Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 405 artistes • 748 auteurs
publiés dans Amavero

  • Angela Smyth : Le Chat et la Chouette (2020)

    Angela Smyth : Le Chat et la Chouette (2020)

  • Lena Elster : Portrait of a woman (2024)

    Lena Elster – Portrait of a woman (2024)

  • Martial Raysse : Faire et défaire Pénélope That's The Rule (1966)

    Martial Raysse : Faire et défaire Pénélope That’s The Rule (1966)

  • les portes de la nuit (illustré par 28 artistes contemporains)

    les portes de la nuit

    les portes de la nuit
    sont prêtes à lever
    devant moi sans un bruit
    les voiles du secret

    le chemin qui m’emmène
    sans joie et sans allié
    enterrera mes peines
    tout sera oublié

    les vallées et les tourbes
    les secrets les non-dits
    la magicienne courbe
    graveuse d’interdit

    l’antique virtuose
    glissera sur la pente
    de la beauté des choses
    rendue évanescente

    sans gloire ni rameau
    dans mon lointain regard
    le silence des mots
    te dira qu’il est tard

    quand au son de mon deuil
    cerbère de l’oubli
    je franchirai le seuil
    des portes de la nuit

    je n’aurai qu’un regret
    n’avoir pas su te dire
    dans un dernier sourire
    à quel point je t’aimais

    Artistes cités (de gauche à droite) : Nicolas Morin, Alik Assatrian, Romain Olive, Quickenborne, László Mednyánszky, Anne Herrero, Dee Nickerson, Kinga Janiak; (de haut en bas) Juanli Jia, Jesus Marinez-Flores, Pieter de Hooch, Paulo Ventura, Connie Niehoff, Philippe Ségéral, Karolina Orzelek, Piet Mondrian, Odd Nerdrum, John Caple, Fatemeh Mohamadi, Thomas Jaurion, Joe Nicastri, Antonio Lopez-Garcia, Bülent Aytaç, Luc Dartois, Zura, Morris Kantor, Philippe-Charles Jacquet, Jocelyn Besson-Girard

    Texte : Luc Fayard, illustré par 28 artistes contemporains.
    Poème primé, sélectionné dans L’Anthologie de la Poésie – Prix Arthur Rimbaud 2024; illustré ici par des œuvres issues du fabuleux Nicole’s Museum : 9000 œuvres d’art contemporain ! Que j’ai agrémentées chacune d’une dizaine de mots-clés fournis par ChatGPT qui a analysé ces œuvres ; puis j’ai demandé à ChatGPT de fournir 10 mots-clés sur la lecture de mon poème; et enfin ChatGPT m’a écrit un programme Python qui compare les listes de mots-clés, celles du poème et celles des 9 000 œuvres et qui me sélectionne celles qui ont au moins 4 mots-clés en commun avec mon poème. Résultat: 90 œuvres parmi lesquelles j’en ai choisi 28 qui me plaisent vraiment. Voir la première expérience similaire avec 20 tableaux pour le poème épicentre


  • Paula Rego : Le Triptyque du Pêcheur-(2005)

    Paula Rego : Le Triptyque du Pêcheur-(2005)

Dernières publications d’art et de poésie

  • Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

    Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh après Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature, qu’il l’a comme retranspirée et fait suer, qu’il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs, le séculaire concassement d’éléments, l’épouvantable pression élémentaire d’apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits.

    Et de combien de coudoiements réprimés, de heurts oculaires pris sur le vif, de cillements pris dans le motif, les courants lumineux des forces qui travaillent la réalité ont-ils eu à renverser le barrage avant d’être enfin refoulés, et comme hissés sur la toile, et acceptés ?

    Il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de visions, pas d’hallucinations.

    C’est de la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi.

    Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé. Sans cauchemar et sans effet.

    Mais la souffrance du prénatal y est.

    C’est le luisant mouillé d’un herbage, de la tige d’un plant de blé qui est là prêt à être extradé.

    Et dont la nature un jour rendra compte.

    Comme la société aussi rendra compte de sa mort prématurée.

    Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?

    Non, il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de drame, pas de sujet et je dirai même pas d’objet, car le motif lui-même qu’est-ce que c’est ?

    Sinon quelque chose comme l’ombre de fer du motet d’une inénarrable musique antique, comme le leitmotiv d’un thème désespéré de son propre sujet.

    C’est de la nature nue et pure vue, telle qu’elle se révèle, quand on sait l’approcher d’assez près.

    Témoin ce paysage d’or fondu, de bronze cuit dans l’ancienne Égypte, où un énorme soleil s’appuie sur des toits si croulants de lumière qu’ils en sont comme en décomposition.

    Et je ne connais pas de peinture apocalyptique, hiéroglyphique, fantomatique ou pathétique qui me donne, à moi, cette sensation d’occulte étranglée, de cadavre d’un hermétisme inutile, tête ouverte, et qui rendrait sur le billot son secret.

    Je ne pense pas ce disant au Père Tranquille, ou à cette funambulesque allée d’automne où passe, en dernier, un vieil homme courbé avec un parapluie à sa manche accroché, comme le crochet d’un chiffonnier.

    Je repense à ses corbeaux aux ailes d’un noir de truffes lustrées.

    Je repense à son champ de blé : tête d’épi sur tête d’épi, et tout est dit,

    avec, devant, quelques petites têtes de coquelicots doucement semés, âcrement et nerveusement appliqués là, et clairsemés, sciemment et rageusement ponctués et déchiquetés.

    Seule la vie sait offrir ainsi des dénudations épidermiques qui parlent sous une chemise déboutonnée, et on ne sait pourquoi le regard incline à gauche plutôt qu’à droite, vers le monticule de chair frisée.

    Mais c’est ainsi et c’est un fait. Mais c’est ainsi et cela est fait.

    Occulte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

    Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

    Et ce fut sûrement de la faute de van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

    Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces cou- leurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

    Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

    Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

    Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

    Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand van Gogh n’apparaît.

    Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

    Antonin Artaud — Van Gogh le suicidé de la société, Œuvres complètes, Éditions Gallimard, tome XIII Littérature et Poésie @super fans

    Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

  • Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

    c’est au printemps que je tombe, quand il n’y a nulle part pour le sombre, ni le ciel ni les conversations. dans l’illusion des choses qui s’adoucissent, je vois plutôt les duretés qui perdurent, et ce qui ne me concerne pas me chavire.
    j’ai vu des gens qui portaient des uniformes humiliants et d’autres à qui on criait des bêtises, j’ai vu des gens qui venaient de perdre leur amour et d’autres leur candeur et bien que ces drames nétaient pas les miens, ils mont renversée.
    le reste de l’année ce que je croise ne m’assaille pas toujours, mais au printemps on croirait qu’il n’y a plus de seuil entre ce que je suis et ce qui m’entoure.
    alors quand sortir devient hasardeux – quand sortir porte la promesse de nouvelles cruautés – je reste chez moi et j’attends en pensant aux villes assiégées.

    Camille Readman Prud’homme. quand je ne dis rien je pense encore (2021)

    Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

  • Modèle d’un jour : Sylvie C.

    Modèle d’un jour : Sylvie C.

  • Modèle d’un jour : Marie G.

    Modèle d’un jour : Marie G.

  • Pablo Picasso – Suite d’animaux au trait (1941)

    Pablo Picasso – Suite d’animaux au trait (1941)

  • Henri Le Sidaner : La Table bleue (1923)

    Henri Le Sidaner : La Table bleue (1923)

  • Ajouts d’impressionnistes

    Ajouts d’impressionnistes

  • La Gazette d’Amavero n°18 – Lundi 9 février 2026

    La Gazette d’Amavero n°18 – Lundi 9 février 2026

  • Farrokhzâd (Forough) : Je saluerai encore le soleil

    Farrokhzâd (Forough) : Je saluerai encore le soleil

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025