Texte de Luc Fayard inspiré par Oignons et tomates, de Jehanne Roesch
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Texte de Luc Fayard inspiré par Oignons et tomates, de Jehanne Roesch

parfois le temps s’arrête
le vent aussi
ils font la pause
entre deux tempêtes
l’occasion de respirer
et de regarder dans le ciel
un nuage qui se rebelle
la mer s’est vidée
de tous ses bateaux
une autre séquence se vit
celle du silence
de la réflexion
mais attention
la vie n’est pas ce que tu crois
bientôt il faudra te courber
sous les embruns à venir
Texte de Luc Fayard inspiré par Le phare de Guincho, de Marie Leroy
Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne

cambrure de toréador
hanches poussées vers l’avant
fières impudentes
comme pour te dire
regarde
c’est moi
qui donne la vie
je peux aimer tous ceux
qui partagent leur cœur
empreint de compassion
car ils savent que je suis
le désir
et la beauté
Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture Cambrure, de Virginie Truchot
il y a de la musique dans un tableau
mais elle joue une drôle de partition
polyphonique
à la fois solo dans chaque recoin
qui nous attire irrésistible
et symphonie qui éclate
dès qu’on embrasse l’œuvre
d’un regard de spectateur lointain
puis les solos reprennent ici et là
en suivant l’âme des yeux
qui déroule un parcours non écrit
il y a de la peinture dans la musique
chaque note possède sa propre couleur
do tout en majesté
en tenue de majordome
noir pour s’imposer
si tout au bout du chemin
note si joyeuse
blanc de robe de mariée
la grave et dominant
tous comptent sur lui
vieux monsieur digne et las
fronçant les sourcils
marron foncé évidemment
le ré résonne
comme un renouveau
une renaissance
bleu indigo
mi c’est une note du milieu
mélange mixité
prête à tous les arrangements
violet composite
le fa sonne et claque
comme le printemps
comme un drapeau
vert d’eau
enfin le sol terre à terre
pilier de tant de création
clé qui ouvre toutes les portes
rouge comme le sang des artistes

Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même
L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine…
…Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.
Erich Fromm – Extraits de « L’art d’aimer »






Wang (Wei) : A Monsieur le magistrat Chang
Sur le tard, je n’aime que la quiétude.
Loin de mon esprit la vanité des choses.
Dénué de ressources, il me reste la joie
De retourner à ma forêt ancienne.
La brise des pins me dénoue la ceinture ;
La lune caresse les sons de ma cithare.
Qu’elle est, demandez-vous, l’ultime vérité ?
Chant des pêcheurs, dans les roseaux, qui s’éloigne…
Wang Wei 王维 – 701-761 – L’écriture poétique chinoise : une anthologie des poèmes des Tang, François Cheng, éditions du Seuil, 1977 – Source
