Balcon: soirée nulle
Cramponner : douleur nasale
Gaspacho : flatulence froide
Les poubelles : les moutons aussi
Pinailleur: mari infidèle
Pudeur : quant tu as perdu ta montre
Théologie : mais café au travail
Piqué sur internet, mais où?…
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Balcon: soirée nulle
Cramponner : douleur nasale
Gaspacho : flatulence froide
Les poubelles : les moutons aussi
Pinailleur: mari infidèle
Pudeur : quant tu as perdu ta montre
Théologie : mais café au travail
Piqué sur internet, mais où?…
Les puristes seront horrifiés par ce rapprochement historique iconoclaste mais ce n’en est pas un ! Comme Amavero est surtout centré sur l’art contemporain et un peu sur l’art moderne, nous ne pensons pas publier beaucoup d’œuvres des autres époques. Néanmoins, de temps en temps, telle sculpture ancienne ou tel tableau classique nous paraissent dignes d’intérêt, dans notre simple vision d’amateur bénévole! Voilà pourquoi nous leur avons réservé une petite place et, comme ils ne seront sans doute pas nombreux, nous les avons mis ensemble pour ne pas vous perdre dans les méandres d’une galerie trop compliquée.
Comme pour les autres galeries, vous pouvez feuilleter de deux manières :
(*) La Vénus de Hohle Fels (découverte en septembre 2008) – statuette – 59,7 × 34,6 mm – 33,3 g – ivoire de mammouth – paléolithique supérieur (- 40 000 ans), style aurignacien
❝ L’art est
ce qui rend
la vie
plus belle
que l’art ❞
Texte et œuvre de Robert Filliou
Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne
Merci à Valérie Sizaret
tout est indice ici
on imagine l’activité de pêche
sans bien la voir
les nuages sont posés
dans le ciel
comme des meringues
à l’envers
on suppose que les bateaux
ne sont pas encore rentrés
c’est le calme
avant la tempête
de la criée et de la foule
au loin les cheminées fument
symboles d’une ville industrieuse
Texte de Luc Fayard inspiré par le tableau Dieppe, bassin Duquesne, Marée basse, soleil, matin, de Camille Pissarro (1902)
où est la joie
celle qui éclate
en feu d’artifice
embrasant la journée
celle qui transmue un être
en source de beauté
et son visage en astre
rayonnant autour de lui
mais l’ai-je jamais connu
ce fol instant de libération
je ne me souviens plus
de cette illumination
rarement un seul mot
aura suscité
tant de verbes positifs
et rebondissants
la joie qui jaillit
débordante
autant de sons gais
et vibrants
quand elle chante
carillonnante
autant de fluidité
ruisselante
elle inonde parfois
la joie s’entend de loin
pas moyen d’y échapper
elle fait du bruit
explosant soudain
de mille feux crépitants
couleurs et contrastes
la joie est le verbe du monde
et moi je l’ai perdue
il y a longtemps
pour la sentir
vous parcourir
tout votre être
comme une flèche qui
tombée du ciel
vous relierait à la terre
il aurait fallu
impossible alchimie
savoir garder intacte
son âme d’enfant
le miracle n’a pas eu lieu
et depuis
je vois la vie en gris
Texte de Luc Fayard, illustré par Gris de Payne, d’Isabelle Mestchersky

Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même
L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine…
…Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.
Erich Fromm – Extraits de « L’art d’aimer »






Wang (Wei) : A Monsieur le magistrat Chang
Sur le tard, je n’aime que la quiétude.
Loin de mon esprit la vanité des choses.
Dénué de ressources, il me reste la joie
De retourner à ma forêt ancienne.
La brise des pins me dénoue la ceinture ;
La lune caresse les sons de ma cithare.
Qu’elle est, demandez-vous, l’ultime vérité ?
Chant des pêcheurs, dans les roseaux, qui s’éloigne…
Wang Wei 王维 – 701-761 – L’écriture poétique chinoise : une anthologie des poèmes des Tang, François Cheng, éditions du Seuil, 1977 – Source
