Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
1 556 artistes • 822 auteurs publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console
Toujours avec beaucoup d’humilité Elle se rendait utile Elle avait cette qualité Cette façon subtile D’être une ombre discrète Mais fort indispensable. Elle, qui était invisible Mais si sentimentale Rêvait de ce futur possible De cet amour intarissable
– je veux toucher le bout de l’arc en ciel s’il le faut je prendrais un bateau mais j’ai peur de me perdre en mer et d’errer comme un vaisseau fantôme
– contemple d’abord ses couleurs fais les chauffer dans ton cœur imagine les pays survolés les gens éblouis la tête en haut
– je veux partir je ne peux rester la l’arc a tracé mon chemin il me dit viens envole toi emporte tes rêves qui vont surgir
– l’arc lui-même est un rêve visible de partout dominant tout mais il n’est qu’un piège de lumière tu pourrais le traverser sans le voir
– je veux danser sur les étoiles rire avec le vent du chemin gonfler mes poumons de l’air marin sentir mon cœur au rythme de mes pas
et l’enfant monta sur l’arc en ciel et disparut avec lui
Therese Schwartze – Mother and Child (1884)
Texte du recueil inédit toucher le bout de l’arc-en ciel, dont un texte a reçu le Diplôme d’honneur – Prix Europoésie-Unicef 2023; illustré par Mother and child, de Thérèse Schwartze.
femme et vase se répondent deux formes le sombre et le clair mais les bras et les feuilles se disputent la potiche nous dit ce n’est pas moi qu’il faut regarder c’est elle et que nous disent d’autre impératifs les doigts crispés de la femme sur le fauteuil ils disent regardez-moi donc
Texte de Luc Fayard, inspiré par La Femme et la potiche, d’Edgar Degas
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
Claude Monet – Les Coquelicots, dit aussi La Promenade (1873)
ils sont tellement hauts ces coquelicots qu’ils vont avaler l’enfant au loin la maison de famille chaperonne la promenade les odeurs chatouillent les narines émues les souvenirs d’enfance font remonter à la surface les lentes déambulations dans les champs sans horloge où rien n‘était plus important que la suite du chemin cachée par le virage et sur sa peau les goûts épicés de la campagne
Texte de Luc Fayard, inspiré par La Promenade, de Claude Monet
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
je veux tout oublier des anciens jours sépia célestes ou grossiers que rien ne recopia
ni les pleurs ni les chants de la lumière bleue ni l’accord dissonant du matin malheureux
je veux tout oublier la magie floue du monde le tournis mésallié dansant sa folle ronde
oublier la cité du concert fracassant l’impétuosité du cynique impatient
je veux tout oublier les mots si malhabiles sur les plaies repliées des rendez-vous fragiles
la mémoire infiltrée au détour du chemin par de nouveaux portraits regardant vers demain
je veux tout oublier pour qu’enfin recommence l’émotion relayée par le spleen sans souffrance
que souffle l’infini des contrées inconnues cajolant dans son nid mon âme mise à nu
Gustave de Smet – Femme à la fenêtre (1919) – gravure sur boisHenri Lebasque – Jeune femme devant la fenêtre à l’île d’Yeu (1920)Simon – Regard à travers la fenêtre
Texte finaliste du Diplôme d’Honneur – Concours Europoésie-Unicef 2023 Texte illustré par l’illustration Femme regardant par la fenêtre de Simon, par le tableau Femme à la fenêtre face à l’Île d’Yeu, d’Henri Lebasque et par le tableau Woman at the window on a holiday, de Gustave de Smet. Je ne sais pas pourquoi c’est cette image de femme à la fenêtre qui m’est venue pour illustrer ce texte de l’oubli renaissance : on pourrait en faire toute une galerie tellement ce thème a inspiré d’artistes! Alors, j’en ai créée ma galerie de chefs-d’œuvre (une soixantaine) qui pourra s’agrandir avec vos suggestions sur cette page dédiée :
Du bist die Zukunft, großes Morgenrot über den Ebenen der Ewigkeit. Du bist der Hahnschrei nach der Nacht der Zeit, der Tau, die Morgenmette und die Maid, der fremde Mann, die Mutter und der Tod.
Du bist die sich verwandelnde Gestalt, die immer einsam aus dem Schicksal ragt, die unbejubelt bleibt und unbeklagt und unbeschrieben wie ein wilder Wald.
Du bist der Dinge tiefer Inbegriff, der seines Wesens letztes Wort verschweigt und sich den andern immer anders zeigt: dem Schiff als Küste und dem Land als Schiff.
Tu es l’avenir, la grande aurore sur les plaines de l’éternité. Tu es le cri du coq après la nuit du temps, la rosée, la prière du matin, la jeune fille. l’étranger, la mère et la mort.
Tu es la forme qui sans cesse change, qui, toujours solitaire, émerge du destin, qui demeure sans gloire ni regret et vierge comme une forêt sauvage.
Tu es l’essence même des choses qui tait le dernier mot de son être et qui se montre aux autres toujours autre : au navire comme une côte, à la terre comme un navire
(1875-1926). Né à Prague donc autrichien, puis tchécoslovaque. Das Stunden-Buch. Le Livre d’heures. Traduction française de Maurice Betz et Luc Fayard
Rainer-Maria Rilke : Tu es l’avenir
Tom Thomson : Le Vent d’Ouest (1916)
Mark Hertier : Black and White Cottage (1914)
Mária Geszler-Garzuly : Between the Trees (2025) – porcelaine
Lucien Simon : Le pont du Steir à Quimper (1920)
Aristide Maillol : Femme assise à l’ombrelle (1892)
LEAR Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow! You cataracts and hurricanoes, spout Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks! You sulphurous and thought-executing fires, Vaunt-couriers of oak-cleaving thunderbolts, Singe my white head! And thou, all-shaking thunder, Smite flat the thick rotundity o’ the world! Crack nature’s moulds, all germens spill at once That make ingrateful man!
LEAR Soufflez vents, à crever vos joues ! Faites rage, soufflez, Vous trombes d’eau et déluges, jaillissez Jusqu’à inonder nos clochers, et noyez leurs girouettes ! Vous, sulfureux éclairs prompts comme la pensée, Avant-coureurs de la foudre qui fend le chêne, Brûlez ma tête blanche ! Et toi, tonnerre qui tout ébranle, Aplatis l’épaisse rotondité du monde, Fracasse les moules de la Nature, disperse d’un seul coup tous les germes Qui font l’homme ingrat !
Le Roi Lear (1608), acte III, scène 2. Traduction Jean-Michel Déprats
William Shakespeare : Blow, winds, and crack your cheeks ! Soufflez, vents, à crever vos joues (1608)
Il n’y a rien en nous. Il n’y a personne. Il n’y a en nous qu’une attente sans couleur et sans forme. Elle n’est l’attente d’aucune chose. Elle est en nous comme de l’air mélangé à de l’air. Elle ne ressemble à rien, sinon peut-être à l’extrême pointe d’une lassitude. Cette attente n’a pas toujours été là. Nous n’avons pas toujours été rien, personne. Dans l’enfance nous étions tout et dieu n’était qu’une part infime de nos domaines – quelque chose comme un brin d’herbe dans un pré.
C’est avec la fin de l’enfance que l’attente a commencé. C’est après notre mort que nous avons commencé à attendre.
(1951-2022). Une petite robe de fête. folio/Gallimard, 1991.
Parle laisse tomber une parole Bonjour j’ai dormi tout l’hiver et maintenant je me réveille Parle Une pirogue glisse vers la lumière Une parole légère avance à pleines voiles Le jour a la forme d’un fleuve Sur ses rives brillent les plumes de tes chants Douceur de l’eau dans l’herbe endormie Eau claire voyelles à boire Voyelles parures du front des chevilles Parle Touche la cime d’un silence heureux Et puis ouvre les ailes parle sans cesse Un visage oublié passe Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs L’enfance avec ses flèches son idole son figuier Romps les amarres passe avec la tour et le jardin Passent futur et passé L’heure déjà morte et l’heure à tuer Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant Volées de comètes qui se perdent dans mon front Parle Mouille les lèvres dans la pierre fendue qui jaillit inépuisable Plonge tes bras blancs dans l’eau féconde en prophéties imminentes
Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014. Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.
Octavio Paz : Source
Abonnez-vous à La Gazette d’Amavero Entrez votre email et vous recevrez notre newsletter un lundi sur deux : 100% bénévole, gratuit, sans pub, ni spam, ni traqueurs