Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Chaque matin, quand le soleil se lève pour les autres…(Chant 1 de Maldoror)


  • sous l’auspice des rêves

    sous l’auspice des rêves une image s’est figée
    soutenue par l’imberbe inconscience
    étincelante et réelle entrechoquée
    d’un baiser léger porcelaine et faïence

    elle a fleuri comme une aube en provence
    couleurs d’explosion d’amour inviolé
    jamais ne fut plus ingénieuse essence
    quand l’aurore absolue l’a balayé

  • erreur 404 rap du zap

    Dès l’aub’, j’me dop’ radio, nouveau, tout beau, tout faux. Dodo.
    Métro, je sors mon wap,  l’Nasqaq rame à Bourso. Bobo.
    Bureau, je tchatt’, merveille, mais v’la qu’j’m’emmêle les mails. Mireille.
    A la cafét, ‘amphét, mais j’cal’ sur internet. Pas net.
    Alors, râleur, j’repars dar’-dare à mon écran. A cran.
    Je hache H-T-T-P, j’déroul’ mes U-R-L. Colère.
    Pause, Echap, surfe à donf les maxi sites de gonz. En bronze.
    J’divague hyperrelax dans le divin DivX. XX.
    L’metamoteur s’emballe, embrouill’ ses fils de news. Ca m’rouille.
    Hypno, gogol pas cool les hits de mon google. La gueule.
    Je péte mon G-P-S, je fum’ l’U-M-T-S. Détresse.
    Je frapp’ sur le clavier, j’essaim’ mes S-M-S. OS.
    Et sur les dix pt’it’ touch’, vl’a que ça touss’ chez Bluetooth. Pas touche.
    Je zipp mes fil’, je jazz’, trop d’meg, j’suis overflow. A l’eau.
    Je tress’ des spams, je hacke, wifi, je bittorrente. L’étreinte.
    Y’a trop de blogs sur l’web, y’a trop de RSS. Qu’ça cesse.
    L’amour l’amour c’est quand c’est où Je rentr’ chez moi. L’émoi
    J’mendors sur mes pixels et là ça s’brouille d’enfer. Colère.

    (Refrain)
    Je rapp’, je zapp’, je wapp’, tu vois, en v’la d’l’info. Tout faux
    Tu sais Mireille, j’sais plus quoi fair’ sur Planèt’ Terre. De l’air
    Erreur 404, l’âm’ que vous pensiez trouver
    N’existe plus ici ou bien s’est déplacée


  • dernier rêve

    vous prendrez bien un dernier rêve
    allez
    pour le doute
    le mirage sans âge
    un rêve sans faux col
    sans larmes ni détour
    ca fait pas de mal

    je vous le sers comment
    avec ou sans poésie

    spécialité de la maison
    le cocktail de mots doux amer
    mots courts mots forts mots rauques
    ils flottent ils coulissent
    ils s’entrechoquent
    ils renvoient bien la lumière

    surtout pas de mots frivoles ni barbares
    sinon le rêve vire aigre
    et en plus il peut mousser

    des mots riches aussi pourquoi pas
    mais pas trop
    un point si vous voulez
    un point c’est tout
    c’est pas obligatoire

    versez le tout dans une belle âme
    doucement vieillie à peine ridée
    qui en a vu des rêves
    et vous secouez vigoureusement

    ah oui j’oubliais
    beaucoup d’amour
    il donne du goût
    un zeste de rimes nonchalantes
    à distribuer selon l’envie

    on peut aussi verser quelques images
    mais un peu floues surtout
    trop nettes elles éblouissent

    et puis selon les cas
    une ou deux gouttes d’humour lisse

    le tout servi bien frappé
    la fraîcheur c’est important
    elle se fait moins qu’avant
    quel dommage

    tiens
    je vous accompagne
    prendre un rêve à deux
    c’est mieux
    on sera moins vite seul

    (Paris février 2005)


  • port launay

    Là-haut le morne retient les nuages
    Sur un rocher à l’entrée de la baie
    Une croix dit peut-être
    Qu’ici des hommes ont péri

    Le ciel est aussi chargé
    Que le silence est léger
    Une houle du nord pas méchante
    Vient mourir sur la plage

    L’anse est profonde et calme vivante
    Sur le rivage
    La barque de pêcheur blanche et jaune
    Se balance
    Immuablement

    Une tortue sort sa tête de l’eau
    Comme un périscope
    Elle regarde si tout va bien
    Puis elle disparaît

    Un banc de poissons argentés
    Poursuivi par un invisible requin
    Joue à saute-mouton sur les vagues

    Des chauves-souris grosses comme des corbeaux
    Piaillent dans les grottes granitiques
    D’autres traversent la baie
    Battant l’air d’un air abattu
    Avec leurs drôles d’ailes à l’envers

    De temps en temps
    D’un bruit sec
    Une noix tombe d’un cocotier

    Sur la plage
    L’ombre pieuvre des takamakas
    Protège le sable

    Là-haut le morne retient les nuages

    Seychelles janvier 2005


  • anse d'argent

    rochers récifs l’océan
    rides du sable et de l’eau
    figées ici mouvantes là-bas 
    ici tous les verts là-bas tous les bleus
    au loin la goélette passe
    langoureusement
    les petits oiseaux blancs
    saluent la mer d’une aile de velours
    un si doux effleurement
    j’aimerais tant être cette eau vivante
    caressée par le souffle d’un instant

    Seychelles janvier 2005



Art et Poésie : dernières publications

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  • Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)

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  • Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)

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  • William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

    LEAR
    Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
    You cataracts and hurricanoes, spout
    Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
    You sulphurous and thought-executing fires,
    Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts,
    Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
    Smite flat the thick rotundity o’ the world!
    Crack nature’s moulds, all germens spill at once
    That make ingrateful man!

    LEAR
    Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez,
    Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez
    Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes !
    Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée,
    Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne,
    Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle,
    Aplatis l’épaisse rotondité du monde,
    Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes
    Qui font l’homme ingrat !

    Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats

    William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)

  • Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

    Alphonse Osbert : Le Soir sur le lac (1895)

  • Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

    Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.

    C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.

    (1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.

    Christian Bobin : Il n’y a rien en nous (1991)

  • Francis Ponge : Le Chêne (1942)

    Francis Ponge : Le Chêne (1942)

  • Octavio Paz : Source

    Parle laisse tomber une parole
    Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille
    Parle
    Une pirogue glisse vers la lumière
    Une parole légère avance à pleines voiles
    Le jour a la forme d’un fleuve
    Sur ses rives brillent les plumes de tes chants
    Douceur de l’eau dans l’herbe endormie
    Eau claire voyelles à boire
    Voyelles parures du front des chevilles
    Parle
    Touche la cime d’un silence heureux
    Et puis ouvre les ailes parle sans cesse
    Un visage oublié passe
    Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs
    L’enfance avec ses flèches son idole son figuier
    Romps les amarres passe avec la tour et le jardin
    Passent futur et passé
    L’heure déjà morte et l’heure à tuer
    Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant
    Volées de comètes qui se perdent dans mon front
    Parle
    Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable
    Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Source

  • Camillo Innocenti : Nuit (1913)

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  • Thomas Hart Benton : Night Firing of Tobacco (1943)

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  • Andrew Wyeth : Pennsylvania Landscape (1941) – tempera sur panneau

    Andrew Wyeth : Pennsylvania Landscape (1941) – tempera sur panneau

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025