Un calme assis s’est collé au mur de la chambre pleine de brume
Je l'entends, il me surveille tel un gardien de musée
Ici, je te vénèrerai dans le silence blanc
Et la solitude grise derrière de lourds rideaux
Devant moi, l'horizon que je brusque
Je fouille dans ta silhouette flottante
La brise et mes soupirs soulèvent ton manteau blanc
Ton cœur je l'ai fermé
Et tes yeux je les ai arrêtés
Ton odeur je l'ai avalée
Et ton âme je l'ai pénétrée pour m'aimer
Et nulle part ailleurs je n'irai
Je marcherai sur tes pas et derrière ta mémoire
Aucune nostalgie face à la rose fraîche ou fanée
Peut-être une larme que je ne peux retenir
Déposée au sol avec mes doigts agiles
Je porterai du noir comme la vieille crétoise devant sa maison
L'hiver, je vivrai nue pour prendre froid dès l'aube
Aucun cierge, aucune bougie, aucune étincelle
Car le feu symbole de l'amour me glace
Je pincerai mon visage inconnu face au miroir que je fissure
Où les mouches laisseront leurs traces
Aucune mouche ne sera chassée l'été
Elles seules me visiteront
Je n'attends personne et personne ne m'attend
Je continuerai à te servir le thé au jasmin dans la tasse tremblante
Et à prononcer ton nom jusqu'au fond du couloir
Long tunnel que tu as traversé
Enveloppé dans la lumière intense de ton manteau blanc
Je n'attends personne et personne ne m'attend