Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 492 artistes • 868 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Le monde, mon fils, dit le papa poisson à son fiston, est une grosse boîte remplie d’eau.
…, philosophe. in Qui suis-je, et si je suis,… Lire


  • Jürgen Habernas : la force sans violence de l’argument (extraits)

    Le potentiel de raison réside dans la base même de la parole humaine, dans l’acte de s’entendre avec autrui. […] L’espace public est le lieu où s’exerce la force sans violence du meilleur argument.

    Théorie de l’agir communicationnel, Tome 1 : Pour une critique de la raison fonctionnaliste, Fayard, 1981.

    Pour que la délibération démocratique soit possible, les citoyens doivent pouvoir se référer à un monde de faits qu’ils tiennent pour communs. La communication numérique actuelle menace ce socle en enfermant les individus dans des sphères de perception fragmentées, où l’émotion supplante la validité de l’argument

    Espace public et démocratie délibérative : un tournant, Gallimard, coll. « NRF Essais », 2023.

    L’intelligence artificielle peut simuler le langage, mais elle n’est pas un « auteur » au sens moral. Elle ne peut répondre de ses propos. Dans une démocratie, la légitimité repose sur la responsabilité de sujets qui se reconnaissent mutuellement comme capables de justifier leurs décisions. Déléguer la délibération à l’algorithme, c’est vider la politique de sa substance humaine.

    Synthèse des interventions récentes (2023-2024), notamment dans Die Zeit et Philosophie Magazine, sur le nouveau changement de structure de l’espace public.

    Le patriotisme constitutionnel n’est pas un attachement à une terre ou à une ethnie, mais une loyauté envers des procédures et des principes qui garantissent à chacun la liberté de n’être soumis qu’à des lois dont il a pu discuter la validité.

    Écrits politiques, Flammarion, coll. « Champs », 1990.


  • Jean-Marie Gleize : Léman (extrait)

    Creux, voûté. Il te dira : je suis. Cette courbe était où je suis. Les yeux courbés et cette ligne, c’est lui (lac), et sans le voir encore (et cette ligne). Tenu comme une de ses branches. Le second, comme un arc. Ou l’un de ses doubles.
    Ou bien : creusé en avant du regard, creusé comme (un lac). C’est lui, ou l’un de ses doubles, celui qui se courbe, celui qui se creuse, où maintenant je suis.
    « Est-ce qui, donné, n’est plus. »
    Et cette ligne est creusée sous les yeux. La courbe des ciels, l’étirement des ciels.
    Je tiens une de ses branches.
    Le récit, en marche, est le récit de ces courbes, ou de ces veines, tiré longuement comme un arc, et creusé, proche :
    (il n’y a plus que le mouvement des veines, et je vois maintenant sur sa peau le dessin). La forme creuse et voûtée d’un lac. La couleur creuse et voûtée d’un lac. Il tombe, il ouvre la bouche. A l’endroit où : la poussière d’un lac. Je dis : un récit commence, et cette phrase est vraie où je suis. Présent : à la couleur creuse et voûtée, à cette forme, à l’indistinction des ciels.
    Tu es tout entière dans ma bouche.
    Ici s’achevait la lecture.

    Il y avait encore ces mots : « couché, bientôt couché où je marche ».

    Jean-Marie Gleize. Léman. Seuil. 1990 (extrait)


  • écrin de rivière

    mon amour
    je te vois
    comme un fier
    écrin de rivière
    où tu brillerais
    de mille éclats
    car tu serais tout
    l’eau la rive
    la barque et le pont
    l’aval et l’amont

    sur l’eau tu serais
    ces rides décoiffées
    par le vent fripon
    qui polissent en passant
    les galets ronds
    trébuchant
    sur le fond

    tu serais
    cette eau rieuse
    à boire
    goulûment
    onde rafraichissante
    où désaltéré
    je pourrais enfin
    plonger longuement
    en apnée

    Peinture colorée représentant un paysage avec des arbres multicolores et un sol vibrant de rouge, bleu et jaune.
    André Derain – Bords De Rivière (1905)

    Texte de Luc Fayard illustré par Bords de Rivière (1905), d’André Derain


  • Devenez Commissaire de votre exposition

    Pietro-Antonio Martini – Salon du Louvre (1787) – gravure

    Imaginez pouvoir créer votre propre exposition en sélectionnant vos sujets préférés et en trouvant les œuvres d’art qui y correspondent.
    C’est ce que vous propose Amavero : choisissez deux mots-clés qui représentent vos thèmes de prédilection; Amavero parcourt instantanément sa collection (plus de 1 400 œuvres) et vous trouve un minimum de 30 œuvres pour créer votre galerie éphémère.

    Quelques idées de « duos » pour votre première visite :

    • [lumière] + [rêve] : pour une échappée lumineuse.
    • [visage] + [mystère] : pour explorer le mystère des portraits.
    • [bleu] + [mer] : pour une immersion totale.

    À vous de jouer : quels mots allez-vous marier aujourd’hui pour votre exposition ? N’hésitez à partager vos découvertes !

    Si vous ne trouvez pas le duo qui vous plaît, envoyez nous vos propositions d’œuvres d’art qui selon vous pourraient convenir à vos deux mots. Contact

    Pour prétester le résultat d’un ou de deux mots-clés, vous pouvez utiliser la fonction « Trouvez un tableau »
    Si vous manquez d’inspiration, vous pouvez consulter (mais pas tout de suite, essayez d’abord vos propres mots!) la liste des duos de mots-clés affichant plus de 30 œuvres d’art


  • Cosimo Rosseli : Portrait d’un homme (1481)

    Cosimo Rosselli – Portrait d’un homme (1481)

Dernières publications d’art et de poésie

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  • Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien)

    Entre tu nombre y el mío
    hay un labio que ha dejado la costumbre de nombrar.

    Entre la soledad y la compañía hay un gesto que no empieza en nadie y termina en todos.

    Entre la vida y la muerte hay unas plantas pisadas por donde nadie ha caminado nunca.

    Entre la voz que pasó y la que vendrá hay una forma callada de la voz en donde todo está de pie.

    Entre la mesa y el vacío hay une línea que es la mesa y el vacío por donde apenas puede caminar el poema.

    Entre el pensamiento y la sangre hay un breve relámpago en donde sobre un punto se sostiene el amor.

    Sobre esos bordes nadie puede ser mucho tiempo, pero tampoco dios, que es otro borde, puede ser dios mucho tiempo.

    Entre ton nom et le mien
    il y a une lèvre qui a perdu l’habitude de nommer.

    Entre la solitude et le monde il y a un geste qui ne commence en personne et se termine en tous.

    Entre la vie et la mort il y a des plantes foulées sur lesquelles personne n’a jamais marché.

    Entre la voix révolue et celle qui viendra il y a une forme silencieuse de la voix où tout est debout.

    Entre la table et le vide il y a une ligne qui est la table et le vide où peut à peine cheminer le poème.

    Entre la pensée et le sang il y a un éclair où sur un point l’amour s’appuie.

    Sur ces bords nul ne peut survivre longtemps, et dieu lui-même, qui est un autre bord, ne peut être dieu longtemps.

    Poésies verticalesI-4. 1958. Traduction de l’espagnol (Argentine) par Ferdinand Verhesen

    Roberto Juarroz : Entre tu nombre y el mío (Entre ton nom et le mien)

  • Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

    Quand le grand rabbin Israël Baal Shem-Tov pensait qu’une menace se profilait contre le peuple juif, il avait coutume d’aller concentrer son esprit en un certain lieu du bois; là, il allumait un feu, récitait certaine prière et le miracle s’accomplissait : le danger était écarté.
    Plus tard, quand son disciple, le célèbre Maguid de Nezeritsch, devait implorer le ciel pour les mêmes raisons, il accourait au même endroit et disait : « Maître de l’Univers, écoute-moi. Je ne sais comment allumer le feu, mais je suis encore capable de réciter la prière. » Et le miracle s’accomplissait. Plus tard, le rabbin Mosh-Leib de Sassov allait également au bois pour sauver son peuple, et il disait : « Je ne sais comment allumer le feu, je ne connais pas la prière, mais je peux me placer à l’endroit propice et cela devrait suffire. » Et cela suffisait, et le miracle s’accomplissait. Ensuite, c’est au rabbin Israël de Rizsin qu’il revint d’éloigner la menace. Assis dans son fauteuil, la tête entre les mains, il parlait à Dieu en ces termes : « Je suis incapable d’allumer le feu, je ne connais pas la prière, je ne puis même pas trouver le lieu du bois. Tout ce que je sais faire c’est raconter cette histoire. Cela devrait suffire. » Et cela suffisait. Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires.

    Cité par Roberto Juarroz. Poésie et réalité. 1987

    Anonyme (Texte de la tradition hassidique) : Dieu a créé l’homme parce qu’il aime les histoires

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

    Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

  • George Bellows — California Headlands (1917)

    George Bellows — California Headlands (1917)

  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

    Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025