InfoTekArt : Archives des articles (2004-2024)

  • Li Bai : Pensée dans une nuit tranquille

    Devant mon lit, la lune jette une clarté très vive ;
    Je doute un moment si ce n’est point la gelée blanche qui brille sur le sol.
    Je lève la tête, je contemple la lune brillante ;
    Je baisse la tête et je pense à mon pays.

    Li Bai, ou Li-taï-pé (701-762), poète chinois de la dynastie des Tang

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  • Rûmî (Djalāl ad-Dīn Muḥammad ) : le repentir plus fort que la prière

    Muawiya, l’oncle de tous les fidèles, était dans son palais en train de dormir. Son palais était clos et les portes verrouillées. Il était impossible qu’un étranger puisse y pénétrer. Cependant quelqu’un toucha Muawiya pour le réveiller. Quand il ouvrit les yeux, il ne vit personne et se dit :
    «Il est impossible de pénétrer dans mon palais. Qui a pu faire cela ?»
    Après de longues recherches, il trouva quelqu’un qui se dissimulait derrière une tenture. Il lui dit :
    «Qui est-tu et comment te nomme-t-on?
    — Le peuple m’appelle Satan !
    — Et pourquoi m’as-tu réveillé ?
    — Parce que c’est l’heure de la prière et qu’il faut que tu te rendes à la mosquée. N’oublie pas que le Prophète a dit que la prière ne devait souffrir aucun retard.»
    Muawiya lui dit :
    «C’est étrange que tu invoques cette raison car jamais rien de bon n’est venu de toi ! C’est comme si un voleur venait en prétendant vouloir monter la garde !
    — Autrefois, répliqua Satan, j’étais un djiin parmi les anges et mon âme se nourrissait de mes prières. J’étais alors le compagnon des autres anges et ceci est resté dans ma nature. Il m’est impossible d’oublier le passé !
    — Tu dis vrai mais il n’empêche que tu as barré la route à bien des sages. Tu ne peux pas être le feu et ne pas brûler ! Dieu t’a fait consumeur et quiconque t’approche est nécessairement brûlé. Ta prétendue sagesse ressemble au chant des oiseaux imités par des chasseurs.
    — Ôte le doute de ton coeur, dit Satan, je suis une pierre de touche pour le vrai et le faux. Je ne puis enlaidir ce qui est beau. Mon existence n’est qu’un miroir pour le beau et pour le laid. Je suis comme un jardinier qui coupe des branches mortes. L’arbre proteste : «Je suis innocent! Pourquoi me détruis-tu?»
    — Tais-toi ! s’exclama Muawiya, c’est en vain que tu tentes de me convaicre !»
    Il se tourna vers Dieu et dit:
    «Mon Seigneur ! Ses paroles sont comme un brouillard !
    Aide-moi ! Il est très fort pour argumenter et je redoute ses ruses.»
    Satan dit :
    «Celui qui est pris d’un mauvais doute devient sourd devant des milliers de témoins. Ne te lamente pas devant Dieu à cause de moi. Pleure plutôt devant ta propre méchanceté. Tu me maudis sans raison mais tu ferais mieux de te regarder !»
    Muawiya de répondre:
    «C’est le mensonge qui fait naître le doute dans le coeur !
    — As-tu donc un critère pour distinguer le vrai du faux ?
    — Le vrai procure la paix du coeur mais le mensonge ne touche pas le coeur. C’est comme une huile qu’on a mélangée avec de l’eau : elle ne peut plus brûler. Dis-moi. Toi, l’ennemi de tous qui veillent, pourquoi m’as-tu réveillé ? Réponds-moi et je saurais si tu dis vrai !»
    Satan tenta de se dérober mais Muawiya le pressa de s’expliquer et il finit par avouer :
    «Je vais te dire la vérité. Je t’ai réveillé pour que tu ne sois pas en retard à la mosquée. Car si tu avais été en retard, ton repentir aurait submergé l’univers. Les larmes auraient coulé de tes yeux et le repentir de quelqu’un qui fait de ses prières un plaisir est encore plus fort que la prière. Je t’ai donc réveillé afin que ton repentir ne te permette pas de te rapprocher encore de Dieu !»
    Muawiya s’exclama :
    «Maintenant tu dis la vérité ! Tu n’es qu’une araignée en quête de mouches. Et tu m’as pris pour une mouche !»
    Djalāl ad-Dīn Muḥammad Rūmī ou Roumi  surnommé Mawlanna (né à Balkh, auj. Afghanistan, le 30 septembre 1207 – mort à Konya, Turquie, 17 décembre 1273) est un mystique persan musulman qui a profondément influencé le soufisme. Texte tiré de Caverne des 1001 nuits.

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  • Bobin (Christian) : Les arbres du jardin

    Les arbres du jardin. La douceur qui gouverne chaque feuille. Le livre sur le lit. Les fruits sur la table, atteints par une légère touche d’or. Les choses n’ont plus d’épaisseur. Tout est simplifié dans cette blanche lumière de l’abandon. Aucun objet n’échappe à la maladresse générale. Une attente. Une attente infinie dont s’égareraient l’objet, puis le sens. On ne saurait plus qui ou quoi est attendu.

    L’odeur de l’herbe fraîchement coupée. La nudité du mot absence. Cette musique préférée de vous : des chants grégoriens, comme au bord de la mer, très proche de mourir. Cet art accompli du souffle et du silence…
    L’Enchantement simple.

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  • Les trois sagesses chinoises remises dans l'ordre

    A l’heure où les discours de management et de marketing mélangent allégrement confucianisme, taoïsme et bouddhisme, voici un petit tableau résumé de leurs caractéristiques.

    CONFUCIANISME
    vie sociale
    responsabilité politique
    attitude envers les autres

    hiérarchie et régulation
    éducation, pour fonder son action et son jugement sur la raison
    rectitude : l’acte juste au moment opportun, sans autre considération que la justice
    loyauté: lié à la hiérarchie; inférieurs fidèles à leur supérieur qui leur doit protection
    poésie et arts, pour apaiser le coeur

    politique : art du savoir-vivre en bonne entente entre êtres humains

    BOUDDHISME
    vie spirituelle
    responsabilité individuelle
    attitude envers la mort et le destin
    souffrance et sa diminution
    communauté et réseau d’entraide mutuelle entre les laïcs et les moines
    sérénité: progression vers la libération des souffrances

    douceur: non-vilolence qui doit réguler les relations entre humains et formes vivantes

    prière et méditation: pour parvenir à l’éveil, perception de l’illusion de la permanence d’un ego
    psychologie: compréhension du fonctionnement de la conscience

    TAOÏSME
    vie naturelle
    responsabilité physique
    attitude envers son corps et la nature

    – la personne et sa réalisation
    – pratique de l’exercice, accord entre son corps et le fonctionnement naturel

    pureté: processus d’allégement des pesanteurs de la vie physique et des règles sociales
    sensibilité: ressentir et affiner le souffle vital qui passe sans cesse du corps à la nature

    alchimie interne et médecine naturelle, pour mieux nourrir le vivre qui nous habite

    écologie: art du savoir-vivre en bonne entente avec son environnement naturel

    Tiré de Cyrille J-D. Savary, Les trois sagesses chinoises

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  • Fan-Zhen : le corps est la matière de l'esprit

    Le corps est la matière de l’esprit ; l’esprit est la fonction du corps. Ce ne saurait être deux choses différentes, plutôt deux noms distincts pour la seule et même entité. L’esprit est à la matière ce que le tranchant est au couteau ; le corps est à la fonction ce que le couteau est au tranchant. Le terme “tranchant” ne désigne pas le couteau ; le terme “couteau” ne désigne pas le tranchant. Et pourtant, ôtez le tranchant, il n’y a plus de couteau ; ôtez le couteau, il n’y a plus de tranchant. Or, on n’a jamais entendu dire que le tranchant subsiste après la disparition du couteau, alors comment l’esprit pourrait-il subsister quand le corps a disparu?
    Fan Zhen (450-515), lettré confucéen, De la destructibilité de l’esprit (Shen mie lun), cité par Anne Cheng, op. cit., p. 358. cité par Cyrille J-D. Savary les trois sagesses chinoises

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  • Lao-Tseu : Dao De Jing (extraits)

    Trente rayons se joignent en un moyeu unique
    Ce vide dans le char en permet l’usage
    D’une motte de glaise on façonne un vase
    Ce vide dans le vase en permet l’usage
    On ménage des portes et des fenêtres pour une pièce
    Ce vide dans la pièce en permet l’usage
    L’avoir fait l’avantage
    Et le non-avoir l’usage.
    ….
    Le fonctionnement des choses vit suivant un principe unitaire.
    Cette unité primordiale vit selon un rythme binaire.
    Cette dualité musicale vit grâce aux souffles médians.
    Cette triplicité globale vit dans l’innombrable totalité des êtres.

    Dao De Jing. Classique de la voie et de la vertu. Chine. attribué à Laozi (Lao-Tseu), 6e siècle av-JC, mais qui n’a probablement pas existé.

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  • Aragon (Louis) : L' Affiche rouge

    Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
    Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
    Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
    Vous vous étiez servi simplement de vos armes
    La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

    Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
    Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
    L’affiche qui semblait une tache de sang
    Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
    Y cherchait un effet de peur sur les passants

    Nul ne semblait vous voir Français de préférence
    Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
    Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
    Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
    Et les mornes matins en étaient différents

    Tout avait la couleur uniforme du givre
    A la fin février pour vos derniers moments
    Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
    Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
    Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

    Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
    Adieu la vie adieu la lumière et le vent
    Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
    Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
    Quand tout sera fini plus tard en Erivan

    Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
    Que la nature est belle et que le cœur me fend
    La justice viendra sur nos pas triomphants
    Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
    Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

    Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
    Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
    Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
    Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
    Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

    Le Roman inachevé, 1956

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  • Eluard (Paul) : La Parole

    J’ai la beauté facile et c’est heureux.
    Je glisse sur les toits des vents
    Je glisse sur le toit des mers
    Je suis devenue sentimentale
    Je ne connais plus le conducteur
    Je ne bouge plus soie sur les glaces
    Je suis malade fleurs et cailloux
    J’aime le plus chinois aux nues
    J’aime la plus nue aux écarts d’oiseau
    Je suis vieille mais ici je suis belle
    Et l’ombre qui descend des fenêtres profondes
    Epargne chaque soir le coeur noir de mes yeux.

    Capitale de la douleur, 1923

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  • Neruda (Pablo) : La canción desesperada / Une chanson désespérée

    Emerge tu recuerdo de la noche en que estoy.
    El río anuda al mar su lamento obstinado.

    Abandonado como los muelles en el alba.
    Es la hora de partir, oh abandonado!

    Sobre mi corazón llueven frías corolas.
    Oh sentina de escombros, feroz cueva de náufragos!

    En ti se acumularon las guerras y los vuelos.
    De ti alzaron las alas los pájaros del canto.

    Todo te lo tragaste, como la lejanía.
    Como el mar, como el tiempo. Todo en ti fue naufragio!

    Era la alegre hora del asalto y el beso.
    La hora del estupor que ardía como un faro.

    Ansiedad de piloto, furia de buzo ciego,
    turbia embriaguez de amor, todo en ti fue naufragio!

    En la infancia de niebla mi alma alada y herida.
    Descubridor perdido, todo en ti fue naufragio!

    Te ceñiste al dolor, te agarraste al deseo.
    Te tumbó la tristeza, todo en ti fue naufragio!

    Hice retroceder la muralla de sombra,
    anduve más allá del deseo y del acto.

    Oh carne, carne mía, mujer que amé y perdí,
    a ti en esta hora húmeda, evoco y hago canto.

    Como un vaso albergaste la infinita ternura,
    y el infinito olvido te trizó como a un vaso.

    Era la negra, negra soledad de las islas,
    y allí, mujer de amor, me acogieron tus brazos.

    Era la sed y el hambre, y tú fuiste la fruta.
    Era el duelo y las ruinas, y tú fuiste el milagro.

    Ah mujer, no sé cómo pudiste contenerme
    en la tierra de tu alma, y en la cruz de tus brazos!

    Mi deseo de ti fue el más terrible y corto,
    el más revuelto y ebrio, el más tirante y ávido.

    Cementerio de besos, aún hay fuego en tus tumbas,
    aún los racimos arden picoteados de pájaros.

    Oh la boca mordida, oh los besados miembros,
    oh los hambrientos dientes, oh los cuerpos trenzados.

    Oh la cópula loca de esperanza y esfuerzo
    en que nos anudamos y nos desesperamos.

    Y la ternura, leve como el agua y la harina.
    Y la palabra apenas comenzada en los labios.

    Ese fue mi destino y en él viajó mi anhelo,
    y en él cayó mi anhelo, todo en ti fue naufragio!

    Oh, sentina de escombros, en ti todo caía,
    qué dolor no exprimiste, qué olas no te ahogaron!

    De tumbo en tumbo aún llameaste y cantaste.
    De pie como un marino en la proa de un barco.

    Aún floreciste en cantos, aún rompiste en corrientes.
    Oh sentina de escombros, pozo abierto y amargo.

    Pálido buzo ciego, desventurado hondero,
    descubridor perdido, todo en ti fue naufragio!

    Es la hora de partir, la dura y fría hora
    que la noche sujeta a todo horario.

    El cinturón ruidoso del mar ciñe la costa.
    Surgen frías estrellas, emigran negros pájaros.

    Abandonado como los muelles en el alba.
    Sólo la sombra trémula se retuerce en mis manos.

    Ah más allá de todo. Ah más allá de todo.

    Es la hora de partir. Oh abandonado!
    ————————-

    Ton souvenir surgit de la nuit où je suis.
    La rivière à la mer noue sa plainte obstinée.

    Abandonné comme les quais dans le matin.
    C’est l’heure de partir, ô toi l’abandonné!

    Des corolles tombant, pluie froide sur mon coeur.
    Ô sentine de décombres, grotte féroce au naufragé!

    En toi se sont accumulés avec les guerres les envols.
    Les oiseaux de mon chant de toi prirent essor.

    Tu as tout englouti, comme fait le lointain.
    Comme la mer, comme le temps. Et tout en toi fut un naufrage!

    De l’assaut, du baiser c’était l’heure joyeuse.
    lueur de la stupeur qui brûlait comme un phare.

    Anxiété de pilote et furie de plongeur aveugle,
    trouble ivresse d’amour, tout en toi fut naufrage!

    Mon âme ailée, blessée, dans l’enfance de brume.
    Explorateur perdu, tout en toi fut naufrage!

    Tu enlaças la douleur, tu t’accrochas au désir.
    La tristesse te renversa et tout en toi fut un naufrage!

    Mais j’ai fait reculer la muraille de l’ombre,
    j’ai marché au-delà du désir et de l’acte.

    Ô ma chair, chair de la femme aimée, de la femme perdue,
    je t’évoque et je fais de toi un chant à l’heure humide.

    Tu reçus l’infinie tendresse comme un vase,
    et l’oubli infini te brisa comme un vase.

    Dans la noire, la noire solitude des îles,
    c’est là, femme d’amour, que tes bras m’accueillirent.

    C’était la soif, la faim, et toi tu fus le fruit.
    C’était le deuil, les ruines et tu fus le miracle.

    Femme, femme, comment as-tu pu m’enfermer
    dans la croix de tes bras, la terre de ton âme.

    Mon désir de toi fut le plus terrible et le plus court,
    le plus désordonné, ivre, tendu, avide.

    Cimetière de baisers, dans tes tombes survit le feu,
    et becquetée d’oiseaux la grappe brûle encore.

    Ô la bouche mordue, ô les membres baisés,
    ô les dents affamées, ô les corps enlacés.

    Furieux accouplement de l’espoir et l’effort
    qui nous noua tous deux et nous désespéra.

    La tendresse, son eau, sa farine légère.
    Et le mot commencé à peine sur les lèvres.

    Ce fut là le destin où allait mon désir,
    où mon désir tomba, tout en toi fut naufrage!

    Ô sentine de décombres, tout est retombé sur toi,
    toute la douleur tu l’as dite et toute la douleur t’étouffe.

    De tombe en tombe encore tu brûlas et chantas.
    Debout comme un marin à la proue d’un navire.

    Et tu as fleuri dans des chants, tu t’es brisé dans des courants.
    Ô sentine de décombres, puits ouvert de l’amertume.

    Plongeur aveugle et pâle, infortuné frondeur,
    explorateur perdu, tout en toi fut naufrage!

    C’est l’heure de partir, c’est l’heure dure et froide
    que la nuit toujours fixe à la suite des heures.

    La mer fait aux rochers sa ceinture de bruit.
    Froide l’étoile monte et noir l’oiseau émigre.

    Abandonné comme les quais dans le matin.
    Et seule dans mes mains se tord l’ombre tremblante.

    Oui, bien plus loin que tout. Combien plus loin que tout.

    C’est l’heure de partir. Ô toi l’abandonné.

    La canción desesperada / Une chanson désespérée. 1924

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  • Puebla (Carlos) : Hasta Siempre / Avec toi pour toujours

    Aprendimos a quererte
    Desde la histórica altura
    Donde el sol de tu bravura
    Le puso un cerco a la muerte

    Refrain
    Aqui se queda la clara
    La entrañable transparencia
    De tu querida presencia
    Comandante Che Guevara

    Tu mano gloriosa y fuerte
    Sobre la historia dispara
    Cuando todo Santa Clara
    Se despierta para verte

    Vienes quemando la brisa
    Com soles de Primavera
    Para plantar la bandera
    Com la luz de tu sonrisa

    Tu amor revolucionario
    Te conduce a nueva empresa
    Donde esperan la firmeza
    De tu brazo libertario

    Seguiremos adelante
    Como junto a ti seguimos
    Y con Fidel te decimos:
    Hasta siempre, Comandante

    Nous avons appris à t’aimer
    Depuis les hauteurs historiques
    Où le soleil de ta bravoure
    A couronné la mort

    Refrain
    Ici, il reste la claire, 
    La tendre transparence
    De ta présence bien aimée 
    Commandant Che Guevera

    Ta main glorieuse et forte
    Fait feu sur l’Histoire
    Quand tout Santa Clara
    Se réveille pour te voir

    Tu arrives en embrassant la brise
    Avec des soleils printaniers
    Pour planter la bannière
    Avec la lumière de ton sourire

    Ton amour révolutionnaire
    Te conduit vers de nouvelles  conquêtes
    Où l’on attend la fermeté
    De ton bras libérateur

    Nous continuerons toujours
    Comme nous continuons près de toi aujourd’hui
    Et avec Fidel, nous te disons
    « Avec toi pour toujours, Commandant « 



    Paroles et musique : Carlos Puebla. 1965

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