuit d’hiver dans les montagnes(1914) ; Elihu Vedder – The Cup of Death(1885) ; Nicholas Roerich – Étoile du Héros(1936) ; Valerius De Saedeleer – Verger en hiver(1907) ; Romaine Brooks – Le Trajet(1911) ;
A force de grandir, avec régulièrement de nouveaux auteurs et chaque jour de nouveaux artistes, Amavero a fini par être victime de son succès et ne plus savoir très bien où il en était. Alors nous avons pris le temps d’organiser nos infos sur les auteurs et sur les artistes, et surtout de le faire d’une manière qui permette une mise à jour automatique en temps réel. C’est chose faite après de longues heures de travail avec à la fois l’assistance (humaine) de wordpress.com qui est disponible, fait suffisamment rare pour être signalé, et en plus efficace et compétente et celle de plusieurs IA entre lesquelles nous avons partagé le travail: ChatGPT a longtemps été le partenaire principal du site et il est progressivement remplacé maintenant par Gemini, plus rapide. Et chaque fois qu’un problème un peu épineux se pose, nous préférons le confier à Claude qui nous parait être à la fois le meilleur développeur et le plus rapide.
Nous espérons que vous allez apprécier ces outils qui vous permettent de trouver les auteurs et les artistes que vous cherchez , ou d’en découvrir. Vous vous apercevrez peut-être que selon les index , les compteurs peuvent avoir de petites différences. Ce ne sont pas des erreurs mais des approches différentes de recensement ! Une chose est sure: nous sommes à plus de 1 000 artistes et plus de 700 auteurs
Le point d’entrée facile avec un moteur de recherche spécialisé artiste-auteur et un affichage en liste, chaque nom affiché étant simplement indiqué comme auteur ou comme artiste avec un lien vers sa fiche standard.
Au jour de publication: 1096 artistes et 167 auteurs r (sans compter évidemment les auteurs cités dans les autres univers, voir plus loin l’index global des auteurs)
Il rassemble tous les artistes publiés par Amavero dans les publications d’art et pour chaque artiste, toutes les œuvres publiées.
A ce jour : 1 072 artistes, 1893 œuvres.
Oui, nous savons, Il faut faire un effort pour introduire davantage de nouveaux artistes ! Mais sur les grands noms ou sur les coups de coeur, on a parfois du mal à se réfréner…. Exemple de citation pour un grand nom :
D’abord le titre de l’œuvre avec sa date si possible, ensuite son endroit de publication dans Amavero (avec le nom du poème si elle est accolée à un texte), et si possible sa catégorie d’art; vous notez qu’une même œuvre peut être publiée plusieurs fois, dans plusieurs publications différentes : nous avons gardé toutes ses occurrences parce que nous pensons qu’elles peuvent vous intéresser.
Même principe que pour les artistes, tous les auteurs publiés pour Amavero dans les publications d’art ou choisis par Amavero dans les autres univers; avec un affichage soit global, soit par grand univers: Poèmes-art, Poèmes, Textes choisis, Citations, Bibliothèque. Et là aussi mise à jour en temps réel à chaque publication d’un nouvel auteur. Dans cette première version, nous avons recensé à l’heure ou nous publions : 746 auteurs.
N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques ou suggestions sur l’utilisation de ces index :
Du bist die Zukunft, großes Morgenrot über den Ebenen der Ewigkeit. Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit, der Tau, die Morgenmette und die Maid, der fremde Mann, die Mutter und der Tod.
Du bist die sich verwandelnde Gestalt, die immer einsam aus dem Schicksal ragt, die unbejubelt bleibt und unbeklagt und unbeschrieben wie ein wilder Wald.
Du bist der Dinge tiefer Inbegriff, der seines Wesens letztes Wort verschweigt und sich den andern immer anders zeigt: dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.
Tu es l’avenir, la grande aurore sur les plaines de l’éternité. Tu es le cri du coq après la nuit du temps, la rosée, la prière du matin, la jeune fille. l’étranger, la mère et la mort.
Tu es la forme qui sans cesse change, qui, toujours solitaire, émerge du destin, qui demeure sans gloire ni regret et vierge comme une forêt sauvage.
Tu es l’essence même des choses qui tait le dernier mot de son être et qui se montre aux autres toujours autre : au navire comme une côte, à la terre comme un navire
(1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque. Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard
Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir
Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)
Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)
Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine
Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)
Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)
LEAR Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow! You cataracts and hurricanoes, spout Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks! You sulphurous and thought-executing fires, Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts, Singe my white head! And thou, all-shaking thunder, Smite flat the thick rotundity o’ the world! Crack nature’s moulds, all germens spill at once That make ingrateful man!
LEAR Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez, Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes ! Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée, Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne, Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle, Aplatis l’épaisse rotondité du monde, Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes Qui font l’homme ingrat !
Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats
William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)
Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.
C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.
(1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.
Parle laisse tomber une parole Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille Parle Une pirogue glisse vers la lumière Une parole légère avance à pleines voiles Le jour a la forme d’un fleuve Sur ses rives brillent les plumes de tes chants Douceur de l’eau dans l’herbe endormie Eau claire voyelles à boire Voyelles parures du front des chevilles Parle Touche la cime d’un silence heureux Et puis ouvre les ailes parle sans cesse Un visage oublié passe Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs L’enfance avec ses flèches son idole son figuier Romps les amarres passe avec la tour et le jardin Passent futur et passé L’heure déjà morte et l’heure à tuer Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant Volées de comètes qui se perdent dans mon front Parle Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes
Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014. Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.
Octavio Paz : Source
Camillo Innocenti : Nuit (1913)
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