
Si tu as envie d’écrire un poème sur une œuvre, c’est qu’elle en vaut la peine. Pour toi, pas un autre. Laisse-toi envahir par cette envie comme par un filtre magique, elle est un sélecteur, peut-être même un guide. Surtout si, après quelques textes écrits sur quelques œuvres, tu t’aperçois que tes lignes montrent un relief, une résonance, spécifiques et inattendus. Qu’importe si ton ressenti de l’œuvre est différent de celui d’un autre : « What you see is what you see »dit Frank Stella; ce que je traduirais encore plus fermenent : «Tout ce qu’il y a à voir est dans ce que tu vois ». Art figuratif, abstrait, déconstruit ? Peu importe! Qu’importe ta culture de l’histoire du tableau ou de l’artiste ! Si le regard impose l’écriture, une transmission s’opère, un lien se tisse entre deux esprits, qui sait où il conduira. Mais nous serons sur le chemin de l’art. Prends un enfant curieux et laisse-le s’exprimer sur un tableau abstrait : tu découvriras un monde inattendu, foisonnant, vallonné. Toi le poète, sois cet enfant.
Texte de Luc Fayard

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