Émile Nelligan : Le Vaisseau d’Or (1903)

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l’or massif :
Ses mâts touchaient l’azur, sur des mers inconnues ;
La Cyprine d’amour, cheveux épars, chairs nues,
S’étalait à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l’Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d’or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputé.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu’est devenu mon cœur, navire déserté ?
Hélas ! Il a sombré dans l’abîme du Rêve !…

Émile Nelligan et son œuvre, 1903
source du texte : Wikisource

Une œuvre en résonance


Lix - "Qui peut savoir , dit le mendiant, jusqu'où montera l'Océan par un temps pareil?" - illustration de L'Antiquaire, de Walter Scott (1888) - gravure sur bois

Lix – "Qui peut savoir , dit le mendiant, jusqu'où montera l'Océan par un temps pareil?" – illustration de L'Antiquaire, de Walter Scott (1888) – gravure sur bois

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *