InfoTekArt : Archives des articles (2004-2024)

  • La société à coût marginal zéro: mise à jour de la théorie de Jeremy Rifkin

    La théorie d’une économie à coût marginal zéro de l’économiste Jeremy Rifkin a souvent été mal interprétée : elle ne dit pas que la production de biens ne coûte plus rien, elle dit que la valeur ajoutée dans toutes les activités se trouve de plus en plus dans les services et que ces services sont de plus en plus numériques, donc à coût marginal proche de zéro (le coût marginal c’est bien le coût pour ajouter une unité supplémentaire, sans tenir compte des coûts fixes).  D’ailleurs la plupart du temps, Rifkin dit « proche de zéro » et ce souvent les commentateurs qui simplifient en disant zéro tout court !
    Alors, ça tombe bien, l’économiste a fait il y a quelques mois une conférence à la Commission Européenne, lors du Digital Action Day,  dans laquelle il précise un peu sa pensée. Je l’ai donc traduite librement pour vous dans les lignes qui suivent.

    Les économistes n’ont jamais envisagé une révolution technologique qui pourrait déclencher une «productivité extrême» rapprochant les coûts marginaux de zéro, rendant l’information, l’énergie, et de nombreux biens et services physiques potentiellement gratuits et abondants, et ne faisant plus l’objet d’échanges sur le marché. C’est pourtant bien ce qui est en train de se produire maintenant !

    Le phénomène du coût marginal proche de zéro a fait des ravages dans l’industrie de l’information au cours de la dernière décennie : on a vu des des millions de consommateurs devenir des acteurs du marché, des « prosumers », (producteurs-consommateurs) et utiliser internet pour produire et partager leur propre musique sur un serveur, leurs propres vidéos sur YouTube, leur propres connaissances sur Wikipedia, leurs propres nouvelles sur les médias sociaux, et même leurs propres e-books sur le web, la plupart du temps gratuitement.

    Pendant ce temps, aux Etats-Unis, six millions d’étudiants sont inscrits à des cours gratuits en ligne (les MOOCs massive online open course) qui fonctionnent proches d’un coût marginal zéro et sont enseignés par les meilleurs professeurs. Du coup les universités doivent repenser leur modèle de business.

    Le phénomène du coût marginal proche de zéro a mis à genoux l’industrie de la musique, a secoué les industries du cinéma et de télévision, mis en faillite les journaux et les magazines, paralysé le marché de l’édition de livres, et a forcé les universités à repenser leur modèle d’affaires.
    Les économistes ont fini par l’admettre mais ils ont mis une réserve en disant : il y a toujours une frontière, un pare-feu, entre d’un côté l’économie numérique qui produit des services à cout marginal zéro, notamment autour de l’information et, de l’autre,  l’industrie brick et mortar qui continue à produire des objets physiques avec un certain coût. Mais cette frontière a été franchie avec l’internet des objets!
    N’importe qui peut fabriquer son propre objet avec une imprimante 3D à un coût marginal proche de zéro, y compris une voiture ou un avion ; beaucoup de consommateurs fabriquent déjà leur propre énergie à un coût très faible, voire font des bénéfices quand ils revendent au service public d’électricité.
    Les 3 facteurs de changement de toute révolution industrielle : communication, énergie, transport
    Les concepts traditionnels de l’économie sont toujours valables et vérifiés dans l’histoire. A chaque grand changement, à chaque nouveau grand paradigme économique, il faut trois facteurs/acteurs, dont chacun interagit avec l’autre pour permettre au système de fonctionner comme un tout: un moyen de communication, une source d’alimentation, et un mécanisme de transport. Sans communication, nous ne pouvons pas gérer l’activité économique. Sans énergie, nous ne pouvons pas alimenter l’activité économique. Sans logistique et transport, nous ne pouvons pas déplacer l’activité économique dans la chaîne de valeur.
    Ensemble, ces trois systèmes constituent ce que les économistes appellent une plate-forme de technologie à usage général.
    Démonstration:
    – première révolution industrielle, au 19e siècle : l’énergie de la vapeur, l’imprimerie et le télégraphe se sont joints au train, au charbon et aux rails pour créer la première plateforme ;
    – deuxième révolution industrielle, au 20e siècle:  l’électricité centralisée, le téléphone, la radio et la télévision, le pétrole  et les véhicules à combustion sur les grands axes routiers nationaux ont convergé pour créer l’infrastructure de la seconde plateforme industrielle;
    – troisième révolution industrielle, au 21e siècle : internet est à la fois dans le contenu des biens et services,  dans l’énergie, dans les moyens de communication, dans la logistique et les transports et dans les objets : c’est un internet de tout , c’est l’économie internet, c’est la troisième révolution, la troisième plateforme.
    Sur le nombre d’objets connectés, vous avez remarqué que chacun a le sien et Riffkin évidemment est maximaliste : il annonce 1 000 milliards d’objets connectés en 2030. Ca fait du monde sur les réseaux !
    La vision de Rifkin
    D’ici quelques décennies, la majeure partie de l’énergie que nous utilisons pour chauffer nos maisons et faire fonctionner nos appareils, alimenter nos entreprises, conduire nos véhicules, et faire fonctionner l’économie mondiale sera générée à un coût marginal proche de zéro et donc gratuitement.
    Contrairement aux combustibles fossiles et à l’uranium de l’énergie nucléaire, où la matière première elle-même coûte toujours quelque chose, le soleil recueilli sur les toits et le vent dans les éoliennes sont gratuits. L’Internet des objets permettra aux prosumers de surveiller leur consommation d’électricité dans leurs bâtiments, d’optimiser leur efficacité énergétique, et de partager de l’électricité en excédent avec d’autres sur l’Internet de l’énergie.
    Les produits 3D seront partagés sur des communautés collaboratives « Collaborative Commons », transportés dans des véhicules électriques, rechargeables gratuitement sur un internet gérant le transport. Ces économies collaboratives suppriment les échelons intermédiaires qui ont coûté si cher à la seconde révolution industrielle.
    Le passage à la troisième révolution, celle de l’IoT (internet of things, internet des objets, voir même internet de tout) va se réaliser en créant des bonds de productivité sans commune mesure avec ceux qu’on a connu pendant la seconde révolution industrielle au 20e siècle.
    Entre 1900 et 1980 aux Etats-Unis, l’efficacité énergétique  moyenne – pourcentage de l’ énergie totale entrée en input dans une machine qui résulte en un travail utile ( et non pas par exemple en dissipation de chaleur) – est passée de 2,48% à 12,3 % et se stabilise ensuite à environ 12%. La seconde révolution industrielle a donc gâché 88% de son énergie. Rifkin pense qu’avec l’internet des objets on pourrait faire repartir ce ratio et le faire monter à 40% sur les 40 prochaines années.
    Cisco prévoit qu’en 2022, l’IoT générera 14 400 milliards de dollars d’économies. Une étude GE publiée en novembre 2012 estime que les gains d’efficacité et de productivité apportés par un internet industriel intelligent pourront se produire dans tous les secteurs d’activité et affecteront directement d’ici 2025 la moitié de l’économie mondiale.
    Dans l’économie numérique idéale vue par Rifkin :
    – le capital social est aussi important que le capital financier;
    – l’accès l’emporte sur la propriété;
    – la durabilité devient prioritaire dans la consommation;
    – la coopération évince la concurrence;
    – la valeur d’échange de la place de marché capitalistique est remplacée par la valeur de partage de la communauté collaborative.
    Les prosumers (producteurs-consommateurs) produisent et partagent sur ces plateformes des objets 3D, de l’information, du divertissement, de l’énergie verte, des cours MOOC; ils échangent des places de théâtre, des voitures, des maisons, des vêtements via des réseaux sociaux et des sites de vacances, de clubs de redistribution, des coopératives; et le tout à un coût marginal proche de zéro.
    40% de la population américaine est déjà engagée activement dans l’économie de partage.
    Des millions d’américains utilisent des services de partage de voitures comme Uber, Lyft  et RelayRides. Une  voiture partagée remplace 15 voitures individuelles. Des millions de gens dans le monde entier partagent leur appartement et leurs maisons avec Airbnb et Couchsurfing (accueil gratuit sur un canapé). A New York, 416 000 clients Airbnb ont échangé des maisons et appartements entre 2012 et 2013 et ils ont fait perdre 1 million de nuitées à l’industrie hôtelière de la ville.
    L’économie de partage est verte puisqu’elle utilise moins de biens qui sont davantage partagés.
    Rifkin cite (sans la sourcer) une étude récente qui indiquerait que 62% des génération X et millénaire sont attirés par le partage de biens et services et l’expérimentation de communautés collaboratives. Quels avantages pratiques y voient-il ? Des économies d’argent, l’impact positif sur l’environnement, un mode de vie plus flexible, un accès plus facile aux biens et services. Quels avantages en émotions et sensations ? La générosité, le sentiment d’être un élément précieux d’une communauté, d’être intelligent, plus responsable et de faire partie d’un mouvement.
    En 2011 le magazine Time a déclaré la consommation collaborative comme l’une des 10 idées qui vont changer le monde : « Don’t Own. Share » (NDLR: voir cover mais j’ai triché, c’est celle de 2010, je ne’a pas retrouvé celle de 2011 et tout est payant dans leurs archives, c’est pénible)
    La neutralité du net
    C’est un terme qu’on entend souvent mais on ne sait pas très bien ce que ça veut dire.
    Pour Rifkin, la lutte pour capturer la plateforme qui gèrera l’IoT s’intensifie entre entreprises privées, Etats et champions du collaboratif qu’on va appeler les collaboratistes, histoire de faire des mots en sites. D’où le concept de neutralité du net. L’IoT est une infrastructure hybride avec 3 parties prenantes : les entreprises, les gouvernements, la société civile qui collaborent dans sa gouvernance. Le secteur privé à tendance à s’écarter de l’alliance car il cherche à maximiser ses profits alors que la neutralité du net est censée garantir un accès égal et non discriminatoire à des communautés technologiques ouvertes. Les utilisateurs paient pour l’accès à internet mais leurs paquets sont tous transmis de la même manière. Les fournisseurs télécom et réseaux sociaux aimeraient bien imposer un contrôle sécurisé des informations pour pouvoir les utiliser à des fins commerciales. Ce contrôle induirait des prix différents pour l’accès à certaines infos ou même des priorités de transmission pour certains paquets.
    Les partisans de la neutralité du net veulent un réseau « stupide » pour éviter le spectre du big brother et garder la protection des données personnelles.
    Pour Rifkin, il semblerait que la 3e révolution, celle de l’IoT, soit capable de créer des monopoles d’entreprises numériques aussi centralisés et puissant que les monopoles de la 2e révolution industrielle. 2013 : 6 milliards de recherches par jour sur Google, 95% des requêtes en France (67% aux Etats-Unis). Son CA dépasse 59 Md $ en 2013. Facebook en 2014 c’est plus de 1,3 milliards d’utilisateurs et Twitter 230 millions d’utilisateurs actifs (sur 600 M inscrits)
    Amazon aussi devient un monopole : selon une étude Forrester, un acheteur en ligne sur 3 commence par Amazon. eBay truste aussi un grand nombre d’achats en ligne.
    Aux Etats-Unis, des voix commencent à s’élever pour savoir s’il ne faudrait pas traiter ces monopoles du numérique comme on a traité AT&T avec des actions anti-trust.
    De même, aux Etats-Unis, les grands services d’électricité se battent aussi pour concevoir un internet de l’énergie qui soit centralisé et fermé tandis que les producteurs privés réclament plus de transparence.
    Pour Rifkin, néanmoins, la tendance est bien à ce que les entreprises mondiales qui tentent de gouverner l’IoT à leur profit finissent par être soumises à une forme de régulation.
    Cette bataille entre les capitalistes et les collaboratistes sur le contrôle d’internet va sans doute devenir la plus grande bataille économique du 21e siècle !
    L’Europe plus grand marché du monde
    500 millions de consommateurs en Europe plus 500 M dans les marchés associés. Mais les chantiers sont vastes avant d’en faire un vrai territoire numérique : l’Union Européenne Numérique ! Il faut du wifi gratuit et du haut débit partout, il faut passer aux énergies renouvelables, moderniser des millions de bâtiments, transformer le réseau électrique en énergie numérique internet, moderniser le transport et la route avec du guidage intelligent sans conducteur.

    Ce n’est pas de l’utopie. C’est déjà ce qui se passe en Chine depuis décembre 2013 où le premier ministre Li Kequiang a lancé un plan d’internet de l’énergie pour que des millions d’entreprises et de particuliers produisent et échangent leur énergie. Il a également lancé un plan IoT pan-asiatique pour 2,7 milliards de personnes – 40% des humains  ! – pour un partage de l’énergie, de l’information et de la logistique et du transport. La Chine numérique devrait être un partenaire de l’Europe numérique.

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  • Hugo (Victor) : La fin de tout

    Quelle est la fin de tout ? la vie, ou bien la tombe ?
    Est-ce l’onde où l’on flotte ? est-ce l’ombre où l’on tombe ?
    De tant de pas croisés quel est le but lointain ?
    Le berceau contient-il l’homme ou bien le destin ?
    Sommes-nous ici-bas, dans nos maux, dans nos joies,
    Des rois prédestinés ou de fatales proies ?
    Ô Seigneur, dites-nous, dites-nous, ô Dieu fort,
    Si vous n’avez créé l’homme que pour le sort ?
    Si déjà le calvaire est caché dans la crèche ?
    Et si les nids soyeux, dorés par l’aube fraîche,
    Où la plume naissante éclôt parmi des fleurs,
    Sont faits pour les oiseaux ou pour les oiseleurs ?
    Victor Hugo – Les voix intérieures- Via Laurent Sorbier

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  • Pape François : Les maladies de la curie romaine

    Je voudrais mentionner ici certaines des maladies de la curie romaine. 1) La maladie de celui qui se sent immortel, immunisé ou tout à fait indispensable. 2) Le marthalisme (qui vient de Marthe) ou l’activité excessive. 3) La maladie de la pétrification mentale et spirituelle. 4) La maladie de la planification excessive et du fonctionnarisme. 5) La maladie de la mauvaise coordination. 6) La maladie d’Alzheimer spirituelle. 7) La maladie de la rivalité et de la vanité. 8) La maladie de la schizophrénie existentielle. 9) La maladie de la rumeur, de la médisance, et du commérage. 10) La maladie qui consiste à diviniser les chefs. 11) La maladie de l’indifférence envers les autres. 12) La maladie du visage lugubre. 13) La maladie qui consiste à accumuler. 14) La maladie des cercles fermés. 15) La maladie du profit mondain, des exhibitionnistes.

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  • L’entreprise hyperscale : un business model à comprendre

    résumé et traduction libre commentée par moi d’un article McKinsey : Competition at the digital edge: ‘Hyperscale’ businesses.

    On a d’abord parlé d’informatique « hyperscale » pour qualifier l’architecture et les performances des data centers de Google, Facebook ou autres Amazon, capables de faire face à des montées en charge brutales sans perte de qualité du service en utilisant beaucoup de techniques de virtualisation. On parle maintenant d’entreprises et de business hyperscales et ce sont les mêmes (Amazon, Google, etc.) parce que ces entreprises manipulent des données, des clients, des devices ou des interactions qui se chiffrent en millions ou milliards d’unités : chaque jour Google gère 4 milliards de requêtes par jour, Twitter 500 millions de tweets, Alibaba 254 millions de commandes…. Les outils habituels de gestion sont dépassés par ces quantités !
    Beaucoup de business sont susceptibles d’être touchés par l’ambition de ces entreprises hyperscales qui lorgnent déjà du côté de la banque ou de la grande distribution par exemple, sans parler des télécoms ou des systèmes de paiements. L’internet des objets amplifie ce mouvement dans l’industrie. Par exemple les moteurs GE biréacteurs sur un Boeing 787 Dreamliner génèrent 1 téraoctet d’informations par jour !
    (NDLR: Selon Accenture, dans son analyse Harnessing Hyperscale, des entreprises de grande consommation comme Unilever, Pirelli et la National Basketball Association utilisent déjà le système de bases de données et de in-memory computing SAP HANA, déjà utilisé par Amazon Web Services. De même, dit cet article, en 2018, 10 millions de véhicules BMW seront connectés et généreront 1 téraoctet de données par jour, ce qui nécessitera problement une informatique hyperscale.) 
    Les dirigeants d’entreprises doivent se méfier : quelque part dans le monde il y a peut-être un prétendant hyperscale qui menace leur modèle numérique existant ou émergent. Et c’est la vitesse de réaction de ces prétendants qui peut surprendre les acteurs en place.
    Comment font ces entreprises hyperscales ? Elles investissent avant les autres dans les bonnes technologies et elles automatisent leurs process : il n’y a aucune intervention humaine dans les systèmes en ligne d’incitation à de nouveaux achats en fonction de votre parcours passé d’acheteur. Générant des croissances effrénées, ces entreprises obtiennent très vite une capitalisation boursière hors norme pour un nombre d’employés minimum.

    Chiffres cumulés des trois plus grosses entreprises: la capitalisation par employé
    est 243 fois plus importante en 2014 dans la Silicon Valley qu’en 1990 à Detroit

    En 1990 les trois grands constructeurs automobiles de Detroit totalisaient un CA de 250 milliards $, une capitalisation boursière de 36 milliards $ et employaient 1,2 million de salariés. En 2014 les 3 principales entreprises de la Silicon Valley totalisent un CA de 247 milliards $, une capitalisation de 1 000 milliards $ et emploient 137 000 personnes. La capitalisation par tête est passée de 30 000 $ en 1994 à 7,3 milllions de $ (mutipliée par 243, hors inflation)

    Ce modèle de business hyperscale (énormes quantités automatisées et surcapitalisation) est facilement extensible à d’autres activités à l’exemple d’Amazon parti du livre pour aller vers l’hypermarché et vers les services web et en fait un gros atout : tous les espaces adjacents de l’activité principale sont candidats à leur appétit !
    Les modèles d’affaires sont en réseau et flexibles, ils fonctionnent en écosystèmes au milieu de nappes d’utilisateurs et clients connectés et de machines qui à leur tour créent de nouvelles opportunités d’affaires. Et le marché est global : 97% des ventes d’eBay se font à l’export contre un e moyenne de 4% pour les business non connectés.
    Ces entreprises peuvent tout de suite expérimenter sur une échelle massive leurs plateformes numériques et tester des millions d’interdaction. Et leur business les fait constamment progresser : Google analyse en permanence ses requêtes pour rendre leur résultat plus pertinent ce qui incitera à davantage les utiliser.
    Enfin, chaque entreprise hyperscale est un business de big data. Les services en ligne analysent les parcours web de leurs internautes et prédisent leur future demande. Les opérateurs de télécom savent tout sur leus clients à travers leur géolocalisation. Les services de paiement en ligne utilisent les données de leurs clients pour générer de nouveaux revenus.
    Il est temps de commencer à comprendre comment fonctionne l’entreprise hyperscale, vous ne trouvez pas?

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  • Carte de la France des salaires

    Tirée du Rapport Lebreton (2013): Les territoires numériques de la France de demain
    On se demande comment le numérique ne va pas aggraver la fracture: il aime bien aller la ou il y a de l’argent. ..

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  • 58% de la consommation énergétique des immeubles vient de l'informatique et des réseaux

    Les techniques de réduction de la consommation d’énergie ont fait beaucoup de progrès ces dernières années dans tous les domaines majeurs de la construction d’immeubles. C’est ce qu’on appelle « l’énergie immobilière », liée au bâtiment lui-même. Le problème, c’est que les usagers du bâtiment, eux, ne sont pas soumis aux mêmes réglementations et c’est ainsi que les équipements informatiques et réseaux-télécoms des bureaux d’un immeuble comptent aujourd’hui en moyenne pour 58% de la consommation énergétique du bâtiment, selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), cité par la newsletter d’Ingetel-Bet. Alors, pourquoi ne pas inventer des formes de mutualisation informatique, réseaux télécom dans les immeubles où les équipements seraient placées dans des parties privées d’une salle commune qui elle serait conforme aux préconisations d’économie d’énergie? 
    Certains prestataires offrent des solutions qui permettent de réduire d’environ 25 kWh/m²/an la consommation dans les bâtiments tertiaires, uniquement en révisant les installations informatiques et réseaux. Dans les faits, cela se traduit par une économie de l’ordre de 15 000 euros/an pour un bâtiment de 10 000 m². Voila comment avancer vers la notion de bâtiment éco-responsable ! source photo

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  • L'acronyme du jour: le Petit Bang (Bits Atomes Neurones Gênes)

    C’est à ma connaissance le groupe ETC qui a inventé il y a quelques années cet acronyme BANG (Bits Atoms Neurons Genes) qui a le gros avantage de dire la même chose en anglais et en français. Et pour ne pas le confondre avec le Big Bang, il l’appelle le Petit Bang. Il désigne la convergence de technologies vers une sorte de plateforme commune qui  permettrait une  fusion de technologies  : nanotechnologie, biotechnologie, technologies de l’information et neuro-technologies convergent en une seule plate-forme techno-logique commune . Le Petit Bang manipule aussi facilement les bits d’information  que les atomes de la matière, les neurones du cerveau et les gènes qui codent pour la vie . Exemples de technologies « convergentes » : nanobiotechnologie , biologie synthétique , ADN informatique et neuro-ingénierie. Si on veut, on peut aussi dire NBIC= Nanotechnologie, Biotechnologie, Informatique et sciences Cognitives). Et hop ! source image

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  • Un registe public crypté en BlockChain: quelle bonne idée!

    C’est l’intarissable Jean-Michel Billault, un des plus gros chroniqueurs web de tous les temps, qui m’a mis la puce à l’oreille. Il parle d’un projet de registre public crypté: chacun y dépose ce qu’il veut comme document signé et horodaté et le réseau peer to peer en garantit l’accès et la confidentialité. Pas bête hein? La techno est celle du cryptage BlockChain utilisé par BitCoin, le fameux système de paiement sur internet inventé par Satoshi Nakamoto et mis en open source en 2009. L’idée signalée par Billault serait donc d’utiliser cette techno pour crypter un registre public. Il y a pas mal d’initiatives en ce sens et une startup, Ethereum qui travaille dessus. Moi je dis: bonne idée, je préfère le peer to peer et l’open source à n’importe quel soi-disant tiers de confiance. Comme ça, si on se plante, on ne sera pas seul.

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  • Très léger changement de contenu pour Infotekart et ça va vous plaire

    Maurice de Vlaminck. Le Bouquet. 1937
    Les finauds l’ont remarqué: le logo et sa baseline ont légèrement changés. J’ai enfin écrit le nom de mon blog selon la forme phonétique sous laquelle il est connu et qui correspond à l’orthographe de son URL, donc avec un K comme technologies. J’en avais marre d’entendre les gens dire Info-Te-Chart
    Et en même temps, avec l’âge et la sérénité, la fin des préjugés concomitante à celle de la naïveté, j’ai décidé d’étendre un peu mes analyses sur les trois composantes de ma vie de journaliste contenues dans ce logo :
    – l’information
    – les technologies
    – l’art.
    Pourquoi? Parce que le monde change, devient complexe et incertain…. Mais non je ne vais pas vous raconter ces conneries ! Parce que j’en ai envie et que j’ai envie de vous faire partager ma passion et mon expérience dans ces trois domaines. Les deux premiers ne vous étonneront pas puisqu’ils font partie intégrante de ma vie professionnelle. Le troisième, l’art, parce qu’il a toujours été important pour moi et je vais donc en parler un peu plus: littérature, poésie, peinture, musique essentiellement. Il y aurait bien un quatrième domaine, le yachting, mais il est devenu tellement spécialisé qu’il faudrait en faire un blog à part.
    Il n’y a part d’art sans information. Il y a beaucoup de technologies et d’innovation dans l’art. Je sors de la magnifique expo Vlaminck à L’Atelier Grognard (Rueil Malmaison, dans l’ouest parisien) et le peintre-cycliste-violoniste-boxeur adorait innover: un jour il a pris un tube de peinture et il a commencé à peindre directement avec ce qui en sortait, sans faire de palette et on a appelé cela le fauvisme. On ne peut pas vivre une vie pleine sans une sensibilité à l’art qui vous nettoie l’âme.
    Voici donc des raisons suffisantes pour inclure ce sujet dans ma trilogie préférée, sachant que les relations entre les trois seront totalement multilatérales: je vous parlerai aussi bien de l’art de l’information sur les technologies, que de l’information sur les technologies de l’art ou, etc. Vous m’avez compris. Et comme dirait le grand gourou du marketing que je suis: qui m’aime me suive !… source photo

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  • La startup du jour: Slack, valorisée 1 milliard de dollars un an après sa création

    Slack, fondé par Steward Butterfied, 42 ans,  il y a un an,
    vaut 1 milliard de dollars aujourd’hui: ah la Silicon Valley !…
    Ils sont énervants ces Américains: ils n’ont pas des idées plus géniales que nous mais ils trouvent plus vite le pognon et le marché. Résultat, ça fuse chez eux tandis que ça stagne chez nous. 
    J’ai un bon copain qui a un super site vraiment innovant, sympa, utile, loisir et tout et tout; il lui manque 500 000 euros pour passer une étape et il ne les trouve pas.
    Tandis que Slack, lui, a lancé un outil de communication d’entreprise il y a un an, rien de génial, simplement bien adapté, remplaçant grosso modo l’email par le chat et plein d’autres petites astuces. Et le gars, un an après, sa boîte est valorisée 1 milliard de dollars. Je rêve ! 
    Bon d’accord le type n’est pas un inconnu: Steward Butterfield, 42 ans est un serial startuper typique de la Silicon Valley (bon d’accord il est canadien je sais). C’est à dire qu’il s’est planté un bon nombre de fois et qu’il a bien rebondi à chaque fois. C’est pas le mec à avoir des états d’âme. Un succès quand même dans la liste: FlickR. Ce qui a suffi a attiré l’attention sur lui. Même le Figaro qui a en général six mois de retard sur la high tech a réussi l’exploit de faire un article sur lui à peu près dans les temps (ce coup-là, en fait, c’est moi qui suis en retard, mais chut, ne le dites pas!…)
    L’autre astuce qui a attiré l’attention sur Slack, c’est qu’il n’a pas vendu son produit moyennement génial à n’importe qui: selon le Figaro, ses premiers client s’appellent Airbnb, Foursquare, Tumblr mais aussi Dell, Sony,  Wall Street Journal, HBO, Dow Jones. Quand une boite vend à de tels clients, on se dit qu’il ne doit pas être trop mauvais son produit ! Tandis qu’un petit Français qui vendrait à la ville de Dunkerque  ou au ministère de L’Education nationale, ça ferait moins hype, c’est sûr. Et il n’arriverait peut-être même pas à se faire rembourser ses notes de frais de train et de nuitée triste et seule à  l’Hôtel des Voyageurs, sur la Place de la Gare à Dunkerque, où il fait statistiquement moins beau qu’à Palo Alto… source photo

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